Le PLU de Montreuil… un avenir de la ville partagée à reconstruire

En 2011, j’ai voté le PLU, comme mes amis de RSM (Renouveau socialiste de Montreuil). Et si – même en l’état – il était à nouveau proposé au vote, je le voterai. J’avais même eu le plaisir de le présenter en Conseil municipal au nom de Manuel Martinez, en congé maladie de quelques jours, lui qui fut un de ses instigateur puisqu’à l’époque de sa conception il était adjoint en charge de l’urbanisme. Et malgré le fait que nous avions été exclu de la majorité pour avoir refusé la hausse des impôts locaux, notre conclusion était la suivante :  » Comme toujours, nous refusons de mentir aux Montreuillois ou d’adopter une posture politicienne. L’outil réglementaire est bon… la qualité des outils opérationnels, de leur pilotage devra être suivi avec une très grande attention. Nous y veillerons. » Le fait est : le pilotage n’a pas été à la hauteur de l’outil.

En effet, après son annulation par le Tribunal Administratif de Montreuil, il est aujourd’hui caduque pour des raisons de gestion et suivi politique. L’absurde de la situation est double comme il est noté dans l’article de RSM au lien ci-dessous : le manque de transparence et de débat, logique permanente de la gestion des dossiers par la majorité municipale… et plus étonnant un manque de garanties pour la préservation des Murs-à-pêches ! Pour une majorité écologiste, cela fait désordre et nous avions, en temps voulu, alerté la maire sur ce point précis.

Le Tribunal a tranché et il faut prendre acte. Il n’empêche que les sottises sont nombreuses à être répétées à propos du PLU. Ce plan local d’urbanisme a en effet remplacé un POS (plan d’occupation des sols) obsolète car devenu un frein au développement urbanistique équilibré de la ville. Des élus vont jusqu’à dire et écrire que le PLU est l’outil de la « bétonisation » de la ville ! En oubliant que sous l’ancien POS des quartiers entiers et majeurs de la ville ont vu fleurir des bâtiments de bureaux qui encadrent des artères et des rues sans vie, cassant ainsi ce vivre ensemble si particulier et si attachant de notre ville. Les mêmes oublient que dans leur programme ils promettaient la construction de 4.000 logements alors qu’à la fin du mandat le PLU actuel aura permis la construction, si l’on peut dire seulement, de 3.000 logements dont une proportion obligatoire d’au moins 25 % de logements sociaux. Avec 1.000 de plus, il n’y aurait pas eu d’utilisation de béton ? Quant aux projets en construction à l’heure actuelle, chacun pourra certes avoir son opinion sur l’esthétique des bâtiments, mais il ne faut pas être grand clerc pour dire qu’ils seront, dans leur qualité globale, de loin supérieurs aux plus récents du POS… tant les années sont passées et les normes de qualité, notamment environnementales, sont devenues plus exigeantes.

Les recours contre le PLU ont pointé des dysfonctionnements et un manque de débat entre la majorité et les montreuillois. Nous n’avons eu et n’avons encore de cesse de le répéter. C’est bien, c’est juste. Mais nombre de ceux qui s’en réjouissent aujourd’hui le font de la plus mauvaise manière. Ils n’ont pas seulement dénoncé le PLU pour ses dysfonctionnement, il s’en servent pour une attaque « idéologique » en lui prêtant – à tort et de manière particulièrement intentionnée – tous les maux qui furent, pour beaucoup, les leurs. Le PLU a une vision positive et progressiste de la ville, l’ancien POS dont certains aimeraient qu’ils soient de nouveau la norme, reste archaïque et porteur d’une vision passéiste du développement urbain.

Article du groupe RSM – www.montreuil-autrement.fr/le-p-l-u-nest-plus-et-apres/

L’accrochage avec accrocs de Paul Signac à Montreuil

 

Le rêve utopique de Paul Signac vandalisé à l'Hôtel de ville de Montreuil
Le rêve utopique de Paul Signac vandalisé à l’Hôtel de ville de Montreuil

 

L’harmonie ne se voit pas plus sur la toile qu’elle ne flotte au sein de la mairie de Montreuil à quelques jours de la convocation de Dominique Voynet devant le juge des référés du tribunal administratif de Paris pour justifier la présence dans l’Hôtel de ville, du tableau Au temps d’harmonie de Paul Signac. On sait qu’il fut vandalisé et endommagé, plus qu’il ne fut reconnu par la ville, lors du réveillon 2012 et qu’il est depuis en cours d’une restauration dont on ne sait… rien. Sur ce sujet comme tant d’autres, et malgré les demandes de conseillers municipaux, l’adjoint à la culture et la maire restant totalement silencieux. L’article du quotidien Libération daté du 12 juillet (présent sur ma page facebook) nous révèle aussi le refus de discussion avec la famille du peintre comme avec le directeur du musée d’Orsay. Il semble donc bien se confirmer là une réelle ligne de conduite de notre premier édile !

