Le communautarisme, lourd des guerres civiles de demain ; Cary Grant, le meilleur James Bond ; L’anonymat libérateur de la vie urbaine ; « Jésus-Christ, la soif de gloire » ; Thomas More : « ne plus nourrir le mal qui dévore. »

 

Pour Sam Mendes, le réalisateur de « 007 Spectre », Cary Grant est le meilleur James Bond dans "La Mort aux trousses" d'Alfred Hitchcock.
Pour Sam Mendes, le réalisateur de « 007 Spectre », Cary Grant est le meilleur James Bond dans « La Mort aux trousses » d’Alfred Hitchcock.

Sunday Press / 77

(…) Le fait nouveau, c’est le malheur arabe. Ou plutôt, car ce malheur date de plusieurs décennies, que ce malheur s’est mis en marche. Être arabe aujourd’hui, à des degrés divers et sous des formes différentes, c’est être dominé, manipulé, abêti, méprisé, formaté, embrigadé, écrasé, et pour finir emprisonné, torturé, massacré par les deux dictatures qui règnent à tour de rôle dans la même aire géographique, la dictature militaire et la dictature islamiste. Elles se combattent à mort, mais elles sont complices pour entretenir le peuple dans un état d’infantilisme et de minorité perpétuel. Excuser la dictature militaire parce qu’elle protégerait les populations du fanatisme religieux, c’est oublier que c’est justement cette dictature qui aliment le progrès de ce fanatisme. Traiter avec indulgence l’islamisme radical sous prétexte qu’il serait la « religion des pauvres », ce serait excuser le national-socialisme sous prétexte qu’il était, parmi d’autres, le parti des ouvriers allemands. Je ne sais, de ces deux dictatures, laquelle est la pire ; je ne sais où est le moindre mal. Ou plutôt si : dans mon for intérieur, je pense que la pire est la dictature religieuse ; d’abord parce qu’elle est la plus longue, la plus difficile à éradiquer ; mais surtout parce qu’elle ne se contente pas des horreurs de la contrainte étatique ; elle exige de ses victimes un consentement actif, une adhésion de l’âme. (…) Que se passera-t-il le jour où Bouteflika, cette momie qui prolonge en Algérie les incertitudes d’une veillée d’armes, passera de la mort virtuelle à la mort déclarée ? Il est à craindre que la lutte entre l’armée et les islamistes radicaux ne reprenne de plus belle, avec une férocité redoublée. Cette lutte, que le pays a déjà connue une première fois, faisant quelques 200 000 morts, se déroulerait à quelques centaines de kilomètres de notre côte méridionale. Nous nous sommes jusqu’ici assez bien accommodé du chaos libyen parce que les fugitifs avaient pour première destination l’Italie, qui pourtant n’a cessé de crier à l’aide dans le désert européen. Demain, c’est la France qui serait en première ligne. (…) Le communautarisme, c’est-à-dire la juxtaposition sur un même territoire de populations de plus en plus diverses par l’histoire, la langue, la culture, la religion, est lourd des guerres civiles de demain. Or, la politique poursuivie à l’école depuis des années ne va pas dans le sens d’une homogénéisation indispensable des diverses composantes de la population. Oui, plus que jamais, la mission de l’école est d’intégrer. À force d’insister sur l’identité de chacune de ses composantes, on a fini par perdre de vue l’identité de la nation elle-même. De grâce, ne nous racontons pas d’histoires : la seule garantie véritable de la paix entre les citoyens, c’est l’existence d’une culture commune, voulue par tous et défendue par tous.

Jacques Julliard, Marianne, 6 au 12 novembre 2015, N° 968.

(…) La Mort aux trousses de Hitchcock est le meilleur Bond au cinéma. Un homme apparemment ordinaire, plongé dans le plus grand des dangers ; une espionne, Eva Marie Saint, dans un train de nuit ; la plus belle scène d’action de l’histoire du cinéma, quand l’avion vient sulfater les récoltes, alors qu’il n’y a pas de récoltes ; un méchant génial, joué par James Mason. C’est la quintessence du style, cinématographique et vestimentaire ! Et il y a Cary Grant. Quand Sean Connery incarne pour la première fois 007, en 1962, dans James Bond contre Dr No, il fait du Cary Grant, comme tous les jeunes acteurs de l’époque. Cary Grant était le meilleur : dangereux, mystérieux, sexy. Comme Bond.

Sam Mendes, cinéaste, réalisateur de « 007 Spectre », Télérama, 7 au 13 novembre 2015, N° 3434.

(…) Beaucoup de choses m’attiraient dans le monde survivaliste. Être tout le temps au grand air, plutôt que coincé dans un bureau. Retourner à la nature, cultiver ma nourriture. Plus de paperasse ni de bureaucratie… Les meilleurs moments, c’était quand je travaillais dehors. Couper du bois me donnait une grande satisfaction, même si j’ai vite découvert que c’était un art que j’étais loin de maîtriser. C’était dans ces moments, quand je fendais l’air froid de l’automne avec ma hache que je me sentais le plus heureux à Utopia. (…) Ce qui m’a le plus manqué, c’était de la bonne musique. J’étais habitué à écouter les enregistrements parfaits des meilleurs orchestres de musique classique sur mon iPod. Et là, le mieux que je pouvais avoir, c’était un volontaire grattant sa guitare et couinant comme un chanteur de country avec un cancer de la gorge. J’ai tiré de nombreuses leçons de l’expérience Utopia. J’ai découvert la valeur des choses que je méprisais auparavant : nos institution sociales, aussi imparfaites soient-elles, et la myriade de petites avancées technologiques qui ont rendu nos vies plus confortables de celles de nos ancêtres – comme le papier toilette et le dentifrice. (…) Vivre dans la promiscuité avec un petit groupe de personnes fait ressortir certains aspects de la nature humaine que j’avais oubliés, ou plutôt réprimés. Les petites communautés sont comme une cocotte-minute, sans valve de décompression. La tension monte vite quand on se coltine les mêmes personnes tous les jours, sans la pommade de la consanguinité pour apaiser l’irritation. La jalousie et le ressentiment trouvent un terrain fertile dans les endroits confinés. Les citadins peuvent parfois regretter l’intimité de la vie de village, mais s’ils se trouvaient installés dans un hameau rural, ils regretteraient rapidement l’anonymat de l’existence urbaine.

Dyan Evans, universitaire fondateur de la communauté Utopia, propos recueillis par Guillaume Gendron, Libération Next, novembre 2015, N° 75.

(…) Son éducation sexuelle fut élémentaire : il fit la cour à sa première fiancée en se déguisant en prise électrique mâle, puis il se mit à lire Dostoïevski, et tout se gâta. Il devint romantique. Monté à New-York, Terry Gilliam réalisa des romans-photos avec un acteur débutant, Woody Allen, fit travailler Robert Crumb dans une revue, exécuta des dessins pour Goscinny dans « Pilote », et fut révulsé par la « bêtise absolue et hypocrite de la guerre du Vietnam ». Son divorce avec les Etats-Unis a débuté là : Terry Gilliam, depuis plus de trente ans, est devenu anglais, rebuté par les âneries des présidents américains successifs. Adopté par la bande des Monty Python, il a mis en œuvre leur philosophie, « faire rire le commun des mortels avec des trucs complétement idiots ». Dans le groupe, il fut le « barbare » et eux, les « êtres supérieurs ». D’où le tournage bizarre de son premier film « Sacré Graal » (1975) : « On avait repéré un mouton mort au bord de la route alors que nous en cherchions un pour le balancer du haut des remparts. Mais tout le monde s’était mis à vomir… » Ambiance. On connaît la suite : « La vie de Brian » (1979), épopée biblique kitsch signée par un autre Monty Python, Terry Jones, parti d’une idée simple : « Jésus-Christ : la soif de gloire ». À sa sortie, le film rassembla catholiques, protestants et juifs contre cette œuvre « sacrilège ». (…) Ces « Mémoires » nous permettent d’être dans la tête de Terry Gilliam. Mais comme il le souligne page 233 : « Merde ! C’est bien le dernier endroit où j’ai envie d’être. »

François Forestier, à propos de « Gilliamesque. Mémoires pré-posthumes », L’OBS, 5 au 11 novembre 2015, n° 2661.

Si quelqu’un est atteint d’une maladie incurable, ils cherchent à lui rendre la vie tolérable en l’assistant, en l’encourageant, en recourant à tous les médicaments capables d’adoucir les souffrances. Mais lorsque à un mal sans espoir s’ajoutent des tortures perpétuelles, les prêtres et les magistrats viennent trouver le patient et lui exposent qu’il ne peut plus s’acquitter d’aucune des tâches de la vie, qu’il est à charge de lui-même et aux autres, qu’il survit à sa propre mort, qu’il n’est pas sage de nourrir plus longtemps le mal qui le dévore, qu’il ne doit pas reculer devant la mort puisque l’existence lui est un supplice, qu’une ferme espérance l’autorise à s’évader d’une telle vie comme d’un fléau ou bien à permettre aux autres de l’en délivrer ; que c’est agir sagement que de mettre fin par la mort à ce qui a cessé d’être un bien pour devenir un mal. »

Thomas More dans Utopie (1516), le un, 4 novembre 2015, N°81.

Bessac, impasse et perd.

Avec le chaotique dernier conseil municipal, on n’en pince plus. On ne rit plus. Plus du tout. © Photo "Le Parisien".
Avec le chaotique dernier conseil municipal, on n’en pince plus. On ne rit plus. Plus du tout. © Photo « Le Parisien ».

Il y a des semaines comme cela, qui se suivent et se ressemblent. En pire même, car le pire en certains lieux et certaines situations a de l’avenir.

C’est ce qui s’est passé avec la série B., B. comme Bessac, dont le deuxième épisode s’est déroulé lors du conseil municipal du jeudi 5 novembre. Il s’inscrit parfaitement dans la lancée du premier, relaté dans la même chronique publiée, le 31 octobre, sous le titre « Le Montreuillois, c’est donc ça ! ? ». C’est-à-dire la poursuite de la grande marche en arrière enclenchée par notre édile n°1.

On hésite à écrire qu’il s’agit là d’une chanson de geste, même s’il y a de la part du maire – volontairement ou non – une envie de plonger dans des scènes guerrières appartenant au passé. Nous sommes en effet bien loin d’un récit relevant du poème versifié. Nous pataugeons en pleine chanson de gestes d’énervement, symptomatique d’une grande fébrilité. De la pure et simple gesticulation dont il faut néanmoins prendre toute la mesure.

Cette fois le bond en arrière s’est traduit par une tenue du Conseil municipal tellement chaotique, saccadée et saccagée par Patrice Bessac que – fait unique dans la vie politique municipale ! – a provoqué la rédaction d’un communiqué commun de tous les membres de l’opposition (moins un), droite et gauche confondues. Son titre « Trop, c’est trop : Patrice Bessac doit respecter les élus de l’opposition ». Il faut dire qu’outre son plaisir évident de jouer avec pugnacité du bouton coupe-parole que la technologie lui offre pour couper les micros, le maire a ensuite refusé une interruption de séance demandée par un conseiller municipal. Acte d’autorité, infantile mais proprement ahurissant car absolument contraire à la démocratie puisqu’il s’agit d’une demande qui est ni plus ni moins que de droit !

