Millenium IV fait déjà un carton

Carton malin pour le buzz vu à la jolie librairie Charabia, Place Saint-Marcellin. 05200 Embrun. Tél : 04 92 43 00 27.
Carton malin pour le buzz vu à la jolie librairie Charabia, Place Saint-Marcellin. 05200 Embrun. Tél : 04 92 43 00 27.

Lisbeth Salander est de retour. Avant même que les lecteurs français puissent découvrir ses nouvelles aventures dans « Ce qui ne nous tue pas » sous la plume désormais de David Lagercretz qui succède à Stieg Larsson auteur de la trilogie « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes », « La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette », « La reine dans le palais des courants d’air », le volume, toujours chez Actes Sud, fait un carton.

Lire au premier degré puisque nous pouvons découvrir, dans mon cas à Embrun dans une belle librairie indépendante *, les cartons de livraison aux couleurs du nouvel opus suédois. Une mise en scène maline qui aura la lourde tâche d’aider à la poursuite d’un succès planétaire qui a fait le bonheur des éditeurs ayant eu le « pif » pour acheter le thriller suédois du siècle.

Actes Sud, la belle maison d’édition d’Arles, n’a jamais réalisé une vente aussi gigantesque et compte bien ne pas en rester là.

D’où cette idée de livrer, dès ce mois de juillet, les libraires avec des cartons aux couleurs de Millénium IV. Le feuilleton continue, les recettes doivent suivre. Ainsi ces cubes attachants traînent-ils négligemment près des caisses et interpellent le lecteur qui n’en peut mais : « Serait-ce… ? » et se voit répondre : « Oui, mais pas avant le 27 août ! ». Il est impatient le lecteur, un peu bête surtout pressé qu’il est. Et aveuglé puisque c’est écrit dessus, en gros, bien visible pour qu’on note la date : 27 août 2015.

C’est un coup de marketing, de pub, de buzz loin des outils quotidiens de Lisbeth Salander, reine de l’informatique. Là, c’est « à l’ancienne » qu’on nous pique notre cerveau réel. Avec du carton, avec un carton.

La maison Actes Sud ira-t-elle jusqu’à emprunter la vieille recette du pétrolier Elf (alors Elf-Aquitaine qui, en 1967, pour annoncer sa naissance et faire connaître son logo – le fameux rond rouge – laissa tomber sur la route quelques enseignes, certes sans le nom, pour nourrir visuellement le feuilleton radiophonique des pubs « Les ronds rouges arrivent » énigmatique à la manière d’un Orson Welles et son interprétation de La guerre des mondes d’Herbert George Wells.

Les cartons de Millenium IV pourraient dans ce cas être judicieusement posés place de la Concorde, à Paris-Plage, au pied de la Tour Effel et celui de l’Arc de Triomphe. Mieux encore place Beauvau… Sur les Champs-Élysées aujourd’hui à l’arrivée du Tour de France. Sans oublier les lieux cultes du buzz, en premier lieu devant chez Colette rue du Faubourg Saint-Honoré.

Des erreurs d’adresses pourraient aussi bizarrement survenir dans les livraisons… Ainsi Fleur Pellerin pourrait-elle être destinataire au même titre que Nicolas Sarkozy ou encore Frédéric Lefebvre qui en perdra son Zadig et Voltaire.

On évitera d’en livrer aux syndicats agricoles, ils pourraient les brûler.

Des plasticiens férus de performance seraient aussi sollicités pour des interprétations sculputurales du futur roman.

On pourrait, on pourrait… Vous pouvez vous-mêmes avoir des idées, mais il faut attendre pour voir. Et vous l’avez compris, c’est le 27 août 2015 que l’on pourra dire si Millénium IV fera un vrai carton de vente et d’estime.

* Librairie Charabia, Place Saint-Marcellin. 05200 Embrun. Tél : 04 92 43 00 27.

