« Uccellacci e uccellini », les lunes blafardes et livides de nos espoirs

Pasolini film   « Uccellacci e uccellini », les lunes blafardes et livides de nos espoirs   culture    Daniel Chaize
Le culte progrès et la religion visités par des héros marxistes et sacrilèges

A la fin du spectacle, Félicie Fabre me précise « C’est du Pasolini revu par Luciano ». Entendre son compagnon Luciano Travaglino avec qui elle a fondé le théâtre de La Girandole qu’ils dirigent ensemble. Le texte tiré du film « Des oiseaux petits et gros » (titre français) est effectivement « librement inspiré » comme indiqué sur le programme, mais le metteur en scène et acteur ne pouvait trahir l’auteur et essayiste qui fut membre du Parti communiste italien (PCI) et réalisateur du « l’Evangile selon Matthieu », autre film qui déclencha tant de polémiques. Homme de théâtre italien bien campé sur ses terres originelles dont il connaît les richesses, les douleurs et les rêves, Luciano Travaglino ne pouvait être éloigné du film de Pierre Paolo Pasolini qui parle de la crise politique interne du Parti communiste italien et du marxisme « idéocomique ». Par ailleurs, acteur aux ressources de jeu quasi-clownesques étonnantes, il ne pouvait que respecter Toto, le comique le plus célèbre et vénéré comme une icône en Italie, alors qu’il joue le rôle tenu par lui dans le film de 1965. Mais c’est un autre volatile qui a le rôle central : un corbeau. Oiseau de bon et de mauvais augure qui a le don de parler, il interrogent les deux autres personnages principaux – un père et son fils – et se jouant de leur ignorance leur demande de devenir prophètes. Le corbeau politisé vient du pays de l’idéologie dont « la capitale est Karl Marx » et il est nourri de l’époque de Vatican II, ce concile œcuménique qui se voulait un tournant de l’Eglise vers un caractère plus social. Jean-Pierre Léonardini, hommes de lettres, critique de théâtre (parmi les plus reconnus et probablement le meilleur d’entre eux) et donc acteur endosse le rôle avec un bonheur aussi rayonnant que grave. Il transformera les deux bougres en moine et moinillon afin qu’ils prêchent les oiseaux… Le catholicisme de Saint-François et le communisme seront aussi inefficaces l’un que l’autre. Les religions ne seront finalement d’aucun secours. Car si les faucons et les moineaux – du moins certains d’entre eux – sont attentifs et convertis, en revanche ils continuent de se dévorer entre eux. Continue reading →

Ruée libre pour l’Art, place de la République. Paris, samedi 29 à 14h30

Rassemblement Arts de la rue 300x203   Ruée libre pour l’Art, place de la République. Paris, samedi 29 à 14h30   culture    Daniel ChaizeDepuis hier, plusieurs dizaines de compagnies des « Arts de la Rue » convergent Paris en convois et en plusieurs étapes. Durant les arrêts et selon les convois : signatures de l’Appel pour une politique culturelle réinventée, débats citoyens, actions symboliques, installation de campements artistiques, rencontres avec les élus… Bref une dynamique démontrant que « L’Art est une arme de construction massive.» A l’origine, les fédérations régionales des arts de la rue, mais la manifestation est volontairement ouverte à tous les citoyens, organisations, syndicats, collectifs qui pensent que l’art est un enjeu de société.

Le 29 octobre, à Paris, deux actions symboliques fortes.

Le matin  : Une délégation d’une trentaine de personne se rend aux sièges des principaux partis politiques, dont les membres des Fédérations régionales et nationale, des partenaires et des journalistes, ira à la rencontre des représentants des sièges de campagne de différents partis politiques (Europe Écologie – Les Verts, Front de Gauche, PS, Modem, UMP, EELV) afin de présenter l’Appel pour une politique culturelle réinventée aux candidats à l’élection présidentielle ainsi que les différentes contributions glanées durant la convergence.

L’après-midi : Les convois se rassembleront à 14h30, Place de la République à Paris, afin d’être visibles au cours d’une grande action artistique collective et politique. Cette place constituera le point de rencontre entre les artistes et le public afin de montrer que plus que jamais L’ART EST PUBLIC. Tous les convoyeurs auront apporté avec eux une chaise, objet qui constituera la matière première à la construction d’un acte éphémère, artistique et politique. 
Le public est invité à apporter une chaise pour participer à cette action symbolique.

