Propreté à Montreuil : de la guéguerre à la Guerre ! A quand la victoire ?

Déjà 10 jours de souffrance et un week-end à venir…

Je saisis la coïncidence. Coïncidence plutôt qu’actualité tant l’encombrement durable des trottoirs de Montreuil par des objets « encombrants » est permanent dans le paysage urbain. Depuis le mercredi 17 octobre trône ce canapé… devant mon domicile. Chacun comprend ici que je ne personnalise pas le débat et que c’est uniquement par facilité que je retiens cet exemple parmi d’autres car je pourrais multiplier les images d’occupation des sols publics par des déchets privés. Pour dire vrai, en cette époque de civilité abîmée, je ne puis dire si le dépôt de ce vieux meuble relève de la copropriété… ou d’un dépôt « externe ». Sauvage, de toute façon, il l’est ! Je dois vous dire aussi que je me suis « saisi » du sujet. Pas seul d’ailleurs !

Nous sommes le samedi 27 octobre, soit 10 jours après que sa présence ait été constatée… et il siège encore aux yeux de tous. Le canapé est pourtant signalé aux autorités engagées dans « La bataille pour la propreté », comme le titre « Tous Montreuil » notre magazine municipal. En effet, dès le mardi 23, un voisin téléphonait au service d’enlèvement de la Communauté d’agglomération Est-Ensemble – le très sollicité 0 805 055 055 ! – et je faisais de même le jeudi suivant.

Hasard du calendrier, ce même 25 octobre, la maire Dominique Voynet distribuait un courrier dans les boîtes aux lettres de tous les Montreuillois pour « répondre à vos souhaits de voir s’améliorer la propreté de nos rues ». Un sujet à propos duquel elle se dit alors – on se doit d’écrire enfin ! – « particulièrement attentive. »

Elle poursuit « il nous faut passer à la vitesse supérieure, comme le font les autres villes concernées par ce fléau. » Effectivement, il est grand temps de se mettre au diapason des meilleurs ! Et d’annoncer « une présence et une mobilisation pour la propreté de nos rues 7 jours sur 7, sur des plages horaires étendues. » A l’évidence, après avoir expliqué durant des mois – pour se défausser – que la responsabilité de la propreté incombait à Est-Ensemble, ce qui administrativement et opérationnellement est vrai, Montreuil comprend enfin que son obligation d’action n’est pas moins grande et doit être pleinement engagée. Notons l’avancée grâce à … ce positif repli stratégique et électoral sur une ligne de vérité.

Nous quittons donc la Guerre des Gaules où les tribus et leurs chefs ne faisaient pas unité. Bien ! Mais comme la réactivité des troupes de nettoyeurs ne semble pas encore de mise, espérons que nous n’entrons pas dans une Guerre de cent ans avant la victoire finale.

Dernière alarme MPO ! AOC garantis…

MPO. Montreuil-Portes-Ouvertes ! Encore une demi-journée, la der de l’année. Ne pas râler si vous ratez le coche… C’est encore plus que possible, plus que recommandé. C’est l’heure de l’alarme pour les durs de la feuille de papier triste.

D’ailleurs, sinon, on va parler de quoi demain ? Du PSG ? De l’OM ? Trop banal non ? Ce qu’il nous faut, c’est du MPO, c’est de l’AOC (Artistes d’Origine Contrôlée)… mais attention, pas des chauvins, des mesquins, des fermés du bulbe. Non, des passionnés de  l’ouverture avec cerveau pleinement ouvert.

Bref du Montreuil comme on aime !

A Montreuil, une Faille qui ouvre la brèche

Au Nouveau Théâtre de Montreuil – Réservations : 01 48 70 48 90

D’une certaine manière Mathieu Bauer… était attendu. Il s’agissait avec sa pièce Une faille de sa première mise en scène en tant que directeur du Nouveau Théâtre de Montreuil (CDN – Centre Dramatique National). D’autant que, s’étant lancé dans un nouveau genre – le feuilleton théâtral – nous attendions  les premiers épisodes de sa série à l’esthétique télévisuelle avec une interrogation : de quel ovni va-t-il s’agir ? La saison 1 de Haut-bas-fragile (épisodes 1 à 4) est magnifique. A la manière d’une téléréalité, on voit se mettre en place des personnages qui se révèlent peu à peu, séquence après séquence. Et c’est peu dire qu’ils sont de notre temps, de notre lieu et qu’ils font histoire. C’est sans aucun doute du théâtre.

De notre temps car il y a là une médecin énergique mariée à un banquier sans scrupule, un père ancien critique de cinéma et toujours donneur de leçons, provocateur de solitudes qui fuit son fils jusqu’à se réfugier dans une maison de retraite, un promoteur asthmatique qui laisse filer le béton pour ne pas laisser filer l’argent, une jeune policière reine du jogging mais qui perd son souffle lors des moments d’angoisse et un jeune roi de la débrouille qui fait mieux que tous pour un vivre ensemble qui lui sauve la vie et la mise.

De notre lieu, car la pièce se passe à Montreuil et d’ailleurs, face à l’événement dramatique qui se déroule, des vrais Montreuillois sont sur scène pour jouer le public témoin de la catastrophe qui s’y joue. Ils ne font pas que regarder, il tentent d’aider, il voudraient être solidaires, citoyens actifs, mais il sont aussi repoussés par les pompiers experts et attentifs. Chacun sa place. Il y a aussi, à Montreuil comme ailleurs – car Montreuil n’est que ville témoin et prétexte – les politiques, en l’occurrence le maire et un directeur de cabinet. Les deux s’agitent sur leurs téléphones portables, cherchent leurs mots, ces mots qui protègent et valorisent. Mais ce n’est pas simple, la réalité ne s’écrit pas toujours avec les mots des manuels de Com’. Il y faut du cœur, mais il est où le cœur ?

Tous les personnages font histoire, car une imbrication lente construit le scénario, avec des révélations dignes de la téléréalité, mais elles tissent des liens nouveaux entre eux, ceux de leurs rapports connus ou invisibles. Certains liens tissés à l’insu de leur plein gré, mais désormais pleine face. L’effondrement d’un bâtiment sur une maison de retraite enferme en fait plusieurs de nous-mêmes sous les gravats de notre société. Quelques blocs en équilibre instable, des tiges de fer chancelantes pour s’accrocher un temps encore à un cadre que l’on veut solide, un fil d’air et une communication radio avec la vie du haut où les pompiers rassurent les enfermés « du dessous ». C’est l’univers de notre proximité commune qui est dessiné. Chacun se débat, se défend, prend peur de ses faiblesses du moment et de ses actes passés, essaie de maquiller son rôle, cherche la défausse, pleure et rit aussi. Sauve qui peut la vie. On rit souvent. De nous-mêmes, de ces paroles convenues de pantin qui surgissent d’un dialogue écrit par une sociologue-auteure. La mise en scène s’appuie sur une scénographie solide et une utilisation judicieuse de la vidéo qui, comme la musique, est là quand il faut et pas davantage. Salle pleine qui ne connaîtra pas la fin dans le bruit final… car Une Faille n’a fait qu’ouvrir la brèche et chacun mesure qu’elle va s’élargir. On attend les épisodes de décembre avec un peu d’inquiétude, mais surtout d’impatience.

Horaires : Lundi, vendredi, samedi à 20h30, mardi jeudi à 19h30.
Relâche : mercredi – Grande salle Jean-Pierre Vernant