La double raison de mon dernier « papier » politique

Voilà, c’est fini… et tout commence ! Ces derniers mois, j’ai publié quelques articles « engagés » directement en soutien à En Marche ! et à son candidat Emmanuel Macron. J’ai même sacrifié à l’exercice des outils de communication considérés comme « modernes » en intervenant à un rythme plutôt soutenu sur les réseaux dits sociaux dont je sais pourtant qu’ils enferment. Je n’ai pas plus négligé ce flux quotidien dense et le plus souvent à la qualité limitée – pas toujours je l’espère – où les slogans particulièrement réducteurs des programmes font le squelette même de Twitter, ce faux nouveau journalisme.

Aujourd’hui, Emmanuel Macron est le 8ème président de la Vème République, face à son destin et avec entre ses mains, pour une partie importante et décisive, celui de la France.

Les effets de ce véritable tournant, ce big-bang politique, vont continuer à bousculer, interroger toutes les références anciennes et provoquer des débats, des déchirements et des avancées considérables et imprévues. Il s’agit bien du début d’une véritable et profonde recomposition. C’est même la raison principale qui m’a motivé à mon engagement dans la campagne et je continu de la considérer comme majeure pour débloquer le pays. On ne peut vivre une « fin de régime » sans mouvements et soubresauts. Durant ces dernières semaines, j’ai été étonné aussi bien de l’enfermement, voire du blocage de raisonnement de certaines de mes connaissances que de la violence insensée et bien mal ciblée d’importants acteurs politiques totalement déboussolés et amers jusqu’à en perdre les points de repères les plus essentiels, comme celui de la lutte contre le fascisme déguisé mais toujours présent du Front national.

Cette activité de commentateur engagé, je ne la regrette en rien, mais je vais y mettre fin. En effet, le 17 février dernier dans un article intitulé « Le débat sur l’Union de la Gauche… un débat utile à la démocratie » j’écrivais sur ce blog : « En vérité le vrai sens du débat – même s’il est à la peine – de l’union Hamon-Jadot-Mélenchon éclaire bien au-delà des simples acteurs en joute : il oblige à une clarté des visions et des programmes politiques.» Je continue de le penser et crois qu’avec les législatives c’est bien une profonde refondation et reconstruction politique qui va se concrétiser. Cette période ne peut être qu’heurtée, bousculée, chahutée certains prédisant même le chaos… et l’on lit entre les lignes qu’ils le souhaitent. Les rêves de « tour social » dans les urnes et de pression dans les rues ne cachent pas une envie d’en découdre avec l’esprit ancien de boutique, et l’action de cavalerie où les chefs peuvent brandir leur bannière. Fût-elle effilochée, déchirée ou sortie des placards de l’Histoire. Ces leaders au verbe haut feraient bien de réfléchir, les législatives et les candidats de La République En Marche ! peuvent leur réserver de lourdes désillusions.

Néanmoins, ce quinquennat s’ouvre politiquement autour d’interrogations aux réponses incertaines. La majorité présidentielle va certes gouverner avec un gouvernement de ministres compétents et responsables. La majorité présidentielle de En Marche ! sera, à n’en pas douter, à ce niveau en capacité d’agir pleinement. Personne n’en doute sérieusement pour les premiers mois. Mais ensuite, il va falloir que le nouveau parti annoncé par Emmanuel Macron, qui sera de centre et de progrès quel que soit son futur nom, mobilise progressivement un soutien actif et effectif dans l’opinion. Avec qui, comment et quelle sera sa force initiale ? Son développement et son assise sur tout le territoire après les élections législatives est une étape réaliste mais ambitieuse ? Sa plus ou moins grande réussite influera directement sur le résultat… des prochaines élections municipales qui traduira, avec les avancées du programme mises en place par le gouvernement, la véritable réussite de En Marche !. Les partis éliminés – Les Républicains, le Parti socialiste – vont-ils réussir à se rénover ou bien leurs luttes de courants et tendances vont-elles enfanter des nouvelles entités internes ou encore des nouveaux partis suite à des fractionnements successifs au risque de devenir marginaux et sans force comme le Parti Communiste Français l’est progressivement devenu ? Enfin, comment l’opposition de gauche, à savoir principalement le mouvement La France insoumise aux intérêts contradictoires comme l’est la parole de son leader Jean-Luc Mélenchon va-t-elle faire Front commun avec tant de divergences ? Sa base idéologique s’est avérée friable sinon douteuse. Il reste que le taux d’abstention, 25,38 %, et de bulletins blancs, 8 % , et nuls, 3 %, est particulièrement élevé. Enfin le Front national avec son score jamais atteint – 33,6 % et près de 11 millions d’électeurs, est certes battu. Probablement aussi divisé à terme, mais il conserve plus que jamais une grande capacité de nuisance démocratique étant toujours structuré autour de la haine de l’autre et du mensonge.

