Les portraits masqués du Musée du Louvre

Le LouvreCe sont des touristes étrangers interrogatifs devant ces visages masqués de la palissade et les prenant en photos qui m’ont invité à faire de même.

En effet la communication grand format #MuséeduLouvre a de quoi surprendre. Multipliant en plusieurs langues le joli mot de « bienvenue », la photo de la borne d’accueil – laquelle en réalité est située à quelques mètres seulement – expose de bien laids visages des hôtesses et hôtes en charge de l’information. Pourquoi ? Pour préserver leur identité ? Dans ce cas, à la demande de qui et pourquoi ne pas hésiter alors à montrer celle d’amateurs du musée qui n’ont pas été « floutés » ? Pourquoi ne pas avoir choisi un autre graphisme, des volontaires, un « casting », le dessin par exemple, que cette photographie de piètre qualité où le personnel est tout simplement transformé en pantins particulièrement rebutants ?

Ces « tâches » ou « pâtés » sont une bien étrange manière de recevoir le public qui fait vivre le musée ! Une certaine manière aussi de considérer et présenter le service public et d’utiliser les moyens de communication.

Chômage : la cacophonie funeste

La cacophonie actuelle de l’exécutif, dont on ne sait plus à quel corps sont attachés ses membres, doit vite s’arrêter. Par décence pour commencer. Et pour éviter que l’année 2016 ne se profile d'entrée comme une année calamiteuse.
La cacophonie actuelle de l’exécutif, dont on ne sait plus à quel corps sont attachés ses membres, doit vite s’arrêter. Par décence pour commencer. Et pour éviter que l’année 2016 ne se profile d’entrée comme une année calamiteuse.

Bon alors, que je comprenne bien…

À supposer qu’il soit possible de s’y retrouver dans les propositions des ministres sur « l’avenir » du chômage en France. C’est important car nous savons que le président François Hollande ne se représenterait pas si la courbe fatale de hausse régulière ne s’inversait pas en 2016. Or, nous sommes en 2016.

Emmanuel Macron, ministre de l’Économie et des Finances, dans une interview accordée dans le journal « Le Monde » du 6 janvier (parution le 5) déclare, après un constat et une analyse plutôt très convaincante : « On n’a pas tout fait pour l’emploi ». Un « on » certes inclusif de sa propre personne, mais qui vise naturellement un collectif… Le moins que l’on puisse dire, sans viser des responsables (bien que), c’est qu’il serait temps de s’y mettre et de ne pas lésiner sur les efforts : « Allez-y, n’hésitez pas et donnez le maximum mesdames et messieurs du gouvernement. »

Manuel Valls, premier ministre, est le même jour sur BFMTV. Le ton est plus optimiste et disons plus martial : « Nous aurons des résultats, je m’y engage ». Le plan n’est pas détaillé, mais l’objectif est affirmé sans la pointe d’un doute. Espérons que ce volontarisme – il en faut en politique ! – sera plus productif que les espoirs répétés… et déçus de François Hollande. C’est bien, car  il faut des lignes fortes et claires pour mobiliser une opinion. Mais, quelle valeur donner à ce contrat de confiance ? Nous verrons.

Myriam El Khomri, ministre du travail, est présente sur France-Inter ce samedi 9 janvier. Et au micro, elle donne son sentiment personnel, son pronostic aléatoire, ses prévisions solidement construites sur dossiers… on ne sait. Toujours est-il que patatras ! La sanction tombe froide comme un couperet : « les 40.000 emplois créés en 2015 et une croissance prévue en hausse mais trop peu en 2016, n’étaient pas suffisants pour inverser la courbe du chômage. »

Aïe ! Bon alors, on avance, on stagne ou on recule ?

Plus de Français qu’on ne pense généralement n’attendent pas de miracle car ils mesurent la difficulté de faire coïncider le peu de croissance économique annoncée et la baisse du taux de chômage. Ils sont bien placés, souffrant dans leur chair, pour constater la désinsdustrialisation qui ronge les territoires depuis des décennies. Un profond sentiment de colère et de désespoir mine les Français qui ont désormais une absolue défiance vis-à-vis des politiques « en charge » et du patronat dont ils voient bien qu’ils sont bien, pour une trop grande partie, co-responsables de la situation.

Chacun en fait mesure l’état des dégâts et le long chemin de la reconstruction. C’est pourquoi la cacophonie actuelle de l’exécutif, dont on ne sait plus à quel corps sont attachés ses membres, doit vite s’arrêter. Par décence pour commencer. Et pour éviter que l’année 2016 ne se profile d’entrée comme une année calamiteuse. C’est-à-dire désastreuse et funeste.

« Le Montreuillois » , c’est donc ça ! ?

N'oubliez pas de dire merci au Maire ainsi qu'au grand "Conseil éditorial" pour cette publication qui fera ! C'est retour vers le futur, mais un futur vraiment antérieur.
N’oubliez pas de dire merci au Maire ainsi qu’au grand « Conseiller éditorial » pour cette publication qui fera date ! C’est retour vers le futur, mais un futur vraiment antérieur.

La dialectique peut-elle casser des briques ?, film d’inspiration situationniste construit sur le détournement des films kung-fu chinois, posait la question au début des années 1970. On peut constater, avec la livraison du nouveau bulletin municipal au titre proprement extraordinaire « Le Montreuillois » que la dialectique de comptoir peut aboutir sur le fond et la forme à ce qu’elle provoquait dans le film : une impuissance totale pour faire tomber les bureaucrates violents au pouvoir. Il reste à espérer qu’elle ne suive pas la conclusion du film : seule la violence peut agir.

Le bimensuel, qui sera peu lu comme son prédécesseur et comme tous les bulletins municipaux de France contrairement aux études complaisantes destinées à capter de la publicité, ne provoquera certes pas un tsunami. À peine une vaguelette dans un verre. Mais tout de même !

Le titre : une révélation.

Un titre c’est important sur le fond. Le maire lui-même, c’est normal car chacun sait qu’avec son conseiller en communication ayant œuvré plusieurs mois rémunéré par la mairie… et aujourd’hui devenu prestataire privé « chargé de la conception éditoriale » rémunéré par la société de communication créatrice du nouveau produit, tient à nous l’expliquer dans son éditorial : « Le Montreuillois, vous, Madame, vous, Monsieur, vous en êtes Un. Vous êtes, et nous sommes des êtres singuliers. En même temps, des dénominateurs communs nous réunissent. Le plus grand d’entre eux tient au fait que nous sommes montreuillois ». Bigre, voilà un raisonnement à renverser les tables.

Passons sur le « vous, Madame » un féminin peu apparent dans le titre. Mais allons à l’essentiel, car c’est à cet endroit qu’il y a la révélation principale : la volonté communiste de construire un homme nouveau ne faiblit pas. Elle renaît. Bon, l’empire s’est effondré sur ses propres insuffisances, crimes et turpitudes et incapacités fondamentales. Mais… il reste Montreuil ! Et le Montreuillois est l’homme valeureux, une sorte d’Astérix de la pensée et de l’action qui va redonner vie aux espoirs d’une humanité sur la connaissance de l’autre. Le maire s’interroge (et nous interroge par la même occasion) : « Qui est ce chauffeur de bus qui, dans le matin froid, nous conduit vers nos destinations ? » Il faut avoir l’esprit singulièrement échauffé et la main chaude pour écrire cela. Vous avez bien lu, on en est là !

Ainsi, la rhétorique communiste ancienne, aux trompettes claironnantes des collectivisations, celles des moyens de production et celles des esprits, veut créer Le Montreuillois en se couvrant d’un vernis nouveau clinquant d’une reconnaissance de nos individualités distinctes. Quelle contradiction, quel contresens… quelle manipulation (petite, il est vrai) ! Qui peut penser un instant que la pensée bolchévique s’inscrit désormais dans la logique libérale de la Révolution française ? Celle de la liberté d’être, justement.

Avec l’ancien titre « Tous Montreuil », on mesurait clairement que c’était la somme de tous qui faisait cette entité vivante, plurielle, riche de ses diversités. C’est directement lisible. Là on lit qu’il va falloir en être. Pas nécessairement dans l’arbre généalogique, car il y aurait beaucoup d’exclus… Mais on sent bien qu’il y a un moule. Serait-ce celui, stakhanoviste, de l’Homme de marbre ? Avec des médailles et des discours de récompense – sans parler de la Une du journal – lorsqu’il est « conforme » aux objectifs du Plan… ou sinon, c’est la disgrâce. Et chacun de se poser les questions qui hantent : « Suis-je Montreuillois ? » ; « Est-ce que j’ai bien agi ? » ; « Suis-je assez positif pour la ville ? Pour la majorité municipale » ; « Est-ce que je ne suis pas en train de m’éloigner ? » ; « Ai-je vraiment une tête de Montreuillois ? En ai-je envie ? » Bref : « suis-je Le Montreuillois ». Un jour aurons-nous le Montreuillois des Montreuillois, le plus capé ? Pour tout dire LE Montreuillois capitale.

Tous Montreuil agrégeait. Le Montreuillois divise.

La forme : la régression

Allons vite, ne soyons pas cruel. Je sais que le Vintage est à la mode. Mais quand même, trop, c’est trop. Le rouge, la mosaïque de photos pleine face (enfin la réalité bien cadrée, enfin de ceux qui aiment vivre à Montreuil. Ceux qui n’aiment pas, pas de photos. Punis.), la police (ni voyez pas malice ») de caractères ombrée…, on n’est pas dans le tract imprimé Stencil à l’encre violette qui tâche les doigts, mais c’est un retour graphique vers le futur très, mais vraiment très, antérieur. Du moins pour la Une. Les pages intérieures se suivent sans originalité (vous avez dit « conception éditoriale » ?) et c’est toujours la logique du roman-photo à l’ancienne qui préside (Montrons « les gens », ils aiment ça, ils nous le rendront.). On ne sait plus où on est, ce qui est somme toute logique puisque le but est de faire tourner les têtes dans l’ivresse du selfie. Et go ! Tourne, tourne. Il y a bien le nouveau cahier « La vie dans nos quartiers » (écrit en capitales et ombré sur fond rouge qui vibre à faire cligner les yeux). Sauf que c’est toujours pareil, le roman photo à la manière « façades Potemkine » continue. Et sauf que ce n’est pas toujours seulement les quartiers…

Là où le casque est enfoncé le plus profond, c’est avec le carnet des sapeurs-pompiers. Je sais, tout le monde les adore et moi aussi. On ne se moque pas. Gloire à eux. Sérieusement. Je les salue donc. Mais je ne sais si Le Montreuillois les honorent efficacement avec sa colonne de page 3 qui enfilent quatre brèves dont je cite les titres : « Accident de travail : une cheville fracturée » ; « Victime d’un malaise cardiaque » ; « Accident de la route sur la A3 » ; « Feu, étincelles et arcs électriques ». En voilà de l’info ! Mais, il se prend pour qui Le Montreuillois ? Un quotidien de la PQR ? Le conseiller éditorial va faire comment avec son bimestriel (pardon, celui du maire), comment va-t-il trier les interventions des pompiers. En effet, les pompiers interviennent beaucoup. Sacré boulot de rédacteur de choisir entre un feu de poubelle et la réanimation d’une victime de crise cardiaque. Les avis d’obsèques, c’est pour quand ?

Si ce n’était qu’imbécile, on pourrait s’en tenir à se moquer. Mais, c’est pitoyable et on en reste consterné.

Une vitrine de la politique d’aujourd’hui

Les politiques ont désormais une vision de la société « à leur format ». Petit format. D’ailleurs Le Montreuillois un est petit Montreuillois. Réduit à son unité qui se voudrait l’aune de tous. On y trouve, en partie, l’explication de cette distance qui sépare les citoyens de leurs élites et de leurs élus. Elle ne cesse de produire ses pires effets. Non seulement les dirigeants et les institutions ne son plus reconnus, mais désormais les Français les rejettent. Les élus sont de gauche, leur communication étale le rouge. Ils sont écologistes, elle broute dans le vert. C’est leur identité, mais ce n’est pas celle des Français. Ni des Montreuillois. De ces citoyens qu’ils devraient, élus, représenter tous. Rouge, vert, bleu, rose, orange… Ces gesticulations de communication (car qui peut dire qu’il y avait réellement besoin, au-delà des évolutions nécessaires et courantes de tout média, d’un nouveau journal ?). Les élus ainsi amidonnés dans leur routine dépassée et leurs jeux de « Mon empreinte, maintenant je la pose partout » ne servent pas la ville. En fait, avec ces petites pensées qui tournent en rond, ils sont le plus souvent serviles. Ces guerres de tranchées enfantines ne sont là que pour être au service de leur Parti. Ceux-là même qui les ont formaté… et parfois les nourrissent directement et indirectement depuis leurs biberons d’adulte. C’est l’ère de la régression.

Personnellement j’en prends le Parti d’en rire… mais c’est un rire triste. Et je n’oublie pas que ce plaisir du maire est réalisé avec les impôts des Montreuillois.

Le Méliès de Montreuil, cinéma alternatif…

Mis à part une information sur la page facebook du Méliès, qu’il faut féliciter même si un site Internet consacré à l’action culturelle de notre cinéma ne serait pas de trop, aucun texte à en-tête officielle signé du maire et du directeur du cinéma ne fait le point sur les premières semaines d’ouverture… marquées malheureusement par de nombreux désagréments. Aucune parole politique : une fâcheuse habitude.
Mis à part une information sur la page facebook du Méliès, qu’il faut féliciter même si un site Internet consacré à l’action culturelle de notre cinéma ne serait pas de trop, aucun texte à en-tête officielle signé du maire et du directeur du cinéma ne fait le point sur les premières semaines d’ouverture… marquées malheureusement par de nombreux désagréments. Aucune parole politique : une fâcheuse habitude.