Valse folle berlinoise

Comment imaginer un trajet Poitier-Berlin pour un premier ministre en charge d’assurer toutes ses fonctions du jour, c’est-à-dire être présent au Congrès de son parti et répondre à une invitation de l’UEFA ? Devait-il être absent de l’un ou de l’autre ? Ridicule ! © Photo Odd Andersen AFP.
Comment imaginer un trajet Poitier-Berlin autrement qu’en avion  pour un premier ministre en charge d’assurer toutes ses fonctions du jour, c’est-à-dire être présent au Congrès de son parti et répondre à une invitation de l’UEFA ? À moins d’être absent de l’un ou de l’autre ? Ridicule ! © Photo Odd Andersen AFP.

Il se peut que je sois sur la touche, mais il me semble, concernant la présence à Berlin de Manuel Valls pour assister la finale UEFA de la Ligue des Champions FC Barcelone – Juve de Turin, que nombre de voix s’élèvent un peu haut et vite et passent la ligne d’un hors-jeu mal inspiré.

La France organise en 2016 – c’est-à-dire demain – le championnat d’Europe UEFA (masculin). Ce sera un grand moment de fête pour tous les amateurs de football et une belle image pour la France ainsi qu’un moment de retombées économiques non négligeable.

Michel Platini est le patron de l’UEFA, et la finale de Berlin est une grande fête annuelle qu’il préside. Sachant, en bon président qu’il est, que les relations et leur bonne tenue sont indispensables, il a ses invités. Rien de plus normal qu’il invite « la France », son futur hôte pour l’Euro 2016. Par la personne du Premier ministre, elle légitimement représentée. Il y a de plus un clin d’œil de « footeux » pour celui qui, joueur, fut trois fois Ballon d’or avec la « vieille dame » adressé à celui qui, enfant de Barcelone, a toujours et sera toujours un fervent supporter du Barça. Une rencontre pour suivre le choc de leurs équipes préférées : une aubaine.

Quoi de plus logique, quoi de plus normal, quoi de plus « institutionnel » que cette invitation ? Fleur Pellerin n’est-elle pas invitée au Festival d’Avignon en tant que ministre de la Culture ? Le président de la République n’honore-t-il pas la tribune qui attribue le bouclier de Brennus à l’équipe victorieuse du championnat de France de rugby ?

Cette rencontre, consécutive à une invitation en règle et logique, devait-elle se refuser pour un quelconque motif ? Parce qu’elle obligeait à se rendre à Berlin par exemple ? Ou parce qu’aucune équipe française n’y participait ? Évidemment non ! Il se peut aussi que pour certains Manuel Valls devrait ne pas se souvenir qu’il est français et catalan… Qui sait ?

Bien sûr, cette soirée n’était pas strictement de travail… mais pourtant les relations participent aussi du travail. Surtout venant des élus et des représentants de la Nation.

Les sifflements du « stade politique » portent sur deux points particuliers :

  • Manuel Valls a utilisé pour son voyage un jet de la République. C’est vrai. Mais comment ces siffleurs, visiblement en grande forme dans leur exercice pulmonaire favori, imaginent-ils un trajet Poitier-Berlin pour un premier ministre en charge d’assurer toutes ses fonctions du jour, c’est-à-dire être présent au Congrès de son parti et répondre à une invitation de l’UEFA ? Devait-il être absent de l’un ou de l’autre ? Ridicule !
  • Manuel Valls était accompagné de deux de ses enfants. Certes, il ne les avait pas invité au Congrès du PS… Mais était-il si infâmant de les voir, un soir de week-end, être invités avec leur père pour un moment officiel et festif ? Chacun peut avoir son opinion, personnellement je ne le pense pas. Le coût du voyage n’a en rien été « surchargé » par leur présence.

S’il y a un carton rouge à décerner à Manuel Valls et à son équipe de communication notamment, c’est qu’il aurait été préférable que cette invitation – y compris celle de ses enfants – ait été clairement annoncée. Pour un homme qui, jusqu’ici et en ce qu’on en connaît, n’a jamais fait montre de goûts de luxe et n’a jamais fait d’écart avec la « fonction républicaine », il est étonnant et regrettable que n’ait pas été anticipé le climat délétère souhaité par beaucoup de ses opposants (pas tous néanmoins) et faux amis. Nombreux dans les deux cas.