Tous les élus de l’opposition ont alors quitté la salle, décidé de publier un communiqué de presse commun mentionnant « Jusqu’à preuve du contraire, Montreuil n’est pas la Corée du Nord ! », avant de revenir siéger pour assumer – eux ! – leur responsabilité.

La Corée du Nord, certes nous n’en sommes pas encore là, mais qui sait si le maire ne regrette pas l’époque – pas si lointaine – où Montreuil était jumelée avec Nampo grande ville portuaire du pays le plus militarisé au monde au slogan sans équivoque « L’armée d’abord » ? Au pays le plus stalinien de la planète, les Kim ont changé et trois générations se sont succédées. À Montreuil, dans ses rêves les plus osés Patrice Bessac n’aurait-il pas la nostalgie de la glaciation et des époques aux « Grands leaders adorés » ? Les élus Verts (EELV) qui siègent à son côté, dans un équilibre politique qui fait penser au pâté de cheval et d’alouette (une alouette pour un cheval), commencent – lentement, très lentement… – à vérifier qu’ils se font systématiquement piétiner les ailes et s’inquiètent du phénomène de la grosse tête. Certains d’entre eux, comme le syndicat CGT des agents, avaient d’ailleurs publiquement il y a moins d’un mois souligné la « dérive autocratique » du maire.

Cette semaine c’est l’espace du dialogue démocratique des élus qui vient d’être entaché par l’encore plus fort maire qui réussit à se dépasser après son flop du flapi « Le Montreuillois ». Concernant le bulletin municipal « recadré », bien que guère comique l’événement pouvait détendre. En effet, on se pinçait un peu pour y croire, puis vérifiant que ce n’était pas un détournement potache d’une majorité municipale joueuse, on le prenait pour ce que l’organe officiel du maire est devenu : un mauvais roman-photo angélique, avec ses perles à éclater de rire.

Avec le chaotique dernier conseil municipal, on n’en pince plus. On ne rit plus. Plus du tout. Certes à l’image de l’impasse la mieux nommée de la ville – l’impasse du Progrès – on savait que l’horizon des croyances communistes sur le progrès automatique débouchait sur un mur, mais aujourd’hui on constate le prévisible dès le soir de l’élection : l’union de la majorité est factice et mène à l’impasse politique. L’ennui, c’est que c’est aussi l’impasse pour notre ville.

Il y a un ennemi prioritaire : le terrorisme djihadiste / Nos amis Facebook peuvent nous enfermer / Michel Piccoli le magnifique / Le Front national et la « préférence culturelle » / Bruno Lemaire : « Les investitures avant la Primaire ».

Le sénateur, et maire Front national d'un secteur de  Marseille Stéphane Ravier Le sénateur Front national (FN) Stéphane Ravier a fait campagne contre le clientélisme... mais vient d'embaucher son fils. © Photo AFP / Boris Horvat.
Le sénateur, et maire Front national d’un secteur de Marseille Stéphane Ravier Le sénateur Front national (FN) Stéphane Ravier a fait campagne contre le clientélisme… mais vient d’embaucher son fils. © Photo AFP / Boris Horvat.

Sunday Press / 76

Il n’y a pas de bonne solution en Syrie, tout simplement parce que, pour des années, il n’y a pas de solution du tout. Contre toute logique saisonnière, le fugitif printemps arabe a été suivi d’un hiver dont nous ne voyons pas la fin, et dont la Syrie est l’épicentre. (…) Certes, quelque parti que l’on prenne dans la région, on se trouvera toujours allié avec des assassins. Mais, dans toute guerre, il y a un ennemi principal et des ennemis secondaires. L’ennemi principal, c’est le terrorisme djihadiste. C’est le mérite de la position de Poutine que d’en tirer les conséquences. « Nous sommes en guerre », a dit clairement Manuel Valls. On voudrait que cette clarté se manifeste autant dans notre action diplomatico-militaire, qui à laisser ensuite aux Syriens le soin de choisir eux-mêmes leurs dirigeants.

