Brontosaures, éléphants, madeleines… les goûts différents du passé.

Si nul censé ne peut contester l'expérience des plus âgés... nul non plus ne peut refuser celle des plus jeunes. Or ces derniers sont quasiment absents de ce tableau. Et pire encore, les vieux s'accrochent après plusieurs mandats et maroquins... De très mauvais points pour penser l'avenir et construire le futur... en panne depuis leurs "belles années" de pouvoir.
Si nul censé ne peut contester l’expérience des plus âgés… nul non plus ne peut refuser celle des plus jeunes. Or ces derniers sont quasiment absents de ce tableau. Et pire encore, les vieux s’accrochent après plusieurs mandats et maroquins… De très mauvais points pour penser l’avenir et construire le futur… en panne depuis leurs « belles années » de pouvoir.

Lundi 24 novembre – La madeleine d’avenir. Le repreneur de l’entreprise de biscuiterie Jeannette relance la production des fameuses madeleines dès février prochain. Donc en mars, un petit geste pour le printemps, on se souvient de sa madeleine et on en achète ! En effet, les 100 000 euros recueillies pour la relance depuis le 10 septembre auprès de 2.076 donateurs… ne seront pas suffisants. En juin, s’il parvient à récolter 600.000 euros supplémentaires auprès des banques. – donc si la vente est bonne – l’entreprise passera de 5 salariés à 15.

Mardi 25 novembre – Création d’un nouveau quotidien ! C’est en Écosse… Son est The National, format tabloïd tiré à 50.000 exemplaires. Il entend naturellement porter la voix «de l’indépendance et le droit des Ecossais à se gouverner eux-mêmes» suite au débat qui continue après le référendum où le non à l’indépendance l’avait emporter. L’éditeur, Newsquest, l’est également du Sunday Herald, le seul journal qui avait défendu l’indépendance de l’Écosse pendant la campagne pour le référendum. Et comme il avait alors vu ses ventes s’envoler, il se dit qu’avec deux ailes il pourra voler plus haut.

Mercredi 26 novembre – Éléphants et brontosaures… le futur est dans le passé pour le PS. Un dirigeant socialiste les appelle les «brontosaures». Un dirigeant socialiste, lucide – il en reste quelques-uns – ou franchement impatient de par sa jeunesse – on peut le comprendre – trouve que la photo de famille des présidents de Région est pour le moins fripée. À un an des élections régionales, neuf présidents sur vingt-deux âgés d’au moins 70 ans, douze de plus de 60 ans et un seul de moins de 40 ans. Pas tout à fait des premiers communiants, le doyen de 79 ans, Martin Malvy, ayant décider de repiquer pour 2015. Il a ce mot amical : « Il ne faudrait pas que l’Assemblée des Régions de France (ARF) devienne un Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ndlr)… » C’est vrai que l’ARF a déjà un petit côté maison de retraite. Mais voilà, à l’occasion des régionales de décembre 2015 la grande majorité de ces sortants n’a
 pas l’intention de passer la main et souhaite garder les pieds au chaud. Sauf que le passage à 13 régions prévu par la réforme territoriale – adoptée mardi à l’Assemblée avec 24 voix d’avance – va de fait en éliminer 9 dont on peut toutefois imaginer qu’ils ne seront pas laissés sur le bord de la route. Enfin, ceux qui auront survécu à la déroute électorale annoncée.

Jeudi 27 novembre – Les clics en des Gafa. Leur appétit est sans limite et leur expansion sur notre vie connectée tentaculaire. Les Gafas (Google, Apple, Facebook, Amazon) diversifient leur menu pour mieux nous « manger », clients potentiels du monde entier où ils règnent avec une croissance continue. Les quatre géants américains vont réaliser en 2014, avec seulement 252.000 employés, un chiffre d’affaire de 316 milliards de dollars, le PIB d’un pays comme le Danemark, 35ème puissance mondiale. Leur force première est de savoir créer de nouveaux marchés et de capitaliser, par des moyens contestés et contestables, les données personnelles de leurs clients. Ces derniers d’un clic sont claquemurés dans la boîte à marketing globale où toutes les cultures et tous les pays y sont malaxés pour tracer les pistes des développements futurs.

Vendredi 28 novembre – L’axe de la pollution New-Delhi / Paris. «C’est un devoir constitutionnel et statutaire pour les autorités et ministères de s’assurer
 que la population respire un air propre à New Delhi. » Ce n’est pas à Paris que la phrase a été prononcée bien la semaine a révélé que le 13 décembre 2013, les rues de la capitale étaient aussi polluées qu’une pièce de 20 mètres carrés occupée par huit fumeurs ! C’est un tribunal indien qui dénonce l’inaction
 du gouvernement alors que New-Delhi affiche le taux le plus élevé au monde
 de particules fines.

Le mois de la Photo à Paris / 2 – Parcours du 3ème arrondissement : MIKE BRODIE.

