Le mois de la Photo à Paris / 2 – Parcours du 3ème arrondissement : MIKE BRODIE.

© Photo : A Period of Juvenile Prosperity @ Mike Brodie
© Photo : A Period of Juvenile Prosperity @ Mike Brodie

Le 21 novembre sur ce blog, j’écrivais ma déception quant à ma première découverte du mois de la Photo. Mais la partie, en l’occurrence le 6ème arrondissement, se confirme une nouvelle fois comme n’étant pas le tout. Ici, plusieurs belles découvertes dont celles-ci pour commencer, toutes deux à la Galerie Les Filles du Calvaire au 17 de la rue du même nom. Tout d’abord, au rez-de chaussée, Mike Brodie pour A Period of Juvenile Prosperty. Ses photos sont magnifiques ! D’emblée je me suis senti plongé dans l’univers des Raisins de la colère de John Steinbeck, de Suttree de Cormac MacCarthy avec ces adolescents tous en vagabondage plus proche selon moi de Jack London que de celui de Jack Kerouac car plongés dans la crise et moins proche de génération beatnick. Mike Brodie, autodidacte de la photographie initié par un Polaroïd Sx-70 à l’âge de 17 ans, a emprunté dix ans plus tard ces trains où sillonnant les États-Unis (80.000 kms) entre 2003 et 2008, il livrera ses poignants clichés de ses camarades de rails, sa ligne de vie et de fuite. Puis, au plus fort de son succès, il décroche dès 2008 après avoir remporté le Baum Award du photographe américain émergent. Au premier étage, un second photographe, anglais cette fois même s’il vit aux États-Unis, tout aussi passionnant : Matt Wilson. Un autre type de globe-trotter…

À voir absolument. Attention : fin de l’exposition demain samedi 29 novembre. Ouverture de 11h00 à 18h30.

L’Internet des objets ; Kim à la canne ; Le Littré pour Lovecraft ; Woody Allen et la magie de la réalité ; Jeter le JT.

Discerner la réalité dans la magie et les mirages du monde, une nécessité de survie pour sa propre existence.
Discerner la réalité dans la magie et les mirages du monde, une nécessité de survie pour sa propre existence.

 

Sunday Press / 27

(…) L’Allemagne, le Danemark et la Chine ont saisi avant tout le monde les enjeux de changement majeur (un système économique basé sur le partage et les communautés collaboratives). En France, le Nord-Pas-de-Calais a pris de l’avance sur le reste du pays. Un certain nombre d’industriels se préparent à cette transition, sans pour autant quitter complètement la logique de la seconde révolution industrielle. Bouygues, par exemple, a créer le premier bâtiment à énergie positive (c’est-à-dire qui produit plus d’énergie qu’il n’en consomme) au monde. La région adapte ses bâtiments pour accueillir ce changement, mais le mouvement doit s’étendre au niveau national. (…) Le gouvernement affirme qu’il n’a pas le budget nécessaire pour suivre, mais c’est faux. Chaque année, l’Europe investit 780 milliards d’euros dans des infrastructures qui vont devenir obsolètes. Avec seulement 15 % de ce budget, l’Internet des objets pourrait être opérationnel d’ici 2040. De plus, la France détient certaines des meilleures industries spécialistes de l’électronique, des technologies de l’information et de la communication, toutes capables de prendre part à ce grand changement. Le pays a besoin d’air frais au niveau de son gouvernement. Il doit dépasser le clivage des partis politiques et prendre exemple sur l’Allemagne où les socialistes, les écologistes et les chrétiens-démocrates se sont alliés pour favoriser cette transition.

