• Robert Badinter à la Santé ; Charles de Gaulle annonce l’épreuve ; les espoirs morts d’Yitzhak Rabin ; la liberté d’entreprise dans la Constitution pour Jean Peyrelevade ; Elvis, Sinatra et les Beatles par Jagger.

    Mick Jagger   Robert Badinter à la Santé ; Charles de Gaulle annonce l’épreuve ; les espoirs morts d’Yitzhak Rabin ; la liberté d’entreprise dans la Constitution pour Jean Peyrelevade ; Elvis, Sinatra et les Beatles par Jagger.   sunday press    Daniel Chaize
    « Quant aux Beatles, ils restent totalement à part. Personne ne peut réaliser aujourd’hui l’ampleur du phénomène. Malgré ce que l’on peut dire, on n’a jamais connu ça depuis. Une telle révolution des mœurs, esthétique et sociologique, il ne peut y en avoir deux. » Mick Jagger.

    Sunday Press / 23

    (…) L’avocat est entré pour la première fois à la Santé en 1951. « Il y a des éléphants dans ma famille politique, sourit l’ancien sénateur, moi, je suis un mammouth. » Il a découvert pendant cette visite mille choses qu’il ne soupçonnait pas. « Un avocat ne connaît pas plus les prisons que le spectateur les théâtres. Il n’en voit que ce qu’on lui offre, le devant de la scène, l’entrée, le greffe, les parloirs. L’essentiel, les cellules, les ateliers, les réfectoires, l’avocat les ignore. » Notamment les cours de promenades, découpées en camembert : un surveillant, depuis le centre, pouvait surveiller plusieurs détenus qui arpentaient chacun leur tranche d’un mètre à une extrémité, de dix à l’autre, sous un plafond bas et cimenté. « On découpe la vie en prison, analyse sentencieusement Robert Badinter, en tranche horaire, en tranche d’espace. »

    Franck Johannès, M le magazine du Monde, 20 septembre 2014, N° 157

    (…) « Quand on mesure les espoirs que nous apportent la nombreuse jeunesse venue au monde depuis la guerre, le pétrole, le gaz et l’uranium découverts, notre outillage en progrès, nos élites nouvelles surgissant du fond du peuple, notre association avec la Communauté, l’élargissement imminent du marché européen, on est saisi à la fois par l’impatience et la résolution. Avec mon gouvernement, j’ai donc pris la décision de mettre nos affaires en ordre réellement et profondément. Le budget en est l’occasion, peut-être ultime, très bonne en tout cas. Nous avons adopté et, demain, nous appliquerons tout un ensemble de mesures financières, économiques, sociales, qui établit la nation sur une base de vérité et de sévérité, la seule qui puisse lui permettre de bâtir sa prospérité. Je ne cache pas que notre pays va se trouver quelques temps à l’épreuve. »

    Charles de Gaulle, discours du 28 décembre 1958, le un, 17 septembre 2014, N° 24

    (…) Depuis le début, il ne s’agit que de cela. Tous les diplomates étrangers, et surtout tous les ministres américains qui ont une mission en Israël, le savent : on a beau multiplier les conférences les plus astucieuses et même les plus sécuritaires, les Israéliens ne veulent pas quitter ces territoires. Chaque fois qu’une conférence de paix ou même un simple cessez-le-feu commence, les Israéliens s’empressent de multiplier les constructions dans la portion de territoire que l’on croyait sur le point d’être cédée. On peut prendre tous les épisodes de cette  longue histoire, seule la question des territoires annexés est un véritable obstacle à la paix. Parce que pour certains, la raison d’être d’Israël n’appartient pas aux hommes, mais à Dieu. Certains milieux de la droite radicale vont jusqu’à célébrer la gloire de l’assassin qui a tué Yitzhak Rabin, le pacificateur d’Oslo, l’un des plus grands hommes politiques de tous les temps.

