Claude Levêque illumine le château d’eau de Montreuil

Installation « Wagon » 2011. © Photo Fabrice Seixas
Installation « Wagon » 2011. © Photo Fabrice Seixas

 

Étonnant clin d’œil, dans le dernier compte-rendu de Tous Montreuil, consacré au dernier conseil municipal de la mandature, les dernières lignes sont consacrées… à une de mes interventions ! Étonnant, car depuis que j’ai été exclu de mon poste d’adjoint à la culture en 2010 pour avoir refusé, avec neuf autres de mes collègues de RSM (Renouveau Socialiste Montreuil), à une augmentation des impôts locaux contraire à nos engagements électoraux, la présence de notre groupe politique dans les colonnes du journal municipal était rare. Une fois j’y ai même lu un extrait de mon intervention résumée… en un seul mot. Ici, il ne s’agit pas seulement de sourire, car le sujet était d’importance pour notre groupe : la création, dans le quartier Bel-Air du haut-Montreuil d’une œuvre du grand artiste montreuillois Claude Lévêque intitulée « Modern Dance ». Des anneaux de lumière imaginés et conçus par l’artiste à la renommée internationale qui a représenté la France, en 2009, à la Biennale de Venise, pour faire du château d’eau emblématique du quartier une monumentale oeuvre d’art. Le groupe RSM, par ma voix, a été heureux de soutenir cette heureuse initiative et était un peu triste et désemparé de voir de nombreux élus de l’opposition ne pas approuver cette reconnaissance d’un artiste majeur qui, pour sa ville, fait don de sa création installée dans un quartier populaire. Pour nous, être de l’opposition, fût-ce clairement et parfois avec vigueur, ne doit pas empêcher de voter ce qui est bon pour la ville. Extrait du journal municipal n°110 : « Au-delà de la renommée internationale de l’artiste, Daniel Chaize (RSM) salue au travers de cette acquisition la potentialité d’ouverture pédagogique : « il y a des choses que l’on ne peut pas rater quand on préside une ville comme la nôtre. Au-delà de son talent et de sa renommée internationale, Claude Lévêque est un artiste qui dialogue et intervient dans les écoles. Il a une qualité pédagogique. C’est quelqu’un de très attaché au partage de son œuvre et des arts. Ce n’est pas seulement quelque chose qui va « clignoter » dans l’un de nos quartiers. C’est quelque chose qui va engendrer des échanges qui valent bien plus qu’un simple événement. » Je peux ici préciser que je reprenais les termes de « quelque chose » et « clignoter » d’interventions précédentes de certains de mes collègues de l’opposition qui m’avaient un peu choqué… pour ne pas dire franchement irrité. En préambule, j’avais aussi indiqué que je ne connaissais pas personnellement, à regrets, M. Claude Lévêque mais que j’avais été bouleversé, à Avignon en l’an 2000, par son installation « J’AI RÉVÉ D’UN AUTRE MONDE » où néon, brouillard et bande sonore avaient trouvé place dans la magnifique Collection Lambert. Lorsque j’étais adjoint à la culture (2008 – 2010), j’ai toujours essayé de défendre la création et les artistes. C’est un préalable pour moi à toute politique culturelle qui doit leur permettre, au mieux qu’il est possible, d’accomplir leur travail, d’aider à la révélation de leurs talents, et de faire en sorte qu’ils rencontrent le public le plus large. En votant pour l’installation de « Modern Dance », je suis heureux que RSM ait une nouvelle fois montré son engagement en ce sens. Pour finir, Wikipedia propose cette citation de Claude Lévêque. J’espère qu’elle est réelle. La voici comme conclusion, car elle me plait bien : « Je pense que l’art contemporain peut provoquer un espace différent de redécouverte des choses, indépendant des obligations de consommation dictées par des médias avilissants, des politiciens corrompus et des marchands de jeux, de pavillons ou de bagnoles. »