© Photo : A Period of Juvenile Prosperity @ Mike Brodie
© Photo : A Period of Juvenile Prosperity @ Mike Brodie

Le 21 novembre sur ce blog, j’écrivais ma déception quant à ma première découverte du mois de la Photo. Mais la partie, en l’occurrence le 6ème arrondissement, se confirme une nouvelle fois comme n’étant pas le tout. Ici, plusieurs belles découvertes dont celles-ci pour commencer, toutes deux à la Galerie Les Filles du Calvaire au 17 de la rue du même nom. Tout d’abord, au rez-de chaussée, Mike Brodie pour A Period of Juvenile Prosperty. Ses photos sont magnifiques ! D’emblée je me suis senti plongé dans l’univers des Raisins de la colère de John Steinbeck, de Suttree de Cormac MacCarthy avec ces adolescents tous en vagabondage plus proche selon moi de Jack London que de celui de Jack Kerouac car plongés dans la crise et moins proche de génération beatnick. Mike Brodie, autodidacte de la photographie initié par un Polaroïd Sx-70 à l’âge de 17 ans, a emprunté dix ans plus tard ces trains où sillonnant les États-Unis (80.000 kms) entre 2003 et 2008, il livrera ses poignants clichés de ses camarades de rails, sa ligne de vie et de fuite. Puis, au plus fort de son succès, il décroche dès 2008 après avoir remporté le Baum Award du photographe américain émergent. Au premier étage, un second photographe, anglais cette fois même s’il vit aux États-Unis, tout aussi passionnant : Matt Wilson. Un autre type de globe-trotter…

À voir absolument. Attention : fin de l’exposition demain samedi 29 novembre. Ouverture de 11h00 à 18h30.

L’amour dévorant des ogres à Montreuil

L'Effrayante forêt juste devant nous, une mise en scène de grande rigueur de Cendre Chassanne sur le combat des humains face aux ogres de tout genre, humains ou imaginaires.
L’Effrayante forêt juste devant nous, une mise en scène de grande rigueur de Cendre Chassanne sur le combat des humains face aux ogres de tout genre, humains ou imaginaires.

C’est l’histoire de la famille du Petit Poucet, mais pas tout à fait celle de Charles Perrault. Ici Cendre Chassanne et Jérémie Fabre nous conte une histoire « d’amour » d’une famille et d’êtres qui se cherchent, qui se sont perdus, qui espèrent se retrouver et se construire. Une sacrée « fucking and bloody family in this fucking time » dans une maison où « no more love in the house ». La grand-mère, la mère, le père, un fils (devenu ministre de la culture) et… l’ogresse, l’ogresse convertie au végétarisme. En vérité, tout tourne autour de cette question : ne voulons-nous pas que l’amour nous dévore et, en conséquence retour, ne dévorons-nous pas l’amour ? Ici les personnages sont l’un et l’autre, d’ailleurs Petit Poucet est un garçon (comme dans le conte)… sauf qu’il est une fille, Petite Poucette qui petite fille voudrait jouer avec un camion de pompier bleu. Bref Petit Poucet ne sait pas, pas toujours ce qu’il faut être… et s’en fiche. Cette vie de chaos rythmée par le dîner mensuel d’un gigot (mal cuit par la mère…), acheté grâce au versement de la Caisse d’Allocations familiales (CAF), est la normalité de l’époque où les forêts sombres sont nombreuses. Mais, malgré les cauchemars, les angoisses, les incertitudes, les égarements et les monstruosités, l’espoir est toujours là avec ces derniers mots : « We could try ».

Quatre séances jusqu’au dimanche 29 novembre à 20h30 avec une séance complémentaire à 16h00 le dimanche 29.

Théâtre Berthelot. 6, rue Marcellin Berthelot – Montreuil. Métro : Croix-de-Chavaux

L’Effrayante forêt juste devant nous.

Mise en scène Cendre Chassanne (Compagnie Barbès 35)

L’architecture doit éviter les gadgets…

Le nouvel éco-quartier de Boucicaut (Paris 15ème arrondissement), réalisé par l’architecte Paul Chemetov.
Le nouvel éco-quartier de Boucicaut (Paris 15ème arrondissement), réalisé par l’architecte Paul Chemetov.

Pour faire suite aux débats sur l’architecture urbaine, soulevés par le lamentable vote du conseil municipal de Paris à propos de la tour Triangle, j’ai retrouvé ce propos de l’architecte Paul Chemetov noté lors d’un colloque organisé par La gazette des communes. Puisqu’il aborde la question : « comment tolérer son contemporain et éviter les systèmes uniques ? », il m’a semblé être de circonstance.

« Nous n’arrêtons pas de choisir et d’arbitrer. L’architecture n’est pas un défilé de mode, il faut toujours évaluer les résultats. Un bâtiment est fait pour durer 100 ans. Il faut de tout pour faire un monde, même dans un éco-quartier. Même si nous vivrons tous très vieux, nous ne serons pas tous en chaise roulante, attention aux systèmes uniques. Je vise toujours le minimum de moyens pour le maximum d’effets car si un investissement 1 peut produire 10, un investissement 10 peut ne produire que 20.  La densité peut être aussi du développement durable. Je cherche à ce que chaque bâtiment possède une dimension philanthropique. Concernant la gestion pneumatique des déchets, il faut que les sites soient suffisamment importants. Les maisons passives ? La question est : quel surinvestissement faire pour quelle économie ? Sous nos climats, cela reste un gadget. Une maison passive en rural… c’est idiot car le bilan voiture va détruire le bilan carbone. Souvent, on nous dit : « il y a trop de parking », mais c’est le PLU qui l’impose. Là où il faut être ambitieux, c’est sur l’eau et l’énergie. Pour l’éco-quartier de l’hôpital Boucicaut (Paris 15ème arrondissement), il y a eu 4 ans de concertation avec la présence de l’architecte car le passage à R+2, afin d’avoir davantage de social, méritait débat. Et cela est toujours long et compliqué au niveau politique. Disons qu’au final, il faut tolérer son contemporain et pour cela il faut toujours trouver des arrangements.»