Marque-pages en stock et pépites à gogo à Montreuil

Fête de la lecture jusqu’à lundi !

Vous l’aviez déjà noté sur vos agendas… et le jour est venu, c’est demain le moment du grand départ. Le 27ème salon du Livre et de la Jeunesse en Seine-Saint-Denis ouvre ses portes à Montreuil avec une inauguration à 18h30.  Les habitués le savent, mais il est bon de le préciser, le salon n’est pas une simple foire aux livres. Cet événement, qui doit tout aux finances publiques * et à l’excellent travail d’une équipe de talent, est un événement culturel. C’est à ce titre que son rayonnement est devenu international, et c’est pourquoi au détour des allées, on découvre ici une mise en scène, là des comédiens, plus loin des chanteurs… On se trouve entraîné dans un parcours de lectures où l’on rencontre des éditeurs, des auteurs… et d’autres lecteurs. Tous avides de découverte et bavards de partage immédiat de leurs coups de coeur. Les « pôles » sont des points de repère utiles pour ceux qui préfèrent tenir un cap bien précis plutôt que de vagabonder au hasard des surprises. Ils sont au nombre de sept : ados, BD, théâtre, numérique, art, cinéma d’animation, presse. Cette année sera celle d’une « Escale Mexique », ce pays que nous aurions pu fêter plus grandement en France s’il n’y avait eu cette décision coup-de-tête de notre Président qui s’est immiscé maladroitement dans les affaires intérieures mexicaines au point d’en froisser les autorités et choquer les Mexicains. Au plus grand détriment d’une cause humanitaire juste et d’une cause judiciaire à défendre au titre du respect des Droits de l’Homme. Ni les Mexicains, ni Florence Cassez ** n’y ont malheureusement gagné. Ni les Français qui ne pourront découvrir que des bribes de culture du Mexique sauvées par des acteurs culturels tenaces et conscients de leur responsabilité, comme ici avec cette heureuse escale du soleil qui réunira huit artistes dont les œuvres emplissent un univers métaphorique, où mythologie et histoire contemporaine se côtoient. Continue reading →

De la délibération d’orientation budgétaire au jeu de piste des chiffres

Une présentation qui a donné le tournis

Comment osciller entre des propositions « programmatiques » au contenu le plus vague et des chiffres contradictoires dont les écarts sont tout « simplement » de quelques millions d’euros ? C’est l’exercice étonnant réalisé par la majorité municipale lors de la dernière réunion du Conseil municipal de Montreuil. Déroutant et inquiétant.

Ci-dessous l’article du Groupe du Renouveau socialiste montreuillois (RSM) publié sur le site www.elus-rsm.net

Lors du Conseil municipal du 17 novembre, le début de la soirée fut consacré au « débat d’orientations budgétaires », c’est-à-dire à la manière dont la majorité envisage l’année 2012 et les politiques qu’elle compte mettre en place au regard de ses prévisions. Ce texte ne fait pas l’objet d’un vote, mais d’une discussion où chacun (majorité, minorités, opposition) confronte son point de vue à partir de la présentation faite par la maire et son équipe. Continue reading →

Philippe Awat nous charme avec sa Tempête maîtrisée

Un décor magnifique d’une vague / navire dont on ne peut échapper à l’attraction

La récompense, quand elle vient, est toujours méritée. Avec son Prospéro, Philippe Awat vit à nouveau une belle rencontre avec le public. En pleine continuité du succès obtenu avec son Roi nu, fable anti-totalitariste d’Evguéni Schwartz adaptée de trois contes d’Andersen qu’il avait su présenter avec une scénographie audacieuse et une gestion d’acteur passionnée. Ici, avec son cher Shakespeare – il a déjà monté Le Songe d’une nuit d’été, Philippe Awat se confronte à la pièce crépusculaire de l’auteur et c’est une réussite saluée par la presse et les professionnels. Ce qui, comme on sait et comme je le répète à l’envi, est essentiel pour la vie de tout spectacle (sa tournée *) et la vie même des compagnies. Celle du Feu Follet devrait affirmer avec ce succès un point d’ancrage plus fort encore.

La mise en scène propose des images, toujours fortes chez Philippe Awat, qu’on ne peut oublier et qui sont au service direct du propos. Nous assistons à une véritable tempête. Il faut dire qu’il a eu l’intelligence et a pris le risque de faire appel à Clément Debailleul et Raphaël Navaro et leur compagnie 14:20. Ces magiciens du théâtre que l’on qualifie parfois d’illusion font ici – littéralement – s’envoler Ariel. C’était bien une prise de risque qu’introduire une telle prestation dans un jeu de comédiens « classiques »  et qu’elle ne viennent pas s’ajouter uniquement comme un outil cosmétique décoratif. C’est tout simplement réussi.  Continue reading →

Quand un acteur vous emporte : Dick Roofthoof

Photo : Lise Prinsen

Il est des acteurs qui brûlent les planches et illuminent les regards et les consciences. A jamais. Si chacun peut avoir sa propre idée « des grands et très grands » artistes, composant ainsi des listes qui n’ont que peu de valeur – et c’est bien sûr mon cas – il reste que certains entrent dans la reconnaissance universelle, avec celle de première importance provenant de leurs pairs. Choisir des noms c’est vite tomber dans l’émotionnel (et pourquoi pas d’ailleurs…) et glisser dans l’injuste et l’oubli tant, rapidement, on a envie d’en saluer de nouveaux… de ne pas oublier ceux qui « à leur époque », etc.

Pourtant je sacrifie ici à l’exercice, toute maladresse assumée. Je veux parler  de Dirk Roofthooft, acteur belge né à Anvers. Je l’ai vu pour la troisième fois *, hier soir, au Théâtre national de Chaillot, dans ce qui est nommé avec une si belle humilité et grande justesse comme une « dramaturgie de texte, jeu. » Accompagné par Kris Deefoort, pianiste belge lui-aussi, ayant fait ses classes à New-York avec le Lionel Hampton Big Band (avec Dizzy Gillespie en invité), il a présenté Les concerts Brodsky,* * choix de textes lus et chantés du poète américain, d’origine russe (condamné en 1965 en URSS pour cause de « parasitisme social ») et prix Nobel de littérature en 1987, Joseph Brodsky.

La finesse de jeu, des gestes esquissés par un simple mouvement de doigts comme on tente de l’apprécier dans la danse indienne, des sifflements ou des chuchotements aux rugissements, Dirk Roofthooft possède son art à faire vibrer le plateau, rire et pleurer le public. Simplement, sans cabotinage aucun (alors qu’il est une grande vedette de cinéma et de télévision aussi, et nous savons que parfois le succès peut gâter les meilleurs). Faire naître aussi ces silences sans pesanteur, avec au contraire cette légèreté qui permet à la réflexion de s’installer suffisamment pour que l’on puisse y revenir plus tard, seul, chez soi… Continue reading →