NOTRE REGARD AVEUGLÉ PAR L’ABSENCE

big_Fin_20JL

Douze aveugles en pleine nature attendent le retour d’un prêtre qui les a guidés jusque là. Mais ce prêtre est mort parmi eux, mais ils sont perdus, ils ne le savent pas encore. Nous sommes mêlés à eux dans un brouillard intense qui ne se dissipera que lentement.

Le texte est un entrelacs de motifs simples, une partition précise de silences et de mots, de répétitions, de cris confus et de respirations. Plus qu’une scénographie, il exige la constitution d’un véritable paysage de la voix. Le metteur en scène, Daniel Jeanneteau, choisit de ne rien traiter du visible : ni costumes, ni décor, ni lumières. Son dispositif mêle public et acteurs en un groupe indifférencié. Des voix, anonymes, qui s’interpellent, s’interrogent. Qui nous interrogent. Le son, magnifique (Alain Mahé en collaboration avec l’Ircam), si dense et si clair avec notre cécité.

Extrait(s) :

La jeune aveugle.  – Je ne me suis jamais vue.

Le plus vieil aveugle. – Nous ne nous sommes jamais vus les uns les autres. Nous nous interrogeons et nous nous répondons ; nous vivons ensemble, nous sommes toujours ensemble, mais nous ne savons pas ce que nous sommes !… Nous avons beau nous toucher des deux mains ; les yeux en savent plus que les mains…

Maeterlinck (Maurice), Petite trilogie de la mort, Archive & Musée de la littérature, février 2012.

 LES AVEUGLES / MISE EN SCÈNE DANIEL JEANNETEAU. A la scène Watteau de Nogent-sur-Marne. Les vendredi 14 et samedi 15 mars. Réservation 01 48 72 94 94, du mardi au samedi de 14h00 à 19h00.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *