Métro et tramway de retard pour NKM, AH et DV

Métro

Lu dans Le Canard Enchainé, ce papier où l’on voit NKM et AH déchaînées. En cette période estivale et même de canicule elles ont oublié de mettre le chapeau de protection et prudence minimale et il y a surchauffe d’idées pour le programme des municipales à Paris. Résultat, des idées minces et début d’ivresse, voire de delirium tremens. NKM veut installer des « boites de nuit et des restos branchés » dans les dix stations de métro inutilisées gisantes sous les pavés de la capitale. Branchées sur l’électricité, il  le faudra pour cet éclair de génie qui a certainement pour but de foudroyer la concurrence. Une compétitrice qui ne peut pas être en reste et qui, en réponse aux idées souterraines lance une idée flottante ou plus exactement sur les ponts. Il s’agirait d’y construire des habitations (on imagine de logement social pour partie). Comme Venise et son Rialto ou Florence avec son Ponte Vecchio… Paris aurait ses ponts Hidalgo ! Je ne sais ce qu’adviendrait le classement au patrimoine Unesco qui honore les berges de la Seine… En réalité les penseurs de ces initiatives programmatiques imaginent probablement gagner ainsi, avec ces « idées d’avance », le ticket de la mairie de Paris. En fait, ils ont des métros de retard sur le ras-le-bol des citoyens las de voir lancer ces fusées éclairantes censées masquer le manque de fond des propositions politiques. Tiens, à propos de métro, une autre candidate à la mairie, de Montreuil cette fois, se fait remarquer. Dominique Voynet a en effet une vision très optimiste de la date d’arrivée du tramway T1, une vision nommée désir assez loin de la réalité (voir article sur ELIRE.MONTREUIL.FR). On attends que la politique se remette sur de bons rails, car ce n’est pas avec ce type de futur que nous rêverons d’avenir.

Réné Féret, trente ans d’indépendance et une œuvre cinématographique

Réné Féret © Photo Marco Castro / Agent Mel pour "Le Monde"
Réné Féret © Photo Marco Castro / Agent Mel pour « Le Monde »

Un très bel article pleine page de Jacques Mandelbaum dans Le Monde du 19 août sur René Féret cinéaste dont le film Le prochain film est sur les écrans depuis hier. Création et indépendance tracent une ligne de vie depuis trente ans pour ce réalisateur, peu connu, mais qui « a son public » et de fortes chances de l’élargir avec sa dernière production. De la chance, il en a eu aussi mais il s’est surtout plongé dans la création, ce liquide brulant qui court dans ses veines comme elle courrait dans celles du grand John Cassavetes qui l’a engueulé pour qu’il n’abandonne jamais sa voie. Extraits (article en lien sur ma page facebook) : « Il en sort, et s’en sort en abandonnant la carrière d’acteur, « trop dangereuse », pour la réalisation. « L’asile a été mon école de cinéma, et la réalisation une sorte de thérapie. La création a pris chez moi la place de la folie », dit-il sans détour. Sa voie est fixée, aussi bien en termes de sujet (les liens familiaux, la quête d’identité) que de méthode (l’autosuffisance). On trouve tout cela, plus un coup de pouce du destin, dès son premier film, Histoire de Paul, réalisé en 1975 à l’âge de 30 ans d’après son expérience asilaire. René Féret, conteur naturel, raconte cela très bien : « J’avais un désir de film, mais pas un sou. L’avance sur recettes avait dit non. Là, coup de bol. Je croise Nicolas Philibert et son cousin, qui venait d’hériter de sa grand-mère une somme équivalant à 10 000 euros. A cette époque, on affectait de mépriser l’argent. Il me dit qu’il ne sait pas quoi en faire. Je saute évidemment sur l’occasion, en lui promettant de lui rembourser 12 000 dans un an. Il accepte, le film se fait pour cette somme, il reçoit le prix Jean Vigo, suscite un article enthousiaste de Michel Foucault dans les colonnes du Monde, fait plus de 50 000 entrées, obtient l’avance sur le film terminé, qui me rapporte 30 000 euros. Comme c’était un film pirate, j’ai dû créer ma société de production pour recevoir cet argent. Tout cela était miraculeux pour moi, et j’ai compris d’emblée qu’il fallait que je reste dans cette indépendance. »

Le parcours ardent du gamin de Jón Kalman Stefánsson continue

 

Le coeur de l'homme

Le gamin poursuit sa traversée du pays, sa traversée de la vie. Avec le troisième roman de sa trilogie Jón Kalman Stefánsson révèlent que notre cœur se divise en deux parties. Laquelle suivre pour vivre pleinement. Faut-il en tuer un lorsqu’une rousse incandescente illumine la neige qui vous glace le sang ? Extrait : « À travers la pluie, la neige et la bouillie glacée, il fait huit degrés, déclare Steinum, qui a déjà noté l’information dans le registre météorologique qu’elle tient depuis dix-huit ans, où elle consigne la force et la direction du vent, la température de l’air, la quantité et la forme des nuages, l’état de la mer, ces réalités dont nous avons tant besoin et dont nous nous servons pour expliquer le monde, supporter l’existence, ces données brutes et plates et qui n’expliquent rien (…) » La suite, comme vous savez, dans Chemins de lecture sur www.daniel-chaize.com (rubrique à cliquer juste sous le 9)

Stefánsson (Jón Kalman), Le cœur de l’homme, Éditions Gallimard, décembre 2012

Puzzle aérien…

Capture d’écran 2013-08-19 à 08.39.17

Le  magnifique film du toujours excellent Douglas Sirk « La ronde de l’aube » (1957) m’a donné envie de relire quelques lignes de Pylône de William Faulkner sur la base duquel le scénario a été adapté. Une phrase : « Tandis que d’une main, elle libérait le bas de sa jupe de la corde de sûreté qui la fixait entre ses jambes à la manière d’un short, il s’aperçut qu’elle s’attaquait avec un aveugle acharnement non pas à la courroie qu’il avait au travers de ses cuisses, mais à la braguette de son pantalon, et que, sous sa jupe, elle n’avait pas de culotte (…) ». Je l’ajoute avec la suite du paragraphe à ma collection Chemins de lecture sur www.daniel-chaize.com (rubrique juste sous le 9 du logo). Et autre pièce de ce puzzle du jour, une photo prise au dernier Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace du Bourget, le Super-Constellation/Lockheed-L-1049F, à mes yeux le plus bel avion de ligne jamais dessiné… et produit.

Faulkner (William), Pylône, Éditions Folio, février 1984