Un artiste, c’est quel prix ?

Nour par le GdRA – Photo :Vincent Muteau

L’encre est lourde… En page 3 des Echos du vendredi 28 janvier le titre se veut écrasant : « Le régime des intermittents plombe les comptes de l’Unedic. ». Plus loin, en page 16, un éditorial enfonce le clou avec cette accroche : « L’insoutenable spectacle ». Ce que ne digère pas le quotidien économique de référence appartenant à Bernard Arnault, maître labélisé LVMH de la culture du luxe, c’est le régime des intermittents du spectacle. Le luxe oui, absolument… c’est bon pour les hyper riches (il a fallu inventer cette expression pour tenter de mesurer l’importance des fortunes de la mince couche de population mondiale constituant la gentry internationale) et les dividendes des actionnaires rois. La culture beaucoup moins, car elle ne concerne que des artistes majoritairement « smicards » (au mieux parfois) qui s’adressent au grand public… et dépensent leur temps à créer et participer à des actions d’éducation artistique… jusqu’en banlieue à destination des populations les plus défavorisées. Des conteurs naïfs. Continue reading →

La ligne de vie qui transforme la Seine-Saint-Denis.

Euphorie (Le Monde), gros lot (Le Parisien), unanimité politique ! C’est un fait rarissime en politique de voir une telle responsabilité traduite en actes… Et cela fait plaisir à voir, à lire et à entendre. Quand la politique agit ainsi, sait voir loin, travaille sérieusement sur des projets, le résultat est là. Certes il faut la volonté de débattre, de penser à l’autre et de faire un choix. La politique… tout simplement. Bien sûr il y avait plusieurs scénarios pour des projets différents, bien sûr il y en avait un où Montreuil et Pantin étaient « mieux servis », mais l’intérêt général a primé. En premier lieu départemental, où l’Est de cet Est parisien qu’est la partie la plus mal desservie de la Seine-Saint-Denis devient enfin vivante par cette irrigation de transports publics. En second lieu régional avec une cohérence d’ensemble qui se retrouve dans le calendrier… et les financements. Bravo à tous les acteurs, notamment les élus du Conseil général de Seine-Saint-Denis qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour débloquer un chantier bloqué depuis des années. Ci-dessous l’article de Luc Bronner dans Le Monde en date du jour.

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Montreuil (une partie seulement) sur TF1

TF1 peut revenir… Montreuil a encore d’autres ressources

Sympa de voir Montreuil à la télé… Du moins une partie. Quelques inexactitudes : nos amis de St-Denis ne vont pas être contents d’être relégués (à tort) dans la deuxième ville du département; un focus alléchant sur les artistes et les activités culturelles (bien que des associations emblématiques (Maison populaire, etc.) et des lieux municipaux auraient pu faire partie du choix (Nouveau Théâtre de Montreuil et théâtres de la ville, etc.), zoom alléchant et évidemment incomplet qui donne envie d’en voir plus. Si une partie de la vie montreuilloise filmée est effectivement là, elle ne l’est pas toute. Car le grand manque – c’est mon regret – de ce magazine de TF1, c’est la totale absence des Montreuillois qui sont majoritaires en nombre.

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La démocratisation culturelle n’est pas en échec

 

 

Stanislas Nordey dans une pièce qui parle du théâtre dans la société

Dans une interview du Monde de ce jour, Stanislas Nordey, metteur en scène et comédien a ce propos sur la démocratisation culturelle : « Je m’inscris totalement en faux contre cette idée, très rebattue, de l’échec de la démocratisation culturelle. Sur le terrain depuis plus de vingt ans, je constate les progrès extraordinaires qui ont été accomplis. Même si on n’est pas arrivés à faire venir au théâtre les ouvriers et les paysans, la base du public s’est considérablement élargie, et les théâtres sont pleins. Le constat d’échec, absurde, ne sert bien souvent que de prétexte à supprimer des subventions. Il ne s’agit donc pas de démolir, mais de voir comment on franchit le pas suivant, dans ce mouvement historique de la décentralisation théâtrale. L’institution amène toujours, inévitablement, une forme de normalisation, voire de culture officielle : il faut remettre à plat les rapports entre financements publics et privés, la question du pouvoir, celle d’une culture – et de son économie – à double vitesse, avec des vitrines qui masquent une précarisation de plus en plus flagrante. »

 

Le moment est bien venu à l’heure où sous prétexte de passer à la… ou aux Cultures pour chacun, le débat nécessaire sur l’inscription du théâtre dans la société (par ailleurs permanente) est rouvert… paradoxalement par la faillite actuelle du ministère de la Culture et fort heureusement par les succès du théâtre dont les créations attirent de plus en plus de public.

Jusqu’au 30 janvier, Stanislas Nordey met en scène et joue seul, au Théâtre du Rond-Point, à Paris,  » La Conférence « , un texte polémique de Christophe Pellet. Une pièce qui veut parler « du milieu étriqué des métiers de la pratique théâtrale nationale, boîte suintante d’enjeux mesquins, d’incultures flemmardes, d’inanités crades. » Que le débat s’ouvre effectivement, et largement !