Impression confirmée : le temps n’est plus à l’harmonie à Montreuil

Le plus grand tableau de Paul Signac, à Montreuil ou à Orsay ?

Le 14 juillet dernier, sur ce même blog, j’écrivais : « L’harmonie ne se voit pas plus sur la toile qu’elle ne flotte au sein de la mairie de Montreuil à quelques jours de la convocation de Dominique Voynet devant le juge des référés du tribunal administratif de Paris pour justifier la présence dans l’Hôtel de ville, du tableau Au temps d’harmonie de Paul Signac. » Hier le journal le Monde annonçait : « La famille du peintre Paul Signac (1863-1935) a assigné en justice la municipalité de Montreuil pour faire transférer au Musée d’Orsay une grande toile de l’artiste, exposée dans la mairie depuis les années 1930 et vandalisée en décembre 2011. Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris va devoir notamment se pencher sur les conditions de conservation et de sécurité de cette immense toile baptisée Au temps d’harmonie, placée en dépôt à Montreuil en 1938 et visible dans l’escalier d’honneur de la mairie. » De son côté, le Musée d’Orsay approuve la démarche de Mme Liebert, se disant prêt « à financer une copie afin de pouvoir mettre la toile à l’abri. » Je ne peux donc aujourd’hui que répéter ce que j’avais écrit : « Il se trouve que le musée d’Orsay a ouvert une nouvelle salle pour les œuvres grand format du peintre. Il ne serait pas choquant que la plus grande toile de Paul Signac y trouve sa place. Montreuil y perdrait-elle la sienne ? Il ne le faut pas. Est-ce possible ? Je le crois. C’est pourquoi, après évidemment que les principaux intéressés aient pris langue, on peut imaginer que la volonté du peintre et celle de la ville de Montreuil qui a hébergé la toile pendant trois quart de siècle soient clairement exposé au public. Il y avait acte politique dans ce don du peintre à Montreuil puisqu’il s’agissait de l’exposer dans le premier bâtiment municipal. Ce tableau est désormais porteur de cette histoire commune. Heureusement, les moyens sont nombreux pour en faire communication. En effet, Orsay n’est pas si loin de Montreuil qu’on ne puisse trouver moyen, là encore les professionnels de la médiation culturelle ne manquent pas, de donner une place particulière et « privilégiée » aux Montreuillois, notamment pour le jeune public. Cette réflexion me semble devoir être engagée. » Certes, j’aie bien conscience que l’on trouve, à la fin de mon propos, un mot qui peut paraître incongru dans la situation actuelle : « réflexion ». En effet, on sait qu’il ne trouve pas toujours sa place – c’est le moins que l’on puisse dire – dans les nombreuses actions marquées par la précipitation et l’improvisation désormais signe de fabrique de la majorité municipale. Mais il ne faut jamais désespérer, et je ne désespère jamais – surtout en politique – … le meilleur peut aussi arriver. Mais cela ne passera pas des attitudes de « coq » et des attitudes de défense patrimoniale bloquées et renfermées. Deux questions légitimes restent légitimement posées et méritent débat : 1 / le tableau est-il désormais dans une situation de grande sécurité ? 2 / le tableau, dans sa situation actuelle, va-t-il bénéficier d’une action culturelle locale et régionale ouverte davantage au grand public ? Une véritable concertation sur le sujet, quelle qu’en soit sa forme, est la seule manière de résoudre cette situation… au-delà de la décision de justice rendue, mais en tenant compte de son contenu.

Un PLU qui en cache un autre

Jeudi soir, la maire a proposé en conseil municipal extraordinaire de faire voter, à nouveau, le PLU (Plan Local d’Urbanisme) puisque le premier avait été annulé par le Tribunal administratif en juin dernier. En vérité, si pourtant administrativement ce fut bien ce qui s’est passé, c’est d’un tout autre sens de l’acronyme PLU qu’il fut, selon moi, question. En l’occurrence, le débat a principalement tourné et les votes se sont orientés sur la Politique Largement Usée de la majorité municipale. Certes encore PLU, mais au féminin et avec une histoire devenue fatigante, usante, éreintante même. Car l’annulation du Tribunal administratif n’a en rien porté sur le fond, mais sur des questions de formes… par ailleurs essentielles et soulevées à maintes reprises par le Groupe RSM et d’autres groupes de l’opposition sur une pratique politique de la majorité en totale contradiction avec ses promesses et propos et révélatrice d’errances en de nombreux domaines. Je note à nouveau ici la conclusion de notre intervention lors de l’adoption du PLU en 2011 : « Comme toujours, nous refusons de mentir aux Montreuillois ou d’adopter une posture politicienne. L’outil réglementaire est bon… la qualité des outils opérationnels, de leur pilotage devra être suivi avec une très grande attention. Nous y veillerons. » Nous l’avions voté à l’époque et nous avons répété jeudi encore que sa construction, contrairement à ce pensent, disent ou déforment pour certains membres de l’opposition au Conseil municipal, qu’il était une avancée positive par rapport à l’ancien POS (Plan d’Occupation des Sols). Mais cette fois, le groupe RSM s’est abstenu et le groupe PS qui s’était abstenu en 2011 a voté contre. Fondamentalement pourtant, je crois que l’avis de chacun n’a pas changé…  mais que Continue reading →