Sur ce blog, le 9 janvier 2012 (article disponible), j’écrivais « A l’évidence le système de sécurité avait une faille cette nuit-là. L’analyse dira s’il s’agit d’un manque d’anticipation de protection d’un patrimoine dont l’importance aurait été sous-estimée ou d’un débordement lié aux états de fin de soirée, pourtant prévisibles, puisque l’on sait ce sont les moments où les « agitations » diverses se concentrent (…) La ville devra assurer la remise en l’état, ou du moins ce qu’il en paraîtra possible selon les experts qui devront être dépêchés. Espérons que l’assureur sera en mesure de jouer son rôle au vu des conditions de la détérioration et du contrat en cours. La restauration d’une œuvre estimée en millions d’euros est toujours coûteuse. » Je concluais en invitant à un travail éducatif sur l’œuvre du peintre : « On pourrait imaginer une action d’éducation artistique dans les écoles, collèges et lycées de la ville autour de l’œuvre de Paul Signac et de sa personnalité forte, lui qui était au cœur des engagements de son époque. Il s’agirait aussi de souligner le respect dû aux œuvres et aux maîtres. A notre histoire. Une action qui se ferait naturellement sous la gouverne des enseignants et la direction des établissements. »

Par ce dernier point, je ne faisais que prolonger la demande d’un examen que j’avais demandé à la Direction des Affaires Culturelles de Montreuil lorsque j’étais adjoint à la Culture* dont le but était de permettre l’accrochage des œuvres des artistes Montreuillois régulièrement achetées par la ville dans des lieux publics tels que les lycées, collèges, écoles, maisons de retraite, centres de santé municipaux, etc. Travail qui ne me semble pas avoir été prolongé… Je rappelle ce fait, car le débat concernant l’opportunité pour la ville de Montreuil de conserver en ses murs le tableau Au temps d’harmonie interroge sur une question de fond : une ville comme Montreuil a-t-elle les moyens, peut-elle et doit-elle conserver un patrimoine d’une telle importance ? Pour y répondre, selon moi, il faut prolonger le propos avec cette question : à quelle fin ?

Dans le débat (ou plutôt le manque de débat) actuel, la Direction Régionale des Affaires Culturelles de l’Ile-de-France (DRAC) est « sensible à un maintien sur place » et c’est logique si l’on considère le souci légitime de faire partager toute œuvre avec son public de proximité. Oui, mais dans quelle condition ? Montreuil, à proprement parler, hormis cette œuvre majeure qui provient d’un don de l’artiste au caractère politique de première importance, n’a pas de fonds ni en peinture, ni en sculpture. De plus la ville n’a pas d’espace public d’exposition permanente ouvert à un large public. L’escalier de la mairie ne peut en faire office et l’Hôtel de ville n’est pas un musée.

Je n’évoque pas ici la légitimité de Montreuil à « posséder » cette toile et ne veut pas entrer dans les débats juridiques ouverts autour des dons aux communes. Je m’interroge plutôt sur le « droit du public » à rencontrer cette œuvre.

Il se trouve que le musée d’Orsay a ouvert une nouvelle salle pour les œuvres grand format du peintre. Il ne serait pas choquant que la plus grande toile de Paul Signac y trouve sa place. Montreuil y perdrait-elle la sienne ? Il ne le faut pas. Est-ce possible ? Je le crois. C’est pourquoi, après évidemment que les principaux intéressés aient pris langue, on peut imaginer que la volonté du peintre et celle de la ville de Montreuil qui a hébergé la toile pendant trois quart de siècle soient clairement exposé au public.  Il y avait acte politique dans ce don du peintre à Montreuil puisqu’il s’agissait de l’exposer dans le premier bâtiment municipal. Ce tableau est désormais porteur de cette histoire commune. Ce tableau est désormais porteur de cette histoire commune. Heureusement, les moyens sont nombreux pour en faire communication. En effet, Orsay n’est pas si loin de Montreuil qu’on ne puisse trouver moyen, là encore les professionnels de la médiation culturelle ne manquent pas, de donner une place particulière et « privilégiée » aux Montreuillois, notamment pour le jeune public. Cette réflexion me semble devoir être engagée. Car, pour l’instant, je ne connais rien des moyens engagés pour la bonne restauration et m’interroge sur ceux d’une future bonne exposition locale en toute sécurité. Or, compte-tenu de la fragilité de l’œuvre, cette sécurité est désormais essentielle. Libération parle de « querelle entre la DRAC et Orsay », je pense qu’elle peut être rapidement dépassée si l’attention est d’abord portée à l’œuvre et à sa valorisation pour le public.

* Je fus démis de cette fonction d’adjoint par la maire après avoir refusé, comme quatre autres adjoints de la sensibilité « Renouveau Socialiste Montreuillois » (RSM), l’augmentation des impôts locaux.