Jacques Julliard, Marianne, 30 octobre au 5 novembre 201(, N° 967.

(…) Les mesures d’audience, de popularité et d’autorité représentent la société dans son ensemble. Le Web social, lui, a fait éclater ces mesures pour offrir une vision décentralisée qui correspond à nos cercles d’affinité. Les réseaux sociaux ont mis fin à l’idée selon laquelle la représentation de l’information devrait être la même pour tous. Au final, ce n’est pas Facebook qui nous enferme dans une bulle algorithmique, comme on peut souvent le lire : c’est notre réseau d’amis. S’ils se ressemblent, les informations qui nous parviennent se ressemblent aussi. En individualisant la hiérarchie des informations, l’algorithme renvoie la responsabilité vers les choix de l’internaute. Il lui dit : « Si tu es curieux, je te rendrai encore plus curieux. Si tu ne l’es pas, tant pis pour toi. »

Dominique Cardon, auteur de À quoi rêvent les algorithmes. Nos vies à l’heure des big data, éd. Seuil, propos recueillis par Olivier Tesquet, Télérama, 31 octobre au 6 novembre 2015, N° 3433.

(…) On aime bien qu’il aime si peu. S’il admire inconditionnellement Depardieu, qu’il trouve « génial » (« Il n’avait pas un rond, il buvait comme un fou. D’ailleurs il est fou »), Montand était « encombré du sentiment qu’il avait de sa propre grandeur », et quand il a rencontré François Mitterrand, il a été « frappé par sa satisfaction d’être ce qu’il était ». Voilà pourquoi Piccoli a été acteur, et non président de la République. De toute façon, il était trop honnête pour cette carrière : « J’ai toujours été sensible à la maladie des malhonnêtes, à leurs comportements dégoûtants, qui n’avaient rien à voir avec le fait qu’ils soient riches ou pauvres. Il y a des riches magnifiques et qu’on ne peut qu’admirer, et il y a des pauvres épouvantables. »

Michel Piccoli, propos recueillies par Jacques Drillon, L’OBS, 29 octobre au 4 novembre 2015, n° 2660.

(…) Pas une seule culture, mais des « préférées ». Dans l’idéologie frontiste, la « liberté d’expression » est volontiers synonyme de « préférence culturelle », comme l’explique Stéphane Ravier, maire d’un secteur de Marseille (NdR : celui qui embauche son fils à la mairie). « J’aime les cultures au pluriel, nous dit-il, du moment qu’il y a une identité forte. Le métissage en tout, c’est la négation de notre culture. Quand on aura tout mélangé, il restera quelque chose d’informe, sans âme, sans saveur, sans racine. Si je suis un jour maire de Marseille, je ne m’interdirai pas de l’ouvrir aux autres cultures, mais priorité à la culture marseillaise provençale nationale. Aux gens de chez nous, quoi, qui le méritent, aux gens qui transmettent ce qui nous a été confié. »

Stéphane Ravier, maire frontiste d’un secteur de Marseille, propos recueillis par Guillemette Faure, M le magazine du Monde, 31 octobre 2015, N° 215.

(…) Le seul moyen de ne pas décevoir de nouveau les Français en 2017 est de donner à celui qui sera élu les moyens d’agir vite et fort. Les investitures aux élections législatives qui feront la prochaine majorité sont une condition du succès pour celui ou celle qui sera élu. Par conséquent, elles doivent être faites après la primaire de 2016 et non avant. Pensons aux Français avant de penser à nous mêmes, raisonnons en termes d’intérêt général au lieu de céder aux petits calculs politiciens qui font la ruine de la vie politique depuis quarante ans. La primaire de 2016 doit être un grand succès démocratique, pour reconstruire un espoir.

Bruno Le Maire, propos recueillis par Françoise Fressoz, Le Monde, 1er et 2 novembre, N° 22019.