La couronne de Lear, le bon conte de l’héritage tragique

On se la raconte si souvent l’histoire ! En fait, nous aimons tous cela… raconter des histoires. Voire on n’hésite guère à refaire l’Histoire avec un grand H, avec nos mots et nos maux. En s’adressant au spectateur et aussi au grand William Shakespeare, pour lequel – par déférence et respect – il faut parler l’anglais dans « la langue de… », Philippe Dormoy et sa compagnie Nomad ont présenté au Théâtre Berthelot, « Lear, conte à rebours », mis en scène avec justesse par Hassane Kouyaté.

Nous voilà donc face à l’histoire du roi qui n’a pas su – ou voulu – reconnaître dans la liberté d’une de ses filles une preuve de vie et d’amour. C’est peu dire que Philippe Dormoy nous emmène sur des chemins où se croisent, c’est une habitude chez Shakespeare, de drôles de personnages. Avec au centre : le conteur. Une place éminente qui lui est fortement contestée d’autant qu’il n’hésite pas à évoquer des épisodes de sa vie, des membres de sa famille. Ils sont nombreux, dont le fou du roi, à refuser cette confiscation et cette promotion et visent aussi à raconter leur épopée selon leurs vues. Autant de conteurs et autant de contes… Alors il y a des raccourcis, des points oubliés, des thèmes et personnages effacés ou mis en avant… mais la tragédie du King est là. Celle du pouvoir. Et la leçon de vie du roi trahi demeure, l’aveuglement mène à la solitude absolue.

Que nous disent les séries TV ? Réponses au Théâtre de Montreuil…

Les séries télé seront-elles le cinéma de demain ? Mathieu Bauer les a déjà propulsées sur le devant de la scène théâtrale avec sa pièce « Une faille », voir article sur ce blog en date du 5 octobre. Demain, 11 novembre, il nous invite à une après-midi de réflexion, de découverte, d’avant-première et même à une master class ! C’est un partenariat du Nouveau Théâtre de Montreuil, d’Arte et de France-Culture. C’est toute l’après-midi. Comment haïr les dimanches ?

Une poésie photographique au millimètre

Los novios de la falsa luna (Les Amoureux de la fausse lune) 1967 – Manuel Álvarez Bravo           Épreuve gélatino-argentique tardive. Collection Colette Urbajtel / Archivo Manuel Álvarez Bravo, s.c. © Colette Urbajtel / Archivo Manuel Álvarez Bravo, s.c.

Manuel Álvarez Bravo a vécu 100 ans (1902-2002) ans et le Jeu de Paume, dans le cadre du Mois de la photo 2012 de Paris, nous offre 150 de ses images. Ses corps gisants réduits parfois à des enveloppes de drap comme les sculptures de Maurizio Cattelan, ses cadrages de villes, chantiers, échafaudages, qui évoquent les films de Michelangelo Antonioni pour qui chaque centimètre carré de l’écran était essentiel révèlent une œuvre à la poésie particulière. Durant huit décennies Manuel Álvarez Bravo aura approché avec le même talent le surréalisme, le minimalisme et le rapport étroit entre la photographie et le cinéma pour lequel il fera de passionnantes expérimentations dont on peut voir quelques exemples dans l’exposition.

Manuel Álvarez Bravo. Un photographe aux aguets.

DU 16 OCTOBRE 2012 AU 20 JANVIER 2013

Musée du Jeu de Paume – 1 place de la Concorde, 75008 Paris.

Ouverture : Mardi de 11h à 21h. Du mercredi au dimanche, de 11h à 19h.

Fermeture le lundi, y compris les jours fériés. Tél. 01 47 03 12 50