Histoire et histoire d’homme.

Armand Gatti lit un de ces poèmes à des élèves « Ton nom était joie », un hommage à sa mère.

Armand Gatti est un homme vrai. Et ce n’est pas si fréquent parmi les hommes. Il se trouve par ailleurs qu’il est entré dans l’Histoire. Par son théâtre, son écriture, ses mises en scènes, ses films et ses articles de journaliste où l’engagement est total et permanent. Son œuvre est d’action. Mais surtout, parce qu’Armand Gatti, dès 1941, s’engage dans le maquis où ses camarades le nommeront Donqui (Don Quichotte). Il sera fait prisonnier en 1943, condamné à mort et gracié pour son jeune âge. Il a alors 19 ans et est envoyé en Allemagne. C’est cette période qu’aborde, sur une pleine page, Le Monde daté d’hier et qui ouvre débat et certains disent polémique. En effet deux amicales d’anciens déportés, celle de Neuengamme et celle de Mauthausen, reprochent à l’auteur, médaillé à la Libération au titre d’engagé volontaire, d’avoir usurpé le statut de déporté, terme dont la définition juridique est, il est vrai, bien précise. Le terme est effectivement utilisé dans le premier des « Cahiers Armand Gatti » (2010), dans l’ouvrage « Rendez-vous avec Armand Gatti » de David Rappe (2008) et dans la biographie réalisée par Marc Kravetz (2003). Ce dernier y écrit : «  L’histoire (de Gatti) commence dans un camp de concentration, matricule 17173 à Linderman et sur les chemins de l’évasion parcourus à pied par un jeune homme qui, sans le savoir, avait retrouvé l’itinéraire d’Hölderlin. » Certes le camp de Linderman (ou Lindemann car le nom semble avoir été déformé) n’est ni celui de Neuengamme, ni celui de Mauthausen, mais il est certain qu’il ne fut pas un camp de déportés. D’ailleurs le titre du Monde est sans ambiguïté et cite Armand Gatti qui répond aux interrogations des amicales de déportés : « Je n’ai jamais été à Neuengamme ». Les associations prennent acte et la présidente de l’une d’entre elle écrit dans son bulletin : « Merci de votre parole enfin claire. Cela nous suffit ». Continue reading →

Le croisé des causes barbares

Un assassin parmi nous

Il n’est pas fou, la police le dit. Aux médecins de le confirmer. Anders Breivik, norvégien à l’apparence « de bonne famille », serait donc « comme nous »… C’est pourquoi, bien que ce blog ne soit pas destiné à produire des articles sur la politique nationale ou internationale, aujourd’hui sera parmi les exceptions. En effet comment ne pas évoquer ces gestes de tueur répétés durant une heure et demie pour choisir, viser et tuer méthodiquement. Car l’application de ce programme barbare d’élimination massive nous interroge tous. Celui qui désormais a atteint son but « je serai perçu comme le plus grand monstre (nazi) jamais connu depuis la seconde guerre mondiale » voulait, selon son avocat : « changer la société, ce qui, selon lui, nécessitait de faire la révolution. » Continue reading →

« Un » de la maison populaire passe à Cannes

Edouard Waintrop, nouveau directeur de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes

C’est la Maison populaire qui va être contente ! Edouard Waintrop vient d’être nommé au poste de délégué général de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes. En effet, celui qui fut journaliste culture à Libération durant vingt-six ans et qui tient toujours son blog – le bien nommé Cinoque – a été durant quelques années le Monsieur cinéma de la Maison populaire de Montreuil. A l’époque, il ne fallait pas chercher un confort particulier des sièges, mais la programmation et les débats qui suivaient ont grandement participé à forger un premier public important de cinéphiles. On le retrouve dans les salles du Méliès dont les écrans animés par Stéphane Goudet ont pris le relais avec le succès que l’on sait. Félicitations donc à ce « Montreuillois de passage » qui, par ailleurs, anima durant quatre ans le festival international de films de Fribourg, avant de prendre cette année la direction des salles de cinéma du Grütli à Genève. Bon vent cannois… et, espérons le.. peut-être prochainement à Montreuil.

Le noir pour Lucien Freud, peintre des « coups de blanc »

Le peintre surpris par une admiratrice nue, 2004-2005.

Petit-fils du fondateur de la psychanalyse Sigmund Freud, Lucien Freud est mort avant-hier à Londres à 89 ans. Le peintre anglais, car sa famille avait fuit l’antisémitisme nazi en quittant l’Allemagne en 1934, était considéré comme un grand, sinon le plus grand peintre figuratif contemporain… ou surréaliste existentialiste ce qu’il contestait fermement. Il fut peu présenté en France. Une rétrospective au Centre Pompidou en 1987 et l’an passé, une exposition intitulée « L’atelier », lieux multiples que l’on reconnaissait et où il a peint toute sa création. En effet, même lorsqu’il représentait l’extérieur, c’était toujours vu depuis l’atelier. Qu’il s’agisse de paysages urbains ou de végétation. Le nu est très présent dans ses compositions y compris ses autoportraits : « Ce qui m’intéresse vraiment chez les gens, c’est le côté animal. C’est en partie pour cette raison que j’aime les peindre nus. Parce que je vois davantage de choses. » Sa famille, ses amis étaient souvent ses modèles : « Je veux que la peinture fonctionne comme la chair (…) Pour moi, le tableau est la personne. Je veux qu’il fonctionne comme la chair. » A cet effet, il utilisait – après avoir abandonné le dessin des formes pour privilégier les touches de couleurs dont les fameux coups de blanc à la brosse dure. La mise en scène utilisait des canapés défoncés, des lits en fer, des lavabos… Un fouillis d’objets, non rangés, qui fut un élément clé de ses créations.