Intervention au Conseil municipal du 24 juin 2010 / Délibération n° 13

Je voudrais vous dire ma stupéfaction face à votre proposition concernant l’accueil de la chorale de Caracas. Elle est en effet paradoxale… et inquiétante.

Pour commencer, je le dis à nouveau après Mouna Viprey, cette subvention reste surprenante par son montant. Evidemment, 14 000 euros pour une chorale d’un soir, c’est une somme non négligeable. Elle est quasi équivalente à celle, par ailleurs réduite pour cause de budget contraint, allouée à l’association Les Musicales. Association qui, elle aussi, a reçu 150 choristes, dont plus de cinquante enfants venus d’Argentine, pour un spectacle à l’église St-Pierre/St-Paul. Mais Les Musicales, avec la même somme, recevront 7 autres spectacles dans l’année. On mesure la différence.

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L’inquiétant rêve babylonien

La Tour de Babel par Pieter Bruegel l’Ancien (peintre flamand 1525-1569). On note ce fait troublant : les fondations et les couches inférieures de la tour n’ont pas été finies avant que les couches supérieures ne soient construites.

1 / La fête de la ville s’est déroulée samedi dernier sur le thème de Babel (« pour nous mener au sommet » titre, en toute simplicité, le journal municipal Tous Montreuil) ; Continue reading →

La vie libre

Ouvrage trouvé à la 28ème édition du Marché de la Poésie qui tient tentes ouvertes à tous place St-Sulpice jusqu’à dimanche soir.

Plus précisément au stand tenu par nos amis montreuillois de La Parole Errante à la  maison de l’arbre. Le centre international de création dirigé par Armand Gatti, poète, homme de théâtre, journaliste (prix Albert Londres en 1954), cinéaste… Etc. etc. serait-t-on tenté d’écrire puisque aucun de ces « métiers », où le talent éclaire toujours, ne suffit à définir l’homme.

En ce 18 juin, il faut surtout écrire : résistant. Résistant à toutes les oppressions. Et cet ouvrage  La vie de Churchill écrit avec Pierre Joffroy – que j’ai découvert sans en connaître jusqu’ici l’existence – est plus que de circonstance pour celui qui, engagé dans la Résistance dès 1942 (Armand Gatti a alors 18 ans), arrêté et condamné à mort en 1943 mais gracié à cause de son trop jeune âge… et déporté avant une évasion qui le mènera à Londres où, engagé au Special Air Service, il sera médaillé comme parachutiste.

« Voici le portrait d’un homme qui, s’il n’a pas changé la face du monde, a du moins tout fait pour qu’elle ne sombre pas sous le masque de sa propre peur. Cela suffit pour la gratitude et l’admiration. Ce ne suffirait peut-être pour l’amitié s’il n’était pas ce qu’il est : d’une densité, d’une exubérance humaines comme ce temps en fournit peu d’exemples. ».

Des hommes de cette trempe, nous en rencontrons peu dans une vie et notre époque en est particulièrement avare. En ce jour, où est célébré l’appel du Général de Gaulle qui a sauvé l’honneur de la France, y associer Sir Winston Churchill – comme leurs deux statues qui encadrent le Grand Palais des Champs-Elysées à la Seine resteront des signes de l’Histoire éternels – m’a semblé juste et important.

Nous pensons aussi à tous ceux, rares, sans qui leur combat aurait été vain. Avec notre gratitude et notre admiration. Merci M. Armand Gatti.

* Gatti (Armand) et Joffroy (Pierre), la vie de Churchill, Paris, Editions du Seuil, 1953.

PJ : à lire aussi, juste sorti des presse, ce numéro 1 des Cahiers Armand Gatti.

M… alors ?

Une vibration étonnante du M…  Signe d’une politique hésitante qui se cherche ?

J’ai découvert le nouveau logo de la ville hier dans Tous Montreuil. Et comme chacun d’entre nous, il m’invite à dire ce que j’en pense puisque ce nouveau M a vocation à représenter Montreuil, donc tous les Montreuillois.

Une première question peut se poser : fallait-il le changer ?

Un logo n’est jamais éternel et, comme les journaux changent leurs formules et leurs maquettes régulièrement, les logos de marque ou d’identité de ville évoluent ou se modifient carrément… quand c’est nécessaire.

Le choix du moment n’est pas tant lié à ce qu’il faille quitter une époque « datée » ou que le goût du jour doive imposer son dictat. Il s’agit de beaucoup plus que cela, puisque toute identité visuelle (le logo) est un « visage » qui doit inviter à découvrir plus en profondeur le corps de l’institution qu’elle représente. Le logo donne un premier sens et invite à un partage de valeurs. C’est pourquoi il ne s’agit pas d’un simple dessin, mais de la première et de la plus visible pièce d’un système de communication. Un nouveau logo indique un système de communication rénové.

