Philippe Awat nous charme avec sa Tempête maîtrisée

Un décor magnifique d’une vague / navire dont on ne peut échapper à l’attraction

La récompense, quand elle vient, est toujours méritée. Avec son Prospéro, Philippe Awat vit à nouveau une belle rencontre avec le public. En pleine continuité du succès obtenu avec son Roi nu, fable anti-totalitariste d’Evguéni Schwartz adaptée de trois contes d’Andersen qu’il avait su présenter avec une scénographie audacieuse et une gestion d’acteur passionnée. Ici, avec son cher Shakespeare – il a déjà monté Le Songe d’une nuit d’été, Philippe Awat se confronte à la pièce crépusculaire de l’auteur et c’est une réussite saluée par la presse et les professionnels. Ce qui, comme on sait et comme je le répète à l’envi, est essentiel pour la vie de tout spectacle (sa tournée *) et la vie même des compagnies. Celle du Feu Follet devrait affirmer avec ce succès un point d’ancrage plus fort encore.

La mise en scène propose des images, toujours fortes chez Philippe Awat, qu’on ne peut oublier et qui sont au service direct du propos. Nous assistons à une véritable tempête. Il faut dire qu’il a eu l’intelligence et a pris le risque de faire appel à Clément Debailleul et Raphaël Navaro et leur compagnie 14:20. Ces magiciens du théâtre que l’on qualifie parfois d’illusion font ici – littéralement – s’envoler Ariel. C’était bien une prise de risque qu’introduire une telle prestation dans un jeu de comédiens « classiques »  et qu’elle ne viennent pas s’ajouter uniquement comme un outil cosmétique décoratif. C’est tout simplement réussi. Philippe Awat, homme de théâtre complet, franchit aujourd’hui un pas important. Lui qui fut comédien de grands metteurs en scène (Declan Donellan, Christophe Rauck, Elisabeth Chailloux, Adel Hakim, Magali Léris, entre autres), confirme son intérêt mais surtout sa capacité à monter « les grands textes ». Quand on sait qu’il aime par ailleurs se promener dans les établissements scolaires, s’occuper de pratiques d’amateurs et faire de la formation, on se dit que son parcours est à suivre.

Et avec plaisir car l’homme, comme son théâtre, est réjouissant.

* Maison des Arts de Créteil jusqu’au 26 novembre, à 20h. Durée : 2h10. Une longue tournée suit qui passe par Châtenay-Malabry, Maubeuge, Villejuif, Cachan; Chelles, Champigny, Fontenay-aux-Roses, Colombes, Saint-Maur, Vélizy, Evry, Alfortville, Colmar, pour donner quelques indications jusqu’au printemps.

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