La Palestine et Israël manipulés ; mauvaise note pour les musées ; junk food chinoise pour l’Amérique ; les robots de l’information ; la pauvreté durable.

Mains-robot

Lundi 21 juillet – Manipulations et violences / Il est un fait : ce sont bien des boutiques « de juif » qui ont été attaquées et incendiées à Sarcelles le jour anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv. Que ce soit des casseurs, petits délinquants connus pour détentions d’armes, trafic de stupéfiants, vols simples, outrages, violences et rébellions, donne un profil qui dépassent certes de loin le soutien à la paix, à la cause palestinienne et à un État légitime pour ce peuple. Mais comment ne pas voir, ne pas entendre les mots d’ordre de haine antisémite « Mort aux juifs » qui ont été scandé lors des manifestations parisiennes ? Et comment, comme le sociologue Omero Marongiu-Perria, spécialiste de la diversité, que « L’islam militant, en France et ailleurs, s’est beaucoup construit autour de la questions palestinienne » et que désormais « le juif est réduit à la figure du sioniste » ? Chacun peut aisément reconnaître une conséquence des appels de Tariq Ramadan, chantre de la réislamisation des deuxième et troisième générations qui au nom de la mouvance des Frères musulmans a ouvert la voie par ses coupables ambiguïtés. Sans oublier le triste Dieudonné et son gourou d’extrême droite Soral qui trouvent un écho chez une certaine jeunesse musulmane. Écoutons Gilles Kepel dans Libération « Quand on lit « l’Appel à la résistance islamique mondiale » d’Al-Souri – dont j’ai traduit des extraits dans mon livre Terreur et Martyre -, il explique qu’il faut viser trois types de cibles en Occident : les juifs, mais pas les synagogues, plutôt les centres sociaux ; les musulmans « apostats » qui servent sous l’uniforme des « mécréants » ; et les événements sportifs. Voyez Merah, les frères Tsarnaïev à Boston, le musée juif de Bruxelles : c’est le mode d’emploi suivi à la lettre L’idée c’est que cela ne coûte pas cher mais que ça suscite des réactions d’horreur en Europe et, du coup, des actes d’islamophobie qui se traduisent par une solidarité des musulmans avec les entrepreneurs communautaires les plus ultraradicaux, pour aboutir à la guerre civile en en Europe, prélude à la victoire du jihad mondial. Jusqu’ici, tout ça est resté embryonnaire. » On peut certes s’interroger sur la décision du gouvernement d’interdire ou pas les manifestations.  Personnellement je crois qu’il n’est jamais bon signe d’interdire l’expression d’une douleur par une manifestation démocratique et je pense que la police républicaine peut agir pour le bon ordre de toute manifestation et, en cas de dérapages qui peuvent toujours se produire, faire les interpellations nécessaires. Mais en l’espèce, je suis quasi certain que les résultats d’une manifestation autorisée auraient été les mêmes tant la « porosité » d’idées entre certains casseurs et certains organisateurs – un grand nombre de « vieux routards de l’extrême-gauche » est malheureusement patente. Et surtout, je ne partage pas l’idée que l’interdiction aurait été « à la source » des attaques contre la République, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit pour certains. Et je crédite les dispositions prises comme ayant été de tentative de prévention contre un pire… qui n’a pu être évité. La tentative d’Israël d’éradiquer le Hamas avec l’opération « Bordure protectrice » est vouée à l’échec militairement et politiquement et je désespère de voir que beaucoup dans la région n’acceptent toujours pas l’existence de l’État juif. Position inacceptable qui ne doit pas masquer le fait que la majorité des palestiniens et des israéliens ne souhaitent que de vivre en paix. Ce conflit loin de nos frontières révèle et démasque tous les extrémistes. En France, ne nous masquons pas la réalité : ils existent aussi venant des deux parties. Et il est de la responsabilité des responsables politiques, du gouvernement, de faire en sorte qu’ils ne soient en aucun cas considérés par l’opinion publique comme représentatifs de la majorité de nos concitoyens musulmans et juifs.

 

Mardi 22 juillet – Mauvaises notes pour les musées / Trois études parlementaires aboutissent au même résultat : la politique muséale française va mal. Course aux expositions (1.134 organisées en 2010) pour une concurrence souvent inutile et des déficits annoncés, baisse de 11 % des crédits nationaux alors que le mécénat plafonne à 4 % et, particulièrement étonnant quant au travail quotidien, 1.220 musées dont les collections ne seraient pas identifiées, ni sécurisées. 90 % des établissements n’ont toujours pas révisé l’inventaire pourtant exigé par une loi… de 2002. Il est même impossible de dresser un tableau fiable des musées ayant cessé leur activité ! 80 % des musées dépendent des collectivités territoriales, 15 % sont gérés par des associations et les 5 % restant sont des musées nationaux. Nombre d’élus semblent oublier qu’ils ont voté eux-mêmes les coupes des budgets du patrimoine qui, dans notre pays, n’est pas considéré comme un atout culturel de première importance dans bien des cas et se trouve être parfois une sorte de mot-valise intégrant des établissements très hétérogènes…

Mercredi 23 juillet – Fast et junk food / Chine, Japon, la malbouffe ne connaît pas de frontières et ses causes sont toujours les mêmes. Un classique : le mélange de viande avariée avec de la viande fraîche. Une nouvelle étiquette et le tour est joué ! Sauf qu’une télé locale chinoise a révélé la manipulation. Les heureux bénéficiaires ? Des fast-foods chinois et nippons. Au Japon, Mc Donald’s et ses McNuggets, en Chine, c’est la totale avec McDonald’s, KFC, mais aussi Starbucks et Burger King. Une vraie filière junk food ! L’usine de Shanghai en cause a été fermée par les autorités.

Jeudi 24 juillet – Les journalistes robots ! / Associated Press (AP) propose une solution pour « soulager » les journalistes chargés de rédiger des articles sur les résultats des entreprises, ces lourds rapports trimestriels, semestriels, annuels censés donner encore plus d’appétit aux actionnaires ou à leur faire passer la pilule en cas de mauvais chiffres. L’agence de presse américaine utilise désormais des robots pour décliner les comptes d’entreprises comme le fabricant de jouets Hasbro et le conglomérat General Electric. Les contenus, au format assez court – entre 150 et 300 mots – (nous n’en sommes qu’au début de la domination des robots…), sont édités par le logiciel Automated Insights, dont les algorithmes repèrent dans une banque de données les chiffres-clés des entreprises. Les « journobots » (contraction de journaliste et de robots) font, qui oserait en douter, font les bons choix… et ils ne leur reste plus qu’à faire varier verbes et expressions selon la nature des chiffres. Pour l’instant, en effet, le lecteur se lasse des répétitions… Selon le directeur de la publication d’AP, Lou Ferrara, un robot rédige un article au même rythme qu’un journaliste, et devrait permettre à l’agence de plus que décupler la production de contenus. Objectif : publier 4 400 articles par mois d’ici à la fin 2014, contre 300 aujourd’hui. « Je ne peux pas me permettre d’avoir des journalistes qui perdent du temps à répertorier des données. En revanche, j’ai besoin de plus de reportages », explique M. Ferrara qui pense ainsi libérer du temps afin les journalistes en consacrent davantage à l’analyse et à l’enquête. Pour l’instant chaque contenu produit par un robot est relu par un journaliste… mais cette relecture devrait être supprimée à termes.

Vendredi 25 juillet – Pauvreté durable / Le monde compte encore 2,2 milliards d’êtres humains pauvres ou proches de la pauvreté selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Une inquiétude pointe, après une période de récession, compte tenu des crises financières et catastrophes naturelles. Ainsi il est noté « Éliminer l’extrême pauvreté n’est pas seulement arriver à zéro, encore faut-il rester à ce niveau. » Les personnes les plus démunis restent toujours « les enfants, les adolescents et les personnes âgées » qualifiés « d’intrinsèquement vulnérables ». Des « objectifs du millénaire » ont été fixés… une échéance qui révèle que la pauvreté, plus que le développement, est durable.

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