« Oswald de nuit » plane sur Montreuil

 

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A Montreuil… mais seulement 4 jours. C’est tout prêt et c’est court. Oui, mais c’est très bon. Du détonnant comme toujours au Centre de création et d’expérimentation théâtrales dirigé par Urszula Mikos et Olivier Cohen. Création et expérimentation… il y a tant d’endroits où il en manque !

11, rue Bara. Réservations : 01 74 21 74 22

Texte : Samuel GALLETMise en scène : Samuel GALLET et Jean-Philippe ALBIZZATI

Conception : Samuel GALLET, Mélissa ACCHIARDI, Baptiste TANNÉ
Création lumière : Adèle GRÉPINET
Avec : Mélissa ACCHIARDI, Baptiste TANNÉ, Jean-Philippe ALBIZZATI, Samuel GALLET
Oswald de Nuit est édité aux éditions Espaces 34
Production Comité 8.1, SPEDIDAM

 

 

La passion de Montreuil

Vraiment très intéressant article d’Hélène Bekmezian dans Le Monde daté du vendredi 18 octobre (Lire sur ma page facebook ouverte à tous publics). Notamment sur l’éclairage qu’il donne sur la situation de la gauche politique montreuilloise à moins de six mois de l’élection municipale. Sous le titre « Don Bartolone » qui interroge sur la place toujours importante du président de l’Assemblée nationale dans le département de la Seine-Saint-Denis et au cœur des jeux d’appareils politiques. Les quatre candidats y sont présentés : Dominique Voynet, la maire sortante, Jean-Pierre Brard, le maire déjà sorti, Razzy Hammadi « le candidat à la candidature » et Mouna Viprey qui veut « aller jusqu’au bout ». Il est noté que la première « essuie de lourdes critiques » (c’est bien le moins), que le deuxième « part en reconquête » après 24 ans de mandat alors que concernant le troisième, candidat à la candidature non encore désigné… on comprend bien que sa volonté d’autonomie relève d’une velléité (volonté faible et qui reste sans effet – Littré, septembre 2007), puisque Christophe Borgel, secrétaire national aux élections au PS, insiste « À Montreuil, il n’est pas sûr qu’il y ait une candidature socialiste » et évoque plutôt une alliance avec Dominique Voynet. Trois candidats qui vont tous devoir composer avec les appareils politiques pour lesquels l’enjeu local de la vie des Montreuillois n’apparaît pas ici comme l’élément essentiel. En ce qui concerne Mouna Viprey, sa constance et son engagement continu invite à la qualifier de « pasionaria » locale. La passion de Montreuil, oui ! Et il serait bien qu’elle soit partagée le plus grand nombre.

Elle s’en va… mais reste longtemps avec nous

Elle s'en va

Catherine Deneuve est magnifique dans le film d’Emmanuelle Bercot. Délaissée d’amour par un amant lâche comme les femmes le savent mais aiment néanmoins, par sa fuite sur les routes de Bretagne elle nous emmène à la rencontre d’errants de la vie attachants et dignes. Car dans Elle s’en va *, il n’est pas un personnage – le plus sordide ou bestial (jusqu’à pousser le cri du cochon par exemple) soit-il dans ses comportements – qui ne soit toujours présenté avec une rare humanité. Emmanuelle Bercot met d’abord en valeur la beauté de chacun et, dans tous les cas, n’enfonce jamais un « personnage » avec des jugements hâtifs que les êtres qui ne font que se croiser profèrent parfois un peu vite. Veuf paysan qui ne s’est jamais marié pour tenir le serment fait à son amour de jeunesse trop vite disparu, femmes seules recherchant un peu de chaleur dans une boîte de nuit glauque à souhaits, fille oubliée au mari lui-aussi parti ainsi que son beau-père bougon, ronchon et désabusé de beaucoup sinon de tout… tous dégagent une part de tendresse qui surgit comme une révélation. Aucun n’a perdu la vie même si la vie ne les a pas tous récompensé. D’ailleurs la vie, la vraie, l’emporte au final sur une activité humaine qui devrait, en principe, la placer au plus haut : la politique. Elle est ici montrée à sa juste place avec de justes mots. Et le juste temps nécessaire lui est accordé. Car même en une journée décisive d’élection, dans le film, elle aussi… s’en va alors que s’ouvrent à nouveau des espoirs perdus.

* À Montreuil, au cinéma Le Méliès jusqu’au 15 octobre.