    Jean Daniel, Le Nouvel Observateur, 18 au 24 septembre 2014, N° 2602

    (…) La politique l’emporte, doit l’emporter, sur l’économique et l’État sur toute composante de la société civile. La souveraineté du peuple s’exprime sous la forme d’une volonté générale dominante et non pas, à la différence de la tradition anglo-saxonne, sous celle d’une recherche de l’intérêt général comme conciliation des intérêts particuliers. Le diagnostic ainsi posé, la gravité du mal conduit à proposer une thérapeutique radicale. L’économie étant niée, il faut demander qu’elle soit reconnue, dans ses finalités (le mieux-être de la collectivité) comme dans son mode d’organisation (l’économie de marché). Et modifier en ce sens le texte constitutionnel. Les sociaux-démocrates et les libéraux d’aujourd’hui auraient un intérêt commun à voir inscrites dans la Constitution l’économie de marché, la liberté d’entreprise et la liberté contractuelle. « Égalité » est un joli mot. Mais « Liberté » ne l’est pas moins, surtout si l’on se soucie de prospérité. Seul un débat de fond permettrait de préciser, mieux qu’aujourd’hui, la nature des contre-pouvoirs auxquels ils seraient soumis et les procédures d’articulation, y compris constitutionnelles, entre intérêts particuliers et intérêt général, entre la loi et les contrats.

    Jean Peyrelevade, Challenges, 18 au 24 septembre 2014, N° 401

    (…) « Sûr ! Elvis était la première idole, la première star qui a vraiment ouvert la voie à des types comme moi. Certains spécialistes de la musique populaire diront que Sinatra le précédait. C’est vrai, dès les années 1940, c’était de la folie. Ses admiratrices, les bobby-soxers, pleuraient à chaudes larmes, hurlaient, s’évanouissaient à ses concerts. Mais Presley, c’était encore autre chose : une voix, des mouvements, une façon si personnelle de se réapproprier la musique noire. Avec les Stones, au début, on cherchait juste à imiter maladroitement les bluesmen ou les rockers comme Chuck Berry. Mais Elvis, lui, les réinventait. Et sa manière de bouger ! Comme il a dû travailler, du moins, je l’imagine. Peut-être cela lui venait-il spontanément, mais j’en doute. Quant aux Beatles, ils restent totalement à part. Personne ne peut réaliser aujourd’hui l’ampleur du phénomène. Malgré ce que l’on peut dire, on n’a jamais connu ça depuis. Une telle révolution des mœurs, esthétique et sociologique, il ne peut y en avoir deux. »

    Mick Jagger, Télérama, 20 au 26 septembre 2014, N° 3375



  • Nouvelle lecture aux USA; Gattaz le provocateur; Papy Flosse, flop et retour; l’aide à la presse, ça presse; les autoroutes se gavent.

    péages autoroute1   Nouvelle lecture aux USA; Gattaz le provocateur; Papy Flosse, flop et retour; laide à la presse, ça presse; les autoroutes se gavent.   calepin hebdo    Daniel Chaize
    L’Autorité de la concurrence : « La rentabilité exceptionnelle des sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) – Vinci (ASF, Escota, Cofiroute, Arcour), Eiffage (APPR, Area), Abertis (Sanef, SAPN) – est assimilable à une rente« . Quelle surprise, c’est surprenant, non ?

    Lundi 15 septembre – Les jeunes Américains (moins de 30 ans) lisent davantage que leurs aînés (plus de 30 ans) : 88 % contre 79 %. Certes, il s’agit de lire UN livre dans l’année, ce qui est peu. Mais, à l’heure des tablettes, smartphones et autres invasions de l’électronique, le résultat fait plaisir. D’autant que 62 % des jeunes estiment que beaucoup d’informations importantes ne sont pas disponibles sur le Web, contre 53 % de leurs aînés…

    Mardi 16 septembre – Sacré Medef ! Toujours bien ancrer dans la lutte des classes et prompt à donner un coup de boule au lieu de la poignée de main. Pierre Gattaz vit le partenariat à l’ancienne : tout pour moi. En proposant, le jour du discours de confiance du premier ministre à l’Assemblée nationale, ni plus ni moins, d’enterrer les 35 heures, de supprimer des jours fériés, et de déroger au Smic…, il piétine la responsabilité dont tous les acteurs politiques et économiques devraient faire preuve. Il ne faudrait pas que le Medef oublie que les 50 milliards donnés aux entreprises, le sont au but d’améliorer leur compétitivité. Il ne s’agit même pas, comme on l’entend parfois, d’attendre immédiatement un million d’emplois comme le proclame le badge réducteur, et quelque peu provocateur, accroché au revers de la veste du patron du Medef. Il s’agit d’aider à l’investissement (humain, machines, recherche & développement)… afin de mieux répondre aux attentes des consommateurs (qualité et prix), vendre davantage à terme avec des marges suffisantes et au final de développer une croissance interne, donc des emplois. Un long processus qui doit s’appuyer sur la confiance. D’ailleurs, il faudra bien qu’un suivi soit réalisé afin de mesurer qui fait quoi, comment, tirer enseignement de ce qui marche et de ce qui échoue. Ce suivi, qui n’est pas une contrainte « policière » d’une idéologie de l’économie planifiée ou encadrée, le Medef doit arrêter de le refuser et le gouvernement ne doit pas céder à l’exercer. Sinon les Français, majoritairement – et de loin – en accord avec la relance de l’économie pourraient se sentir bernés. Il ne s’agit pas que les « armes » de compétitivité que leurs impôts fournissent… se retournent contre eux. La transparence des actions, par des points d’étapes qui ne cèdent pas à la seule logique de la communication d’annonce, est nécessaire. Elle ne pourra pas s’exercer avec des sorties provocatrices d’où qu’elles viennent.