Mémoire électronique d’outre-tombe

La vie sort de tombe et casse les codes

Le code QR* est dessiné sur une tombe, sur un plot agrémentant la dalle. Ainsi, avec un smartphone dans la poche, chaque visiteur peut au cimetière revivre la vie des morts par un simple clic bien orienté. Les morts les plus connus ou plus anonymes, comme vous et moi, enfin pour plus tard…  Si vous le souhaitez, votre voix pourra passer au-delà de l’au-delà et tout téléphone portable nouvelle génération pourra être votre porte-parole. Imaginez ! Se raconter à tous les promeneurs chercheurs d’histoires dans ces lieux de repos éternel à qui l’on pourra offrir photos, textes audio et vidéos en tout genre… J’irai plus loin que la société danoise qui propose le service pour une centaine d’euros, il faudrait gérer, comme service en complément, un parc d’écrans plats géants afin qu’entre les tombes surgissent la couleur et le son HD afin d’égayer ces lieux franchement mortels. Par exemple, partager son facebook en boucle, pas mal non ? Ou encore la première communion ou les repas de familles du dimanche avec tata, tonton (et Pif et Hercule pour certains). Mieux ! L’enterrement de sa vie de garçon et sa nuit de noces. C’est trop ? D’accord. De toute façon, il y a tant et tant d’images drôles ou poignantes : les premiers pas hésitants, les chutes de vélo, les premières brasses à la piscine avec la bouée canard, son entretien de licenciement et ses attentes à Pôle emploi… La vie quoi ! Et pourquoi pas – car on peut en rire – son propre enterrement ? Quelle joyeuse cacophonie à en réveiller les morts, mêmes les plus endurcis à le vie calme et éternelle. Et puis, qui sait, il y a certainement un moyen de se faire une petite retraite ad vitam dont le versement aura été, par testament, dirigé vers ses descendants. Comment ? Par la publicité, car c’est bien le but de cette idée dingue de danois.

* Le code QR est un type de code-barres en deux dimensions (ou code matriciel datamatrix) constitué de modules noirs disposés dans un carré à fond blanc. En anglais, QR est l’abréviation de Quick Response, signifiant que le contenu du code peut être décodé rapidement.

Dieu reconnaîtra les siens

Les églises Saint-Louis-des-Français et Saint-Augustin à Rome

Les églises Saint-Louis-des-Français et Saint-Augustin ne sont distantes que de quelques petites centaines de mètres. Tout près de la piazza Navona. Mais, à Rome, chaque pas vaut des siècles. Et à cette vitesse tous les esprits ne suivent pas. Mêmes les plus saints. Ces deux églises ont un point commun : elles présentent des œuvres de Caravage, celui-là même qui allait projeter de son vivant la peinture dans un autre siècle. Si une femme correctement vêtue – de noir, c’est dire ! – peut entrer épaules dénudées et bronzées, admirer la Vocation de Saint-Matthieu, Saint-Matthieu et l’ange, le Martyre de Saint-Matthieu dans une chapelle de la première, elle sera promptement chassée et ne pourra pas admirer un quatrième chef-d’œuvre la Madone des Pèlerins dans la seconde. La raison ? Un cerbère veille. Sacrément et avec force voix ! A en faire trembler l’autel mais pas ses certitudes. Ici, c’est clair, pas d’épaules à la vue de tous. Même en dehors des messes (ce que l’on peut comprendre… et d’ailleurs accepter). Et le stentor de clamer que c’est un lieu de culte « comme Notre-Dame de Paris. » Passons sur le fait qu’à Paris, justement parce que nous sommes dans un pays laïc, il n’y a pas ce type d’hypocrisie, mais surtout notons deux points essentiels. Le premier, selon ce raisonnement, implique que Dieu n’est pas respecté à Saint-Louis-des-Français… et en bien d’autres églises de Rome ! Mais cela, le garde de sécurité badgé comme tel, ne l’entend pas. A sa manière, fidèle, il est l’intégriste du devoir payé qu’il est pour chasser toute image qui lui semble être impie. Même si pour ce faire son bras n’est pas loin de porter la foudre physique sur qui veut dialoguer et insister… Pour sa défense, l’homme qui ne voit Dieu qu’en son église de labeur est soumis à une rude besogne tant les femmes, y compris se signant devant l’autel avant qu’il surgisse, sont nombreuses à être ainsi « dénudées ». Pour ce garde simplement mortel comme nous tous, ce doit être autant de provocations et de douleurs continues. Et c’est là où un second point est intéressant, il s’agit bien de son regard sur les femmes, du moins celui de la religion telle qu’il l’entend. En effet, ferait-il de même avec un Marlon Brando et son Marcel tout droit sorti du film « Un tramway nommé désir » (je sais le titre est mal choisi) ? Et si demain, ce ne sont pas les joueurs de football qui vendent leurs maillots à la jeunesse, Continue reading →