Éclat de verre dans le bois de Boulogne ; le plus rapide des lents ferme l’œil ; la fine lame de Laguiole ; L’OBS s’arme pour de nouveaux combats à gauche ; une histoire belge pas très culturelle.

L’OBS fait sa révolution au moment où le PS engage la sienne.
L’OBS fait sa révolution au moment où le PS engage la sienne.

 

Lundi 20 octobre 2014 – C’est le jour où brille officiellement et en grandes pompes le bijou de Bernard Arnault à l’orée du bois de Boulogne. Le diamant est évalué à environ 100 millions d’euros car, avec son musée, le patron de Louis Vuitton a réalisé son rêve… et les rêves, à la différence des robes et valises de la marque, n’ont pas de prix, donc la décence de l’élégance invite à ne pas l’afficher. Pour l’instant, les collections d’art sont peu significatives de l’ambition. En revanche le vaisseau de verre réalisé par l’architecte Frank Gehry est en soit une œuvre artistique. Davantage pensé que le musée de Bilbao pour l’accueil d’œuvres mais aussi de concerts. La Fondation Louis Vuitton reviendra à la ville de Paris dans cinquante ans.

Mardi 21 octobre 2014 – René Burri aimait les architectes et leurs rêves solides… mais il ne verra pas le musée de Boulogne car son œil de photographe s’est fermé pour toujours. À 81 ans, le membre de l’agence Magnum nous laisse un noir et blanc iconique avec la photo du « Che » fumant son cigare. L’homme de la photographie « graphique », ce suisse aimait dire « Je suis le plus rapide des lents » ajoutant « Les images sont comme des taxis aux heures de pointe : si l’on n’est pas assez rapide, c’est un autre qui les prend. »

Mercredi 22 octobre 2014 – Laguiole retrouve sa fine lame. Le village au Cantal de renom et aux vaches à la viande gustative retrouve « sa » marque pour le fleuron de ses produits : le couteau à l’abeille. Depuis 2005, celui qu’on nommait en Aveyron « le vampire de Laguiole » avait obtenu l’enregistrement de la marque au niveau européen. C’est le jackpot des licences à tout va : couteaux, produit en Chine ou au Pakistan, mais aussi cuillers, fourchettes, scies, limes, pinces à ongle, meubles, vins, lunettes, etc. inondent le monde. Jusqu’au cœur du village de l’Aubrac et même les stands « locaux » du Salon de l’agriculture ! C’est terminé après un combat judiciaire de six ans. L’abeille va de nouveau produire son miel pour la région.

Jeudi 23 octobre 2014 – Pour ses cinquante ans le Nouvel Observateur prend le nom que tous ses lecteurs et bien au-delà lui avaient donné : l’OBS. Fondé par Jean Daniel et Claude Perdriel il veut continuer sur ses principes : « hebdo de gauche, citoyen, réformiste, progressiste, engagé sur des combats mais ouvert sur le plan des idées et tolérant sur les questions de société » écrit Matthieu Croissandeau, directeur de la rédaction, dans sa lettre de présentation aux abonnés. Cet OBS réinventé se présente avec en Une un portrait de Manuel Valls qui annonce « Il faut en finir avec la gauche passéiste ». Nul doute que semaine après semaine l’OBS qui veut nous faire découvrir « le monde tel qu’il est » pourra creuser cette ligne qui n’est ni plus ni moins que la fin du Parti socialiste tel qu’il est aujourd’hui. Une destruction obligatoire, car qui imagine réconciliable ce qui ne l’est plus déjà depuis des années. Certes il y a eu cette maestria d’alliances de courants opposés qui a permis des victoires électorales… Mais elle était destructrice par nature car ses équilibres douteux et les combats, pas seulement de personnes même s’il ne manquent pas, ont fait fuir les électeurs. L’heure de vérité du pouvoir, gagné dans cette construction aux vents contraires, est sans pitié. Cette gauche, car le meccano ne comprenait pas que le PS et ne tenait que par le soutien de pièces vacillantes et aux attaches particulièrement faibles avec des communistes et un front de gauche lui-même divisé et des écologistes dont le ciment fondateur n’a jamais pris, est irrémédiablement obsolète. L’OBS fait donc sa révolution au moment même où la gauche, et particulièrement le PS, s’engage sur la sienne.

Vendredi 24 octobre 2014 – C’est une triste histoire belge. Moins de deux semaines après son entrée en fonction, le gouvernement du très libéral Charles Michel s’est piqué de culture. À sa manière, c’est-à-dire de trancher dans les budgets. Les institutions culturelles devront couper 4 % de leurs dépenses en personnel et 20 % sur les frais de fonctionnement d’ici au 1er janvier 2015. C’est-à-dire demain. Et pour garder les bonnes habitudes, une réduction supplémentaire de 2 % chaque année est demandée jusqu’à la fin de la législature en 2019. Pour donner un exemple, le Théâtre royal de la Monnaie il s’agit d’économiser 3 millions d’euros dans les trois mois et 6,5 d’ici à 2019. Son directeur, Peter de Caluwe, craint ni plus ni moins qu’un « black-out ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *