L’Allemagne bio, la circonvolution Chavez, Avignon pas vraiment In, Autocritique chinoise à la télé, les odieuses exécutions américaines

Révolution non télévisée

Lundi 14 juillet – L’agriculture Bio allemande manque de carburant pour en produire trop. La transition énergétique décidée par Mme Merkel dévore littéralement les champs de l’agriculture nationale. Le maïs « deutsche Qualität » alimente environ 8.000 usines de production de biogaz… et non le bétail ou les salades d’été qui accompagnent les barbecues. L’agriculteur n’hésite pas : la loi sur les énergies renouvelables lui garantit des prix élevés sur une durée de vingt ans lorsque la production est destinée à l’approvisionnement énergétique. Du coup 45 % de hausse du prix de la terre arable depuis 2003 et en conséquence première les fermiers biologiques qui louaient entre 300 et 500 euros l’hectare ne peuvent plus suivre des prix montés à 1.000 euros.

Mardi 15 juillet – La révolution dans la révolution Chavez. Au Venezuela crise économique (terrible : l’approvisionnement dans tous les domaines, médicaments, pièces de rechange, huile ou papier toilette est étranglé et s’y ajoute une hausse des prix de 60 %) et crise politique (répression contre les oppositions, crise de gouvernance avec une paralysie du pouvoir tétanisé, batailles entre les différents courants chavistes où la garde rapprochée de leur dieu Hugo se considérant comme les seuls tenants de la révolution. C’est pourtant un cubain, Orlando Berrego, qui vient d’être choisi par le chef de l’État Nicolas Maduro, pour ouvrir une nouvelle voie triomphante pour le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV). Avec une déclaration qui doit déboussoler nombre de ses soutiens : « Nous voulons faire une révolution totale et profonde dans l’administration publique, une révolution dans la révolution. » Notamment la centaine de ministres et vice-ministres dont les sièges risquent de tourner. Comme disait Pierre Dac « Quand on l’avenir devant soi, il ne faut pas se retourner, sinon on l’a dans le dos »

Mercredi 16 juillet – Mauvais spectacle et chantage douteux à Avignon. Ce jour là  la ministre de la culture Aurélie Filipetti n’est pas sur le pont, ni face aux plateaux des spectacles. Elle n’en verra aucun durant sa visite. Les (ne serait-ce plutôt pas « des » ?) intermittents ont déclaré qu’il « n’est pas question qu’elle assiste à un spectacle du festival « In »… car « ils en feraient un casus belli ». On croit rêver ! Avatar pitoyable et geste infantile par un groupe, qui sur de nombreuses manifestations censées défendre la juste lutte en soutien aux droits des intermittents pour un régime particulier reconnaissant leur spécificité, en sont venus à le dénaturer. Un manque de perspicacité de mots d’ordre pâles reflets d’une analyse pour le moins faible qui s’est d’ailleurs traduit en de nombreuses occasions par un soutien plus que limité sur certaines actions « hors cadre ». Bien loin en tout cas d’interventions parfois dignes et percutantes lues par des troupes et techniciens rassemblés pour le même combat et qui n’oublient pas que leur travail est, pour la plus grande partie sinon la totalité, rémunérée par de l’argent public et que tout « interdit » à un représentant d’un gouvernement issu d’une majorité élue par les Français est un oukase inadmissible. Le pire, pourrait-on dire, c’est que Mme Filipetti n’a d’ailleurs assisté à aucun spectacle en deux jours. Ni « In », ni « Off », ce qui est probablement une première pour un ministre en exercice. À sa décharge elle réaffirmera son souhait de voir « la culture demeuré un domaine d’intervention partagé » et a annoncé la mise en place, dès le mois de septembre, d’un « pacte culturel » susceptible de « répondre aux inquiétudes des acteurs culturels. »

Jeudi 17 juillet – L’autocritique chinoise passe à la télé. C’est sans conteste la réussite la plus spectaculaire des dictatures communistes : l’autocritique. Ce moment particulier où l’accusé (le plus souvent il ne sait pas pourquoi) confesse publiquement ses fautes. Graves naturellement. Toujours graves comme les sanctions. En ce moment, dans la Chine de Xi Jinping, les démocrates chinois découvrent à nouveau ce que les procès staliniens de Moscou avaient déjà mis au sommet de leur art. Journalistes, universitaires, artistes et ONG doivent répondre à de nouvelles règles. Strictes, sinon c’est la vieille rengaine de « la collusion avec l’étranger » qui est la menace et vite l’accusation. Mais le monde évolue, et c’est à la télévision que les plus déviants à la « sécurité nationale » ont dû faire œuvre purificatrice. Particulièrement habile, cette campagne qui piétine toute idée de démocratie (fût-elle populaire) est menée de concert avec une, qui elle, apparaît absolument nécessaire : celle de la lutte contre la corruption tant il est vrai que le pillage généralisé des ressources les plus importantes du pays par les vénérables dirigeants du Parti est démasqué et combattu désormais dans de nombreuses régions. Et c’est ainsi que les ombres du pouvoir chinois jettent l’eau sale de leur propre bain sans omettre d’y joindre ceux qui les ont dénoncés.

Vendredi 18 juillet – États-Unis, les condamnés à mort et les exécutés suite à de fausses accusations. Fissure, une nouvelle fois, au pays de la statue de la liberté. 60 condamnés à morts et 3 exécutés l’ont été suite à des témoignages douteux et à des analyses scientifiques erronées. Le jugement provient d’un rapport de l’Inspection générale de la justice qui dénonce les irrégularités graves commises dans les enquêtes judiciaires ainsi que les manquements du FBI.

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