Le président Emmanuel Macron et son gouvernement vont devoir annoncer rapidement – et l’on sait que les résultats ne sont pas aussi immédiats – des mesures fortes de son programme. Sans trembler, sans dériver de ses chantiers prioritaires tout en écoutant cette demande forte des électeurs reportés sur les deux « Fronts ». On n’a que trop justement écrit – depuis tant d’années ! – que ces scores protestataires et d’une certaine manière « hors temps », sont le résultat de maux connus de tous les responsables politiques. On peut réellement dire que le « système », les alternances des dernières années, a échoué depuis des lustres. Une raison de plus pour que la volonté de rupture annoncée en tienne enfin compte prioritairement. Pour agir et obtenir des résultats contre le chômage, pour l’éducation et la formation, pour le logement bien sûr… mais aussi pour atteindre cet autre objectif, ancien lui aussi mais jamais atteint par faute de politique claire et assumée : mettre fin aux fractures sociales et territoriales qui ont brisé notre unité fondamentale. Il y a un vécu réel et profond d’une distance discriminatoire considérée comme étant celle qui sépare le Haut (les élites) et le Bas (le peuple). Ce fossé doit être comblé. L’apaisement et la réunification de la nation passe par ce chemin.

De tout temps et en tous lieux où je me suis engagé politiquement, je me suis reconnu, comme l’a écrit Jean-François Kahn pour se qualifier lui-même, de « l’extrême-centre ». Comme j’étais à gauche, j’étais donc « de droite » pour beaucoup de mes amis d’alors. Aujourd’hui, alors que cette fois-ci je considère que le président de la République va réellement pouvoir mener une politique « sociale-démocrate » sans contraintes d’alliances obsolètes, « sociale-libérale » si l’on veut. Du moins économiquement. Certains persisteront à la dire « de droite » quand ils sont à gauche, alors qu’à droite elle sera stigmatisée comme étant « de gauche ».

Je me sens en particulier devoir d’exigence avec mon ancien candidat devenu président puisque je l’ai vraiment choisi et soutenu.

Je n’écrirai donc plus des papiers « politiques ». J’écrirai des papiers sur la politique. Moins fréquents. Je veux pouvoir analyser et écrire avec tout mon sens critique, sans tabous ni retenue. À propos d’Emmanuel Macron comme pour tous les autres acteurs et partis politiques.

S’ouvre dès aujourd’hui une campagne pour les élections législatives et mes amis montreuillois de En Marche ! auront leur candidat ou candidate de La République En Marche !. Il ou elle sera le mien, ils le savent et je serai à ses côtés. Mais ils savent aussi, je leur ai annoncé il y a longtemps, que je ne mènerai pas une campagne active. Une page est tournée grâce à eux, et ils sont désormais suffisamment responsables et forts pour l’écriture du livre nouveau. Ce temps de distance est venu pour moi.

Il est une seconde raison de cet éloignement dans l’engagement et l’écriture politique active. L’intérêt porté à mes anciens métiers de journaliste et de communication ne s’est jamais éteint. La campagne électorale pour l’élection présidentielle m’a confortée dans une idée ancienne, celle de poursuivre le travail qui avait abouti à l’édition du livre « Les Dircoms, à quoi sert la communication »* que j’ai co-écrit avec mon ami Robert Tixier-Guichard, malheureusement disparu. Aujourd’hui je me lance, dans une seconde enquête, pour interroger les acteurs de l’information. Les journalistes bien sûr, mais les sociologues et les historiens des médias, les chercheurs, les concepteurs et techniciens des médias nouveaux, tous ceux qui transforment jour après jour les métiers de l’information. Tous, en maints endroits, agissent sur la nature de l’information elle-même. Et cela bien au-delà des rumeurs et fake-news. Demain quelle sera le rôle de l’intelligence artificielle dans les médias ?