Concédons qu’il reste sérieusement la question posée à propos des enfants invités. Personnellement, je crois qu’il aurait été stupide de les exclure, ou de les obliger à prendre un train ou un vol de ligne. Toutefois, pour que la transparence de comportement des dirigeants soit assurée – et nous devons y être fermement attachés – il n’y a que deux solutions : le dire clairement à chaque fois ou définir pour le futur un cadre précis pour tous les représentants de la Nation et la présence de membres de leurs familles et amis pour tous les voyages officiels.

Cela éviterait d’autres valses berlinoises, feux de joie d’incendiaires de petites ambitions.

L’aventure sur parking du Kadjar de Renault

L'empreinte du Kadjar reste  sagement encadrée dans les voies de la civilisation.
L’empreinte du Kadjar reste sagement encadrée dans les voies de la civilisation.

Un nouveau modèle, qui plus est sur le secteur très convoité et en croissance des SUV, est toujours important pour une marque. Pour y tailler sa route, Renault présente son Kadjar. Avec, pour les amateurs, une belle gueule saluée par la critique qui note néanmoins que cette auto, si elle se donne  des airs de 4 x 4, se conduit comme une berline. Pour tout lancement d’un nouveau véhicule il faut une bonne publicité et l’axe choisi par la marque au losange est celui de l’aventure.

À découvrir les affiches présentes probablement dans toutes les villes de France, on se doit néanmoins de préciser : il s’agit d’une aventure bien ciblée pour un public choisi, réservée à l’urbain, madame, monsieur, enfants et leurs copains pour des week-end et vacances au grand air. En effet, si l’on porte une attention de quelques secondes aux photos, on voit clairement le message : l’aventure oui… mais l’aventure maîtrisée sinon « pépère ». Les deux clichés nous proposent de magnifiques paysages, presque « jusqu’au bout du monde », mais un monde qui reste civilisé… puisqu’il y a des parkings d’accueil pour le contempler.

Certes des parkings sommaires – juste des bandes blanches –, mais elles sont là pour éviter toute perte de repère à ces aventuriers en goguette qui veulent conserver leur confort, priorité des priorités.

En ce sens, cette publicité joue la « vérité ». Le Kadjar de Renault, avec ses gros pneus, peut rouler sur les pistes poussiéreuses et légèrement cailloutées, mais son empreinte majeure reste encadrée dans les voies de la civilisation.

Corée du Nord : « Touchez pas à mon culte ».

Le communisme de Pyongyang a UNE ET NON DES personnalité(S). Touche pas à mon culte. © Dessin "Dupont et Dupond" par Marcodeno.
Le communisme de Pyongyang a UNE et non DES personnalité(S). N’est pas Dupond(t) qui veut ! © Dessin « Dupont et Dupond » par Marcodeno.

Il n’y a qu’un seul Kim Jong-Un. Il est unique et pas question d’en douter ou provoquer le doute en portant le même nom. Au pays de la bande dessinée du communisme éclairant le monde, il n’y a pas Dupont et Dupond. Il y a un Dupont, un point c’est tout. C’est pourquoi, selon une révélation d’une télévision sud-coréenne (KBS TV), les homonymes du dirigeant Kim Jong-Un sont priés de changer de nom : « Tous les organes du parti et les services de la sécurité publique doivent recenser les habitants nommés Kim Jong-Un (…) les convaincre de changer volontairement de nom ». La mesure s’applique rétroactivement aux papiers d’identité et aux diplômes, qui doivent être rectifiés. De plus, ce qui est valable pour ce passé à effacer est de rigueur pour la propreté du futur : tous les certificats de naissance portant ce nom doivent être rejetés. La journaliste Park Jin-Hee, une Nord-Coréenne réfugiée au Sud s’est dite certaine que personne au Nord ne porte aujourd’hui le nom des trois dirigeants, objets d’un culte de la personnalité organisé par la propagande officielle : « Personne au Nord ne s’appelle Kim Il-Sung et Kim Jong-Il, et il ne fait aucun doute que la même chose vaut pour Jong-Un ». Vous imaginez le communisme de Pyongyang supporter le culte DES personnalitéS… il ne manquerait plus que cela !

© Dupont et Dupond par Marcodeno