Jan Fabre : la vie (donc la mort) – et inversement – à Gennevilliers

Photo © Wonge Bergmann

Survivre. Mieux, vivre ! Jan Fabre est non seulement un poète, mais c’est un homme de théâtre important. Certes ses textes provoquent. Certaines de ses mises en scène aussi, mais que provoque-t-il d’autre au final que notre maladie d’habitude à ne plus voir les ressorts les plus profonds de nos êtres ? Avec le monologue Drugs kept me alive (Les drogues m’ont maintenu en vie) c’est notre passage éclair dans le monde qui illumine le plateau. Nous sommes des survivants et l’acteur Antony Rizzi, par ailleurs danseur qui fut durant 20 ans l’un des principaux danseurs et assistant de William Forsythe et nommé deux années consécutive meilleur danseur en Allemagne dans le Ballet Internationals yearly annual, en est un exceptionnel. Il ingurgite en enfilade ces ‘démangeurs’ de sang et ces envoûteurs cérébraux : les substances psychotropes et médicamenteuses pour l’ivresse de vie qu’elles procurent. « Suis-je malade ? » répète-t-il tout en se jetant dans ce magma qui le maintient en vie. A la recherche de l’extase maximum dont il sait qu’elle ne dure que quelques instants… sauf si la foi religieuse en était une. Ce dont il doute fort… Pied de nez à la mort ou plutôt pleine conscience de la vie. La phrase de fin est de l’humaniste de la Renaissance, auteur de l’Éloge de la folie, Érasme : « Notre vie est une bulle de savon ».

Au théâtre de Gennevilliers, le T2G, ce dimanche à 17h00 pour la dernière séance. Trois autres solos de Jan Fabre « L’empereur de la perle » ; «Étant donnés » ; Preparatio mortis » sont joués jusqu’au 1er décembre. Réservations : 01 41 32 26 26. www.theatre2gennevilliers.com

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