Je m’engage donc sur une voie dont je ne sais encore définitivement pas quels en seront les aboutissements. Je sais seulement que c’est un travail long, patient, exigeant et passionnant.

Comme signe de ma nouvelle disposition d’esprit je reprends le titre du livre récent de Thomas L. Friedman (triple prix Pulitzer) « Merci d’être en retard, survivre dans le monde de demain.»** Je ne l’ai pas encore lu, mais je pressens qu’il va me plaire.

* « Les Dircoms, à quoi sert la communication ? » (Robert Tixier-Guichard, Daniel Chaize), Trophée européen du livre de communication. Éditions du Seuil, septembre 1993.

** « Merci d’être en retard, survivre dans le monde de demain. » (Thomas L. Friedman), éditions Saint-Simon, mars 2017.

Et alors ? Toujours ni-ni ?

Et maintenant ? C’est la question que je pose à tous ceux qui, à droite et à gauche étaient prêts à s’abstenir jugeant, ou répétant mécaniquement le slogan sans aller plus avant, que les deux finalistes ne valaient pas mieux l’un que l’autre. Peuvent-ils toujours considérer qu’Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont au même niveau ?

Oui maintenant, après le débat télévisé où Marine Le Pen a montré son indignité, peut-on continuer à défendre ce point de vue sérieusement ?

Marine Le Pen a révélé sa vraie nature, celle de la violence. Invectives permanentes, recherche de l’affrontement physique, stratégie délibérée du pugilat et de la provocation dans le seul but de pourrir le débat et dérapage sans dignité dans des gauloiseries de caniveau, l’ensemble de sa prestation fut celle d’un parti qui n’a en rien changé.

L’éructation nauséabonde de Marine Le Pen n’a pas été seulement un choix, celui du pilonnage des idées, pour un débat d’un soir. Elle est constitutive de la personne et d’un parti. Derrière sa perte de nerfs – jusqu’à la désarticulation façon pantin à certains moments – on a vu poindre les nervis qui l’entourent et l’entraînent. Et jamais nous n’avons eu un élément d’un programme crédible. Est-ce ainsi que les Français veulent voir diriger leur pays ?

Emmanuel Macron, non seulement a résisté à ce flot de grossièretés et de mensonges, mais a continué de faire œuvre pédagogique sur son programme. On le partage… ou pas, mais il existe.

Doit-on parler de deux façons de faire de la politique ? Même pas ! D’un côté l’acceptation du débat démocratique, de l’autre sa négation. Pour l’un le raisonnement et le sang-froid pour défendre la France, pour l’autre les attaques personnelles, l’intolérance et l’incompétence.

Fondamentalement Emmanuel Macron a proposé une vision optimiste pour une France conquérante et ouverte alors que Marine Le Pen a joué sur les peurs nées des désespérances et a dessiné sa France fermée au monde et aux idées. Un pays imaginaire et inquiétant.

Enfin, c’est sensible sur les médias qui donnent la parole aux auditeurs, de nombreux Français mal à l’aise dans ce climat électrique et de haute-tension insupportable… ont eu peur. Y compris chez certains électeurs du Front national qui ont découverts le naufrage de la candidate frontiste et que le diable avait toujours ses feux actifs sous la dédiabolisation proclamée mais factice.

Irons-nous collectivement jusqu’au bout de la honte en ne plaçant pas au plus loin Marine Le Pen derrière le candidat d’En Marche ! ? Il ne s’agit pas seulement d’affaiblir le Front national, il s’agit fondamentalement de ne pas affaiblir la France.

L’aveu de « la terrible erreur »

Jean-Luc Mélenchon et ses proches n’ont de cesse, depuis hier, de clamer auprès de leurs votants, car c’est bien d’abord auprès d’eux qu’ils s’adressent : « Ne faites pas la terrible erreur de glisser un bulletin Marine Le Pen ! ».