Jeremy Rifkin, économiste, le un, 15 octobre 2014, N°28

(…) Le régime alimentaire du Tsunami de la pensée serait en cause : pizzas aux quatorze fromages, tonneau de glace à tous les parfums (including la bombe à Chantilly), jattes de frites et sa soupière de mayo, cubi de Nutella (un pipeline secret relierait directement les ateliers de la fameuse pâte à tartiner à l’œsophage de Kim), camion-citerne de Coca, même pas zéro, ce chiffre révoltant de pessimisme étant interdit en Corée du Nord, sauf dans les comptes à rebours pour lancer des missiles nucléaires. Autrement dit, Bouboulina couverait une sévère surcharge pondérale ayant entraîné diabète, goutte, crises de foie, boutons (et pas que sur le visage), œdème des chevilles. Pourtant, l’enflure des chevilles n’est pas ce qui fait le plus peur à Kim Jong-un. Mais bon, le Vésuve du marxisme dialectique n’était plus entré en éruption depuis l’été. Cette photographie est donc une propagande destinée à prouver que Kim Cône est toujours vivant, qui plus est en état de marche. Enfin, marche… En effet, bien qu’ayant renouvelé leur abonnement à Photos- hop, les censeurs nord-coréens n’ont pas effacé la silhouette d’une canne qui se profile le long de la jambe gauche du dictateur et sur laquelle il a l’air de fortement s’appuyer. Certes, pour se fondre dans la vêture, la canne est noire, mais tout de même, on la voit. D’où question ? Pourquoi avoir laissé filtrer la «faiblesse» de Kim ? Pour prouver que, malgré ses ennuis de santé, le président a eu le courage extraordinaire de parcourir les 3,50 mètres le séparant de la banquette de sa limousine ? Ou pour démontrer que cette troisième jambe provisoire pourrait servir d’accessoire permanent : plus besoin de se lever du fauteuil roulant pour appuyer sur le bouton à faire sauter la planète, cette télécommande rustique fera l’affaire.

Gérard Lefort, Libération, 18 et 19 octobre 2014, N°10395

(…) Quand j’ai publié mon premier bouquin, « Sortie d’usine », en 1982, j’ai acheté mon « Littré » d’occasion chez Vrin, un truc qui puait le tabac. C’était l’édition Pauvert en sept volumes. Je l’ai toujours. Mais en 1999, on a eu les premiers CD-Rom. Depuis, j’ai « Littré » dans ma machine. Bien sûr, il décrit une langue figée : il s’arrête à Chateaubriand, ne cite même pas ses contemporains. Et des sites formidables fonctionnent avec des bassins de dictionnaires. Mais « Littré » reste indépassable. Même pour traduire Lovecraft, c’est mon dictionnaire.

François Bon, écrivain, propos recueillis par Grégoire Leménager, Le Nouvel Observateur, 16 au 22 octobre 2014, N°2206

(…) En surface, le film est romantique, et comique, mais le sous-texte est très pessimiste. Oui, comme d’habitude (rires.) Vous voyez, je souhaiterais vivement qu’il puisse exister un soupçon de magie dans le monde. Mais il n’y en a pas. Dans le film, le personnage du magicien que joue Colin Firth représente la réalité : les gens ont un violent besoin d’illusion pour avancer dans la vie. Ce besoin se fait plus pressant, la vie étant de plus en plus moche, cruelle… et courte. Si vous n’y mettez pas une dose d’illusion, elle devient carrément insupportable. Mais cela peut avoir pour conséquence de s’illusionner soi-même, il vaut donc mieux opter pour la méthode de mon magicien, s’offrir de temps en temps une petite oasis de plaisir, une romance, un beau morceau de musique, un moment heureux volé par-ci par-là. Sans oublier de revenir, quoi qu’il arrive, à la réalité.

Woody Allen, propos recueillis par Danièle Heymann, Marianne, 17 au 23 octobre 2014, N° 913

(…) Jeter le JT tel qu’il est dans sa forme actuelle, ce n’est pas jeter l’info ! Le problème de ce rendez-vous aujourd’hui, c’est qu’il ne dérange plus rien. Et ses défauts sont nombreux : sujets trop courts et superficiels, ethnocentrisme prononcé, hyper-personnalisation ridicule du présentateur… J’aimerais que le JT soit un carrefour de débats, mais son rythme l’en empêche. Le texte n’est trop souvent là que pour accompagner et justifier l’image. Le JT a adopté une langue de plus en plus pauvre, des phrases de plus en plus courtes. Il faut changer l’écriture, prendre position, interroger. Il faut aussi réintroduire de la mémoire dans le JT, revenir sur des événements passés pour expliquer le présent.

William Irigoyen, ancien présentateur et auteur de « Jeter le JT), Le Monde, 19 et 20 octobre 2014, N° 21696.

Notre liberté commune

Ils ont besoin de nous. Nous avons besoin d’eux.

Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière… un an déjà ! Parce que leur liberté est aussi la notre et que la leur doit être la plus rapide possible, il n’est jamais trop tard pour signer sur le site liberezles.net.