Méliès de Montreuil. Halte aux rumeurs ! La municipalité ne peut s’ériger en Procureur.

Mesdames, Messieurs, chers collègues, madame la Maire,

Par cette intervention, notre groupe RSM (Renouveau Socialiste à Montreuil) veut vous inviter, Madame la maire ainsi que votre majorité municipale, à un profond ressaisissement afin que la maîtrise républicaine reprenne ses droits sur le sujet qui nous occupe. Votre invitation à la mesure, on peut la comprendre et même la soutenir, mais le ton même que vous choisissez peut laisser craindre que vous souhaitez faire planer une menace sur l’expression des élus.

Je dis sujet car il n’y a pas une « affaire », pas plus qu’il n’y aurait une caisse noire ou parallèle au Méliès.

Je veux insister sur l’importance des mots, car c’est par eux que la dérive des rumeurs commence. Soyons précis.

La billetterie du Méliès est simple. Chaque année 180.000 spectateurs ont un ticket d’entrée qui provient d’une imprimante programmée selon les règles du CNC (Centre National du Cinéma). Non seulement le titre du film y est inscrit, mais l’électronique permet – en temps réel – de définir la rémunération de tous les ayants droit, salle, distributeur, producteur. Ce sont des séances commerciales car les films ont un numéro de visa d’exploitation CNC.

Mais, pour au maximum 20 séances par an, dont certaines commandées par la ville, soit environ seulement 600 personnes, cette billetterie ne peut fonctionner car il s’agit de films n’ayant pas ce numéro d’exploitation permettant d’entrer dans le logiciel de la billetterie classique. Le CNC lui-même indique qu’elle n’est pas opérationnelle pour ces séances « non commerciales ». Tout cinéma qui a l’ambition de faire découvrir de jeunes réalisateurs est obligé d’ouvrir une billetterie adaptée à cette situation de flou juridique et comptable. D’où l’existence d’une seconde comptabilité.

Ces billets « non commerciaux » relèvent de la collectivité – de la ville donc – puisque le Méliès est un cinéma municipal et les règles de la comptabilité publique doivent s’appliquer. Il est donc impératif de savoir comment les sommes ainsi reçues sont versées à ce que j’appellerai pour bien me faire comprendre « les ayants droit légitimes du cinéma ».

Pour notre part, nous ne défendrons jamais des maladresses de gestion, toutefois faudrait-il prouver que ces ajustements ne sont pas courants dans la profession. Si c’était le cas, ce n’est pas l’équipe du Méliès qui doit en pâtir mais un changement législatif ou réglementaire qui doit être adapté.

A l’inverse, mettant en doute les informations données sur ce point par l’équipe du cinéma vous avez déclenché une enquête administrative, saisi le Procureur de la République, porté plainte contre X et suspendu trois membres de l’équipe. Une manière d’agir surprenante et quelque peu brutale vis-à-vis d’une équipe dont les réussites sont encore vantées par un éditorial, le premier du genre à être signé par le maire-adjoint à la culture, présent dans le programme en cours du Méliès.

A ce stade, seuls les résultats de l’enquête nous importent.

C’est pourquoi il est inadmissible d’accuser « a priori »… les personnes soupçonnées étant, du moins je l’espère dans l’esprit de tous, présumées innocentes jusqu’à ce que la justice fasse valoir son point de vue.

Or qu’entendons-nous, que lisons-nous de la part de la majorité ? L’inverse ! De la part d’élus et de fonctionnaires pourtant tenus par le devoir de réserve.

Je n’en nommerai aucun, la délation n’étant pas de ma constitution, mais néanmoins quelques citations. A noter que, le climat étant à ce point délétère, qu’elles sont livrées parfois sous le ton de la confidence bienveillante du « bien-informé », chuchotées presque.

Ainsi ces fameux 18.000 euros, plusieurs de vos collègues madame la Maire n’hésitaient pas à en faire une preuve accablante puisque la somme est effectivement importante. Certains élus de votre majorité n’hésitant pas à ajouter « c’est même beaucoup plus ! ». Patatras, le quotidien qui avait imprimé cette somme avait fait une coquille et l’a d’ailleurs corrigée pour ses lecteurs. Aujourd’hui même, madame Voynet, vous évoquez plusieurs centaines d’euros et ce soir plusieurs milliers d’euros. L’arithmétique politique de votre majorité est décidément bien changeante !

Lors de la conférence des présidents préparatoire à notre séance Continue reading →

Écran noir sur la démocratie au Méliès de Montreuil

Hier soir, pas de fête, mais mobilisation de Renc’Art au Méliès devant les portes fermées du cinéma.

Hier soir, l’association Renc’Art au Méliès devait fêter ses dix ans de soutien et d’action pour le cinéma municipal. La projection du film « Aujourd’hui » en présence de son réalisateur Alain Gomis devait symboliser son action culturelle par une de ses constantes : la rencontre du public montreuillois avec les professionnels du 7ème Art. Ce ne put être le cas car la maire, Dominique Voynet, a jugé dans un courrier adressé à la présidente de Renc’Art au Méliès que, récemment, auraient été tenus par des membres de l’association des propos jugés inappropriés à l’encontre du personnel municipal. En quelque sorte une mesure coercitive suite à « un délit d’expression ». Avec de tels arguments, la démocratie n’est pas à la fête ! En conséquence, les adhérents de Renc’Art au Méliès ne pouvaient accéder à la salle et honorer le cinéma.  Belle politique culturelle… celle qui craint le débat ! Qui plus est, un heureux « hasard » de dernière minute a, au sens premier du verbe, « fermé » les portes du Méliès puisqu’un « problème » technique a empêché, non seulement la fête et l’expression de l’association, mais aussi la projection. Double peine donc ! Pas de fête, pas de film. Espérons que les techniciens pourront permettre un rétablissement pour ce mercredi jour de sortie des nouveaux titres. En revanche on ne peut être que particulièrement inquiets quant à la réparation des esprits anti-démocratiques et à celle des dégâts une nouvelle fois causés à l’encontre du cinéma municipal. Comment dit-on déjà ? Pitoyable.