Première remarque : ah bon, des soutiens du programme de La France insoumise pourraient donc commettre l’irréparable et Jean-Luc Mélenchon, sorti de son sommeil politique, s’en rendrait subitement compte… ! * Espérons que dans une semaine, plus lucide et précis encore, il n’aura pas à préciser et regretter qu’il fallait comprendre aussi : « Ne votez pas blanc ou nul, ne vous abstenez pas ! » Il sera alors trop tard.

Seconde remarque : le leader charismatique à l’écharpe rouge éclatante, au verbe haut et riche de citations plus révolutionnaires et sociales les unes que les autres, n’aurait pas été suffisamment clair pour bien se faire comprendre quant à son combat contre le fascisme ? Il va falloir un minimum d’analyse critique pour éviter ce type de confusion… qui n’est pas mineure. Quelques cours de révision basique s’avèrent nécessaires.

Enfin, apprécions positivement le progrès, le charabia politicien s’éclaircit un peu et il reste quelques jours pour qu’il s’éclaircisse complètement.

* Le 26 avril, j’écrivais sur ma page facebook un court texte sur le danger extrême du risque du vote Front national par des électeurs du Front de gauche intitulé : « Quand un Mélenchoniste souhaite la victoire de Le Pen ».

Une analyse nécessaire sur le second tour : les éclaircissements et la banalisation

À une semaine du second tour de la présidentielle, les Français vont avoir un choix clair pour l’avenir de la France.

D’un côté Marine Le Pen, candidate d’un parti ouvertement xénophobe, raciste, dont de nombreux membres sous soumis à des procédures judicaires avec des accusations graves, bref un parti d’extrême-droite si l’on veut bien accorder encore un peu de sens aux mots et à l’Histoire. Ajoutons que la candidate qui se dit du peuple est aussi une héritière fortunée.

De l’autre Emmanuel Macron, modèle du mérite républicain dont les engagements et les valeurs sont au service des libertés, au service de la République, ancrés dans notre démocratie et l’identité de la France généreuse et ouverte. Un candidat qui a osé rompre avec les pratiques de partis politiques usées dont les Français ne veulent. Ils ont d’ailleurs validé cette irruption inédite dans le paysage politique en le plaçant premier le soir du premier tour.

C’est pourquoi, il est nécessaire – alors que nous savons que Marine Le Pen va, une nouvelle fois, va recueillir des millions de voix – d’analyser sérieusement les événements qui viennent de se dérouler cette dernière semaine.

À droite chez Les Républicains (LR), pour des raisons probablement variées, la parole de la totalité ou presque des grands leaders est sans équivoque. Nicolas Sarkozy, ancien président, François Fillon, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, anciens premiers ministres, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Christian Estrosi, présidents de Conseils régionaux, mais aussi d’autres figures comme Rachida Dati ou Nathalie Kosciusco-Morizet appellent a faire barrage à Marine Le Pen et donc… à voter Emmanuel Macron. Viennent-ils tous d’être brutalement frappés ou convertis par une « macronite » aigüe ? Non, bien sûr ! Ils votent pour la République, cet espace commun qui nous permet, quels que soient nos idées et nos engagements, de faire vivre notre démocratie chèrement acquise, notamment contre le fascisme et le nazisme.

À gauche, de manière toute aussi claire, directe et attendue, le Parti socialiste (PS) a immédiatement appelé à voter pour Emmanuel Macron. De même, fidèle en cela à son histoire où son engagement à lutter contre l’extrême-droite en toutes circonstances, le Parti communiste français (PCF), a demandé à ses électeurs de soutenir le candidat En Marche ! le dimanche 7 mai.

Ces deux partis sont-ils tous deux en train de nier leurs propres programmes, de tourner le dos à leurs convictions ? Évidemment non et ils ne manquent pas, à juste titre, de le souligner. Chacun sait que dès l’ouverture de la campagne des législatives ils s’engageront à nouveau pour la défense de leurs idées et que leurs candidats ne manqueront pas d’audace pour tenter de remporter de nombreuses victoires.

Il reste le cas, décidemment très particulier et personnel, de Jean-Luc Mélenchon. Après un mutisme de plusieurs jours étonnant pour un responsable politique qui vient de remporter une victoire incontestable en rassemblant des forces vives nouvelles, notamment de nombreux jeunes électeurs primo-votants, le leader de La France insoumise, quasi subrepticement sur son YouTube, a déclaré : « Je ne voterai jamais pour Marine Le Pen. » Quel langage alambiqué ! Quelle surprise ! Lui a-t-il fallu tous ces jours de réflexion alors qu’en 2002 sa réponse avec été prompte et sans ambiguïté pour le vote Chirac ? Ainsi, on ne saura pas s’il vote blanc, s’il biffe un bulletin d’une formule rageuse, s’il met à nouveau un des siens du premier tour conservé à cet effet… ou s’il votera pour Emmanuel Macron. Quelles circonvolutions d’une pensée brumeuse qui par nature diffuse du brouillard. C’est irresponsable !

En effet, comme ne cessent d’ailleurs de lui dire le PCF et certains de ses amis, le leader de La France insoumise joue avec le feu ! Pas seulement parce que cela pourrait permettre à Marine Le Pen de l’emporter – je ne le crois pas, mais comme beaucoup je n’aime pas à me poser la question – mais plus essentiellement parce qu’il participe – et ce n’est pas à l’insu de son plein gré tant il a de l’expérience à revendre – à la banalisation du Front national. Beaucoup des jeunes qui l’ont suivi ont le feu de la jeunesse en colère qui les anime. Ils sont en souffrance, ils voient leur avenir bouché, ne croient plus aux politiques et veulent du neuf, le « dégagisme » les a convaincu. D’ailleurs LR et le PS en ont payé le prix fort. Mais en n’invitant pas à voter clairement contre Marine Le Pen donc pour Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon laisse à penser qu’au final… il n’y a pas si grande différence entre ses ennemis. Sa position laisse penser que les deux ennemis sont presque identiques. Ce n’est ni plus ni moins que le renforcement de la banalisation du Front national. Les études montrent qu’environ 15 % des électeurs du Front de Gauche sont aujourd’hui prêts à voter pour le Front national. Savent-ils tous que Marine Le Pen est la fille de celui qui a nié l’existence des chambres à gaz dans les camps d’extermination nazis et qu’elle est entourée au plus proche par des personnages qui partagent et diffusent cette opinion révisionniste ? Ont-ils bien écouté, hier encore, les propos racistes et homophobes de Jean-Marie Le Pen, fidèle soutien de sa fille quoi qu’il en pense. 15%, c’est beaucoup. D’autres, qui ne le feront pas, vont s’abstenir ou s’apprêtent à le faire. On voit, c’est le principal danger et une perversion absolue, qu’il y a ceux qui considèrent que l’élection de Marine Le Pen pourrait même être un avantage pensant ainsi que le combat pour la renverser sera plus aisé que celui pour abattre Emmanuel Macron Président, puisqu’elle n’aurait pas de majorité au Parlement ! Conscient du danger, Gérard Filoche, du PS, a eu cette phrase juste : « Essayer Le Pen, c’est comme essayer Hitler : vous avez un ticket aller mais sans ticket retour. Il ne faut donc pas courir un tel risque. »

La vérité est que Jean-Luc Mélenchon n’a qu’une idée – obsessionnelle – en tête, être l’unique fédérateur et leader – sous ses conditions – de l’opposition de demain. Au passage en éliminant, s’il le peut comme il le veut, un PCF en état de faiblesse. Bien triste parcours où l’esprit s’est perdu dans la langue. Comme quoi l’esprit de revanche l’emporte sur la responsabilité.

Il y a bel et bien une banalisation grandissante du Front national. Les vagues d’adhésions sont réelles, les ralliements symboliques mais pour certains significatifs aussi se multiplient. Qu’on en juge par cette dernière semaine : Le Sens commun, Christine Boutin et hier Nicolas Dupont-Aignan sont en campagne avec Marine Le Pen. Ce dernier a été membre de cabinet deux ministres : François Bayrou et Michel Barnier, il est donc le signe que les frontières d’hier se franchissent de plus en plus et que la porosité avec les idées du pire produisent à terme leurs effets.

Dans une semaine, où d’autres événements peuvent encore se produire, c’est bien le choix entre deux France qu’il s’agira de trancher.