    Mercredi 17 septembre – «Papa» Flosse », 83 ans, l’homme politique le plus poursuivi par la Justice française – trente ans de domination sur « son » archipel, vient de tomber. Il doit quitter son dernier mandat, sénateur de Polynésie, après la décision du Conseil constitutionnel le condamnant et lui infligeant une peine d’inéligibilité de trois ans. Affaire d’emplois fictifs… Fin de parcours ? Pas sûr car Gaston Flosse va être embauché comme collaborateur… par son groupe politique à l’Assemblée polynésienne (parti autonomiste affilié à l’UMP) et il n’exclut pas, il aura alors 86 ans et sa peine d’inéligibilité sera close, de se présenter aux élections territoriales de 2018. Dans les archipels politiques, il y a toujours des requins insubmersibles.

    Jeudi 18 septembre À Libération, ce sera 93 journalistes en moins. Au Monde, ce sera 35 au lieu des 57 prévus. Pour Elle, c’est la rédactrice en chef, soutenu par toute sa rédaction, qui est remercié. TF1 joue au poker menteur avec LCI, vendra, vendra pas… Sous sa forme actuelle, la chaîne disparaîtra en janvier 2015. Le trio BNP, Bergé-Niel-Pigasse a fait une offre et est prêt à perdre le nom pour nommer la nouvelle chaîne sous la marque Le Monde… mais Le Figaro « étudie sérieusement et discrètement le dossier ». Nice-Matin ne croit plus en Bernard Tapie comme repreneur miracle. Enfin, l’hebdomadaire Marianne n’est pas au mieux et même Le Canard Enchaîné – qui reste largement bénéficiaire et est assis sur des réserves d’or précautionneusement préservées – a vu ses ventes en baisse. Bref, la presse va mal. Toutefois, lors du dîner annuel du quotidien L’Humanité, La ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin a annoncé jeudi qu’elle souhaitait « légiférer à brève échéance » pour permettre aux journaux de renforcer leurs fonds propres et pour réformer le statut de l’AFP. Elle a expliqué vouloir « apporter les retouches nécessaires à la loi Bichet » (sur la distribution des journaux) et se pencher sur « le sujet important du renforcement des fonds propres des titres ». À suivre… D’ici là, n’oubliez pas d’acheter votre journal préféré. Il en a besoin.

    Vendredi 19 septembre – « La rentabilité exceptionnelle des sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) – Vinci (ASF, Escota, Cofiroute, Arcour), Eiffage (APPR, Area), Abertis (Sanef, SAPN) – est assimilable à une rente » note l’Autorité de la concurrence, sept ans après les privatisations engagées par Dominique de Villepin. En effet « sur 100 euros de péage, 20 à 24 euros sont du bénéfice net pour les concessionnaires ». Résultat : 14,9 milliards d’euros de dividendes ont été versés entre 2006 et 2013… soit quasiment tout le profit et même davantage certaines années ! Ajoutons que la dette elle-même (23,8 milliards d’euros) a rapporté 3,4 milliards d’euros sous forme d’avantage fiscal grâce aux intérêts d’emprunts déductibles et que le marché des travaux, dont il n’échappe à personne qu’il échoit à des entreprises liées aux sociétés d’autoroutes, s’est monté à 4,5 milliards d’euros. Ces juteuses concessions durent jusqu’en 2027 et 2033… sauf si il y a renationalisation comme le demandent des élus de plus en plus nombreux et présents sur tout l’échiquier politique. Cher, très cher… mais la manne reviendrait alors à l’État.



