Télérama débordé

La culture passe à l’attaque ou ses ennemis vont-ils la carboniser ?

Etonnante publicité pour la nouvelle formule de Télérama ! Une bonne nouvelle en première impression et en accroche : « La Culture déborde ». Bon. Mais déjà, quelle est la nature de ce débordement ? Est-il bon (la culture se diffuse plus loin encore, en qualité… auprès de nouveaux publics…) ou, au contraire, avec lui la culture sort-elle de son domaine, disons pour aller vite hors de celui des Arts ?

Le visuel retenu n’éclaircit pas le propos. Avec son fusil lance-flammes on ne sait trop ce que ce guerrier noir va carboniser ? Il agira sans nul doute avec succès vu la taille de l’engin et le feu d’arrière plan dont il surgit indemne.

Enfin il y a cette signature qui donne presque un label à la confusion : « Plus de débordements sur telerama.fr ». Alors que nous vivons le temps des émotions non contenues qui noient l’information, que devons-nous comprendre ? Qu’il n’y aura plus, mais alors plus jamais… de débordements dans Télérama, c’est-à-dire que l’information sera sérieuse, recoupée, analysée et exempte de tout emportement propre à cette nouvelle information de flux qui, effectivement, nous envahie et déborde. Et que les seuls débordements permis seront ceux de la nécessaire pensée critique qui doit rester sans limite. Ou doit-on lire, à l’inverse, qu’il y aura davantage de débordements, car on peut lire la phrase ainsi, donc de dérapages non contrôlés auxquelles n’échappera plus désormais l’information culturelle ?

Je veux bien que la guerre des magazines (combat pour la survie parfois) invite à franchir des frontières nouvelles et que des mercenaires bardés de leurs uniformes blindés et de leurs sulfateuses modernes soient convoqués au but de conquérir de nouveaux lecteurs. Soit.

Mais fallait-il cette attaque frontale et surtout, quel est le sens profond du message ? La vraie réponse est probablement dans le nouveau Télérama qui nous montrera, une nouvelle fois, qu’il est effectivement un vecteur de culture. Le débordement souhaité n’est peut-être que celui de nos certitudes de lecteurs qui méritent toujours d’être bousculées. C’est toujours nécessaire et culturellement souhaitable. A lire donc, nous y sommes prêts.

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