Le noir pour Lucien Freud, peintre des « coups de blanc »

Le peintre surpris par une admiratrice nue, 2004-2005.

Petit-fils du fondateur de la psychanalyse Sigmund Freud, Lucien Freud est mort avant-hier à Londres à 89 ans. Le peintre anglais, car sa famille avait fuit l’antisémitisme nazi en quittant l’Allemagne en 1934, était considéré comme un grand, sinon le plus grand peintre figuratif contemporain… ou surréaliste existentialiste ce qu’il contestait fermement. Il fut peu présenté en France. Une rétrospective au Centre Pompidou en 1987 et l’an passé, une exposition intitulée « L’atelier », lieux multiples que l’on reconnaissait et où il a peint toute sa création. En effet, même lorsqu’il représentait l’extérieur, c’était toujours vu depuis l’atelier. Qu’il s’agisse de paysages urbains ou de végétation. Le nu est très présent dans ses compositions y compris ses autoportraits : « Ce qui m’intéresse vraiment chez les gens, c’est le côté animal. C’est en partie pour cette raison que j’aime les peindre nus. Parce que je vois davantage de choses. » Sa famille, ses amis étaient souvent ses modèles : « Je veux que la peinture fonctionne comme la chair (…) Pour moi, le tableau est la personne. Je veux qu’il fonctionne comme la chair. » A cet effet, il utilisait – après avoir abandonné le dessin des formes pour privilégier les touches de couleurs dont les fameux coups de blanc à la brosse dure. La mise en scène utilisait des canapés défoncés, des lits en fer, des lavabos… Un fouillis d’objets, non rangés, qui fut un élément clé de ses créations.

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