  • Kerviel, premier citoyen d’honneur de la VIème République de Mélenchon !

    Kenro Tribouillard AFP   Kerviel, premier citoyen d’honneur de la VIème République de Mélenchon !   sortie de route    Daniel Chaize
    Fête de l’Humanité 2014. © Photo : Kenro Tribouillard / AFP

    Les insignes historiques du communisme, le marteau et la faucille, symbole des nécessaires et honnêtes métiers d’ouvrier et de paysan, ont pris un sacré coup de vieux révolutionnaire à la fête de l’Humanité. La nouvelle image du bolchevik est désormais incarnée par celle du trader dont l’ordinateur chauffé à blanc serait l’arme de destruction du système capitaliste financier. En effet, probablement tout fier d’une de ses premières trouvailles en tant que chercheur auto-proclamé et intellectuel auto-désigné sur l’histoire à venir des nouveaux moyens de la libération prolétarienne, Jean-Luc Mélenchon a invité Jérôme Kerviel à faire valoir ses talents de Robin des bois pour obtenir les applaudissements dus à son habilité et son efficacité révolutionnaires. Quel triste spectacle ! Que l’ancien trader de la Société générale bénéficie d’un régime de semi-liberté, c’est très bien. Il y a tant d’autres détenus qui devraient probablement y avoir droit, la prison n’étant, dans bien des cas, que le lieu idéal de la formation à la récidive. Mais à quel moment, ne fût-ce qu’un instant, ce jeune homme a-t-il fait preuve d’un quelconque sens d’humanité. La seule fête à laquelle il rêvait, c’était la sienne et non celle des Français. On ne demande plus, depuis longtemps, à Jean-Luc Mélenchon de faire preuve de lucidité et de retenue, mais on peut s’interroger sur le lieu où va l’emmener son errance… Ainsi la responsabilité personnelle ne serait plus un critère de droiture de cet homme idéal que l’ancien dirigeant du parti de gauche veut pourtant modeler dans les livres, son homme nouveau ! Car qui peut croire que Jérôme Kerviel n’était que l’innocent et inconscient pion inerte et manipulé à l’insu de son plein gré par un système bancaire et financier dont il était un employé à la permission de jouer avec des centaines de millions ? Il a bel et bien triché et joué avec des milliards d’euros et après des jeux successifs de gains et de pertes, il est tombé. Pas comme Gavroche qui tentait, lors de l’insurrection républicaine de 1832, de récupérer des cartouches non brûlées pour ses camarades insurgés, mais comme un petit escroc aux grands moyens qui lui ont échappé alors que ses espoirs de « victoire » filaient avec le flot de billets perdus à jamais dans cet égout de la finance employé à ne faire que de l’argent avec de l’argent. Certes, il n’est ni l’inventeur ni le patron de ce Casino mondial où notre époque se brûle, mais il n’empêche que d’idéaliser un triste sire qui pensait faire sa fortune personnelle par ses jeux électroniques, est un peu fort. Que « l’intellectuel » Jean-Luc Mélenchon en vienne à dessiner un héros de sa nouvelle chanson de geste(s) en le proclamant de fait premier citoyen d’honneur de sa chimérique VIème république dont il se voudrait le fondateur en dit long sur son état pitoyable de réflexion. Piteuse et régressive fin de destinée politique.



  • Michel Serres prof du néolithique ; Nicolas Sarkozy met la politique au tribunal ; les Français favorables aux réformes du gouvernement ; Xavier Dolan balance ses horreurs aux cons ; le goût, une sacrée habitude pour Marcel Duchamp.

    Nu descendant lescalier 2 Marcel Duchamp 1912   Michel Serres prof du néolithique ; Nicolas Sarkozy met la politique au tribunal ;  les Français favorables aux réformes du gouvernement ; Xavier Dolan balance ses horreurs aux cons ; le goût, une sacrée  habitude pour Marcel Duchamp.   sunday press    Daniel Chaize
    Nu descendant l’escalier 2 – Marcel Duchamp, 1912. Descendu par les « élites » françaises, reconnu en Amérique… et, avec ce label, adulé par les moutons à Paris !