Ruée Libre, évènement fraternel, fantasque, vigoureux, inventif et partagé démontre que la culture constitue est bel et bien le ciment de nos sociétés.

Un nouvel « outil » pour la jeunesse de Montreuil

SMJ Déf 300x266   Un nouvel outil pour la jeunesse de Montreuil   politique    Daniel ChaizeInauguration samedi dernier des nouveaux locaux du Service Municipal de la Jeunesse (on dit simplement SMJ). Beau bâtiment, belle rénovation, bureaux clairs et, enfin regroupés, les responsables et animateurs si essentiels pour le soutien culturel, mais aussi d’aide à la recherche de travail, et on pourrait dire d’accompagnement et de reconnaissance. Le Bureau d’Information Jeunesse (BIJ) est aussi dans les murs. En un mot : une réussite. SMJ… je suis toujours partagé sur la dénomination, DE la jeunesse, POUR la jeunesse, PAR la jeunesse, qu’est-ce qui caractérise le mieux le quotidien de ces rencontres essentielles ? Qu’importe dès l’instant où chacun s’y sent bien, accueilli et soutenu. Une fête donc ! La fanfare des Beaux-Arts de Paris, une fresque murale imposante et fraiche ainsi qu’une peinture dans l’escalier menant à l’étage du jeune artiste de Chelles, Jordane Kone de l’association Le manifeste coloré. Une projection de documentaires vidéo sur l’activité du SMJ filmés depuis un an par Vincent Delbos, de Chelles aussi, membre du collectif Toile Blanche. Enfin, un montreuillois auteur-compositeur-interprète, Kévin Soel. Le SMJ n’est pas sectaire… il a raison. Nul doute que ces nouveaux murs accueilleront bientôt des œuvres créées par des jeunes de notre ville et qu’il sera le lieu de nouvelles fêtes où tous s’y retrouveront. A noter : le SMJ ne donne pas directement sur la rue Franklin… ce n’est pas une raison pour hésiter. En deux pas on découvre une belle cour. Signalétique à venir.

27ème édition du Salon du livre et de la presse jeunesse du Conseil général de la Seine-Saint-Denis

Emmanuel Constant 300x200   27ème édition du Salon du livre et de la presse jeunesse du Conseil général de la Seine Saint Denis   politique culture    Daniel Chaize
Emmanuel Constant, Vice-Président chargé de la culture au Conseil général de la Seine-Saint-Denis présentant le salon le 27 septembre dernier au beau théâtre Monfort de Paris.

Hier soir, au Conseil municipal de Montreuil, j’ai eu le plaisir de voter la délibération concernant la subvention exceptionnelle de 100 000 euros pour le salon du Livre et de la Presse jeunesse. Avec mes amis du Groupe RSM (Renouveau Socialiste Montreuillois)… mais aussi, et c’est très important de noter cette belle unanimité, avec tous les élus présents. Cette 27ème édition du salon du Conseil général se tenant à Montreuil, elle sera de nouveau un moment culturel important pour notre ville. Durant son ouverture, du 30 novembre au 5 décembre, mais aussi tout au long de l’année 2012. En effet, au-delà de cet événement d’une semaine au rayonnement international, les bibliothèques et établissements scolaires du département, donc de Montreuil aussi, reçoivent au fil des semaines les animations multiples permettant aux jeunes lecteurs de découvrir « leurs » livres. Une activité permanente sur l’année. Pour 2011, le salon a fait véritablement peau neuve, et nous aurons l’occasion d’y revenir. Evoquons néanmoins rapidement les nouveautés : ouverture de l’Ecole du livre de jeunesse ; création d’un Marché international et professionnel de l’image ; création des « Pépites littéraires »… Une année qui voit en conséquence la reconnaissance du salon s’élargir encore permettant de gagner de nouveaux partenaires, par exemple des médias, des syndicats professionnels ou des fondations. Mais, naturellement, ce sont les financements publics qui restent essentiels et qui sont les plus importants. En premier lieu, celui du Conseil général de Seine-Saint-Denis puisqu’il s’agit de son salon. Et Montreuil, enfin à la hauteur des retombées culturelles dont la ville bénéficie. Ci-après les chiffres dans le détail des plus importants financeurs : Conseil général : 1,6 millions d’€uros, soit 77 % ; Etat : 300 000 €uros ; Ville (Montreuil) : 100 000 €uros ; Région : 80 000 €uros.