Bien sûr, personne ne peut s’empêcher de se poser cette question « Est-il joli ?». Cependant, le propos doit être relativisé. Certes l’esthétique existe et un logo peut être réussi ou raté, mais on ne peut pas se laisser guider par la phrase banale mais sans fondement et dangereuse : « les opinions sur les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas… » Justement, il faut en discuter, et en premier chef avec les professionnels. Car la forme même d’un logo lui donne lisibilité. Le métier et l’art des professionnels permettent de lire directement par le dessin et cette force est bien supérieure à la commande des décideurs et plus encore aux explications a posteriori souvent signes de manque de sûreté dans le jugement.

Qu’est-ce que je ressens en découvrant le nouveau logo de Montreuil et sa présentation dans Tous Montreuil ? Un sentiment d’esquisse, de brouillon. Bref, de propositions… dont la présentation hésitante semble laisser à penser qu’il faudrait encore trier avant de faire le choix final.

En effet, si son apparence « vibrée », où se superposent quatre couleurs (jaune, rose, vert, bleu) est celle qui est privilégiée, du moins c’est ce qui apparaît en page 1 et en page 9 de Tous Montreuil (malgré la présence de quatre autres logos sans aucune vibration), ce mouvement vibrionnant n’est pas de toute première efficacité rétinienne et peut interroger sur la stabilité du cap choisi par la ville. Ses copies plus stables sont de loin supérieures.

Et c’est à cet endroit que la rhétorique des mots « explicatifs » est inutile tant le propos s’apparente à un gavage idéologique indigeste. On nous dit que cette vibration : « incarne la diversité montreuilloise toujours en mouvement. » Et puis le M symboliserait les toits d’usine (sorte de nostalgie d’un passé ancien puisque cette architecture est désormais peu représentée dans notre ville et par ailleurs peu tournée vers l’avenir), qui seraient équilibrés par le contrepoint d’une feuille naturelle tendue vers le ciel. Ce serait « la réconciliation du patrimoine industriel et de l’ambition écologique… tout en faisant un clin d’œil aux Murs à pêches. » N’en jetez plus, la musette du pique-nique argumentaire est pleine !

Car les interprétations peuvent être multiples. On peut y voir aussi la victoire de la jungle d’une nature reine commençant à prendre le dessus sur les ruines d’une industrie bannie. Un ami, particulièrement créatif, n’a pas vu la feuille mais le plumet final de la queue d’un charmant bovidé… Toujours la nature, mais ici pour chasser quelles mouches du coche ? D’autres pourraient penser à une tête de lutin malicieux, ou à une turgescence espérée.

Parlons couleurs. Leur superposition décalée leur est fatale. Chacun se souvient de ses utilisations enfantines des palettes de couleurs demandées par l’institutrice où les premiers pas de coloriste invitent à tenter le plus beau mélange de l’ensemble qui se traduit toujours par une couleur unique délicate à nommer. Par ailleurs, pourquoi trois superpositions de mélange distinctes ?

Le nombre des propositions peut surprendre aussi : 12 au total dont 7 vibrées.

En vérité, les 5 propositions en aplat et en une couleur – sans vibration – m’apparaissent les plus efficaces, car les plus simples. Mais pourquoi note-t-on ici la disparition de la couleur rose ? Enfin, j’ai du mal à mesurer l’intérêt de deux propositions de M jaunes, la première avec la base line (Montreuil.fr d’une judicieuse sobriété) en blanc et la seconde en jaune. Quelle utilité et quelle valeur ajoutée de l’une par rapport à l’autre ? Qui fera la différence ?

Je ne doute pas que ces couleurs se verront attribuées des fonctions bien précises dans un parcours de communication plus explicite. Par exemple, une couleur pourrait être distinctive pour la communication culturelle, une autre pour la communication des événements sportifs, etc. Attendons.

Au final, un fort sentiment de confusion et de dispersion alors que tout changement doit s’affirmer dans le calme, la simplicité et la stabilité. Les grands dessins, comme les grands desseins doivent être tranquilles et sûrs d’eux.

Mais je suis certain que la logique de communication trouvera tout son sens, encore flou, dans le lancement conjoint des nécessaires nouveaux outils de communication, au-delà du site Internet.

Enfin, et plus politiquement, on nous précise que le logo a été réalisé en interne. Pourquoi pas ? Ce choix n’apporte, ni n’enlève, qualité au travail rendu. Si son concepteur, doit être félicité, c’est uniquement pour son talent et non pour sa fonction. Même si la qualité et le potentiel des ressources internes de fonctionnaires sont ici révélés, et c’est ce qui doit être souligné. L’économie réalisée, un argument avancé, n’est pas primordial même si elle n’est pas négligeable : « pas de dépenses inconséquentes contrairement à ce qu’on peut entendre. » N’ayant rien entendu – et considérant par ailleurs que tout travail mérite salaire et toute action légitime justifiée mérite dépense – je ne doute pas que le montant sera un jour donné dans sa globalité. Car un logo, dès sa création, trouve vie dans sa représentation. A savoir, en-tête de papier à lettre, autocollants, enseignes municipales, véhicules, mobilier urbain, site Internet, etc.

Les plus belles couleurs vivifiantes seront alors renforcées par un budget à la transparence démocratique.