Écran noir et mort… écran couleurs de vie… ça dépend car le Méliès hoquète depuis plusieurs semaines et la quinte de toux commence à irriter les spectateurs.

Ce dimanche même, je viens de rejoindre le score de mes voisins de palier : une seule séance réussie sur trois espérées. Et, à le constater aux caisses, nous ne sommes pas les seuls à être soumis à ces décharges frustrantes. Plusieurs salles vivent des problèmes récurrents. À ma connaissance (partielle), les 2, 3 et 5 ont été et sont touchées. Les conséquences sont claires, du 9 au 14 septembre inclus, cinq films ont été annulés. Pourquoi ? C’est un vrai débat qui est ouvert. Officiellement, il s’agirait de pannes d’extracteurs de chaleur qui bloquent d’office les projecteurs pour éviter leur surchauffe. Mais on entend aussi que la compatibilité entre les projecteurs numériques et les logiciels qui les alimentent en image ne serait pas la bonne ! D’où des bugs aléatoires qui peuvent survenir à tout moment. Belle épée de Damoclès sur les nerfs des opérateurs ! Mais, comme la conversation ne manque pas d’être lancée parmi les spectateurs dont certains en sont à quelques séances ratées, d’autres sujets d’inquiétude pointent aussi : deux salles (au moins) sont d’une climatisation réfrigérante et obligent au port de la doudoune pour ne pas trembler (même en cas de film drôle) – il faudrait peut-être transférer ces climatiseurs surpuissant auprès des projecteurs surchauffés –, des infiltrations d’eau, suite à des pluies, ont été repérées dans des salles et il se dit que les locaux techniques ne seraient pas épargnés. Sans oublier la personne coincée dans l’ascenseur à la sortie d’un film, ce qui a permis toutefois de constater que le bouton d’urgence permettant de joindre l’installateur pour qu’il se déplace… n’était pas branché.

Cela fait beaucoup après plusieurs semaines de rodage sans ouverture et autant avec ouverture au public. Or le public n’est pas là pour essuyer les plâtres.

QUEL SUIVI DE CHANTIER ?

On doit s’interroger, à moins d’une semaine de l’inauguration symphonique annoncée à grands coups de cors de satisfaction, sur la qualité et l’efficacité des différents responsables : maire, élue à la culture, directeur du Méliès, direction des affaires culturelles et direction des services techniques. Aucun ne peut dire – vu les retards historiques de la construction des 6 salles ! – qu’il peut être surpris par l’ampleur des travaux. Ce qui ne les empêche pas de se prétendre professionnels jusqu’au bout des ongles sans compter qu’à les entendre, ils incarneraient dans leur pensée, leur être et quasiment leur chair, le Service Public majuscule…

UNE COMMUNICATION ABSENTE

Or, mis à part une information sur la page facebook du Méliès, qu’il faut féliciter même si un site Internet consacré à l’action culturelle de notre cinéma ne serait pas de trop, indiquant la fermeture évoquée plus haut, aucun texte à en-tête officielle signé du maire et du directeur du cinéma ne fait le point sur les premières semaines d’ouverture… marquées malheureusement par ces désagréments. Aucune parole politique.

Certes il s’agit là d’une constante puisque pour la mairie, sur tous les sujets, un seul mot d’ordre pour la communication tourne en boucle : « Tout va très bien madame la Marquise ».

Pourtant, s’il y a des problèmes techniques il y a des « responsables » en charge de les résoudre. Si ce sont les fabricants et installateurs, quels sont les contrats les obligeant à satisfaire leur charge ? Sont-ils respectés ? Si au contraire ces derniers pâtissent de précipitation ou de mauvaises définitions du cahier des charges, ce sont les élus et les services techniques qui auraient démontré leurs incompétences et mauvais choix. Avoir une communication du silence et faire du cinéma muet l’alpha et l’oméga de la responsabilité citoyenne permet de tout mélanger, de tout laisser croire… Et croit-ils probablement de se masquer.

Alors que les premiers résultats – en nombre d’entrées – laissent présager un véritable succès qui conforterait le principe et l’existence du Nouveau Méliès à 6 salles (nous y reviendrons), il est particulièrement regrettable qu’une nouvelle fois le chantier d’une grande infrastructure de la ville souffre de légèreté dans le suivi et que la communication (sans parler de leur absence) des principaux responsables soit aussi vide.

Car les personnels d’accueil, notamment aux caisses, sont les seuls à essayer – autant que faire se peut – de donner des explications. Ils sont ainsi, injustement, placés en situation de bouc-émissaire.