    Sunday Press / 22

    (…) Quand je rentrais dans mon amphi au néolithique tardif qui a été le mien il y a vingt ans, j’étais absolument certain que les étudiants devant moi ne savaient pas ce que j’allais dire. Aujourd’hui, j’ai la certitude que Petite Poucette a tapé le sujet de mon cours sur son ordinateur. Le métier a réellement changé. Comment transmettre le contenu du savoir ? C’est fait, c’est déjà transmis. L’information, pas la connaissance. Le travail du professeur sera de transformer l’information en connaissance. Nous ne savons pas exactement quel sera l’impact des nouvelles technologies sur cette transmission. J’ignore si les cours en ligne réussiront. J’observe que mes étudiants américains les plus intelligents disent : c’est scandaleux de payer si cher pour apprendre des choses qu’on a déjà chez soi.

    Michel Serres, le un, 10 septembre, N° 23

    (…) On le sait, Nicolas Sarkozy n’a pas choisi son moment. Son calendrier à lui, c’était plutôt 2015. Il se voyait en sauveur, en homme providentiel répondant aux appels vibrants d’un peuple désespéré. Il voulait un retour par le haut. À la de Gaulle. Tant pis ! Depuis l’affaire Bygmalion et la démission de Jean-François Copé, il n’a pas le choix. Tant qu’à avoir les juges dans les pattes, autant les avoir rue de Vaugirard que rue de Miromesnil. « Son retour en politique est l’un des éléments de sa stratégie judiciaire », rappelle un ancien ministre.

    Carole Barjon, Le Nouvel Observateur, du 11 au 17 septembre, N° 2601

    (…) Des réformes, le nouveau gouvernement de Manuel Valls en lance cinq cet automne : pacte de responsabilité, marché du travail, professions protégées, politique du logement, réforme territoriale. Toutes sont risquées. Toutes sont censées stimuler la croissance. Toutes se heurtent à des verrous. Mais cette fois, le gouvernement peut compter sur une alliée : l’opinion. Car, selon notre sondage Odoxa-BFM-Challenges, ces réformes recueillent entre 56 et 71 % d’approbation ! Mieux encore, la politique probusines de gouvernement est plébiscitée : 68 % des Français estiment que « l’État doit faire confiance aux entreprises », un retournement total par rapport à la période Sarkozy. « Pour la première fois depuis vingt ans, on atteint le chiffre de deux Français sur trois, mis en avant par Giscard dans son livre Deux Français sur trois de 1992, qui seraient favorables à de grandes réformes structurelles d’inspiration libérale ».

    Vincent Beaufils, Challenges, 11 septembre, N° 400

    (…) La façon dont Dolan (Xavier, le metteur en scène) fait systématiquement empathie avec ses personnages peut frôler le ridicule, mais force est de constater qu’il n’y a pas grand-monde dans le cinéma actuel qui puisse rivaliser en énergie avec lui. Et cette énergie est tout sauf vaine : elle délivre de la puissance, tisse de la familiarité (tout est tourné dans le quartier d’enfance de Dolan), ouvre des fenêtres. Certains se demandent si ce cinéma ne risque pas de mal vieillir une fois la tornade passée, mais c’est accessoire. Là où tant de jeunes cinéastes s’autocensurent par volonté de faire le film le plus parfait qui soit, Dolan prêche l’imperfection. Il fait confiance aux courants de son désir. Sa folie de jeune metteur en scène n’est pas loin de ressembler à celle de son personnage : passer en force, tout le temps, taper sur les murs, rugir, balancer des horreurs aux cons, et ne surtout pas se cacher quand il est ému.

    Philippe Azoury à propos du film Mommy, Obession, septembre 2014, N° 20

    (…) On a beaucoup glosé  sur ce Nu descendant l’escalier, refusé par les peintres à Paris et reconnu par une certaine bourgeoisie à New York. Qui croire ? La présentation d’un urinoir (Foutain) quatre ans plus tard au Salon des indépendants de New York agira comme une preuve par l’absurde de l’inconsistance du goût, que Marcel Duchamp définit comme « une habitude ». Aucun visiteur ne verra cet objet choquant, signé d’un pseudonyme (R. Mutt), caché derrière une cloison par les organisateurs outrés. Mais son triomphe futur, une fois connu le véritable nom de son auteur, donnera raison à Duchamp : le goût est suspect.

    Olivier Cena à propos de l’exposition Marcel Duchamp. La peinture, même (Centre Pompidou, du 24 septembre au 5 janvier), Télérama, du 13 au 19 septembre, N° 3374