Le moteur à explosion politique à 6, 4 et 2 temps

Quand la politique fait boum !

La société des hommes et la démocratie ont besoin d’une nouvelle admission d’air frais ; les partis politiques ont comprimé depuis trop longtemps la démocratie dans leurs chambres réservées ; les circonstances politiques de l’inédite élection présidentielle qui se lance sont une formidable possibilité de détente et d’échappement. Le moteur de la vie politique est donc comparable à un moteur automobile. Qui va produire l’étincelle salvatrice ?

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Les Français aiment la mécanique et se révèlent être d’excellents mécaniciens comme le prouvent leurs succès sur les circuits des différentes compétitions automobiles. Ils ont même, c’est plus rare mais ils sont alors exceptionnels, des pilotes multi-titrés.

Sur les routes publiques, en revanche, les chauffards ne manquent pas et leurs dérapages en tout genre provoquent des drames irréparables. Il se peut bien que l’innocent Vroum-Vroum ! des enfants avec leurs inoffensifs jouets laisse une empreinte machiste sur des adultes au moteur intellectuel qui reste réduit…

En politique, il en va parfois un peu de même. De petits moteurs et de petits cerveaux font beaucoup de bruit, avec des échappements douteux et une trajectoire rapidement hors course.

Ainsi il est intéressant de regarder de près la ligne de départ actuelle – car il y aura probablement des éliminés durant les essais des prochaines semaines – où les « grands » candidats (choisis par leur parti historique, prétendant aux sondages favorables) vont, à l’évidence, jouer un rôle nouveau car eux-mêmes sont nouveaux suite à l’hécatombe d’hiver fatale aux anciens, aux promis.

Dans l’ordre encore bien instable des pronostics sondagiers, regardons d’un peu plus près ce qu’il en est dans ce paysage né de la destruction des anciennes idoles et des anciens murs où elles s’abritaient.

1/ Marine Le Pen, reine du faux-nez, arrive par son silence dominant et ses coups de gueule à la Trump à capitaliser sur l’angoisse et les difficultés des couches populaires doublement délaissées, en termes d’emplois et en termes de vie dans des régions désertifiées. Le tour de force, pour l’instant, est la réussite significative du mensonge qui cache la réalité d’un parti d’extrême-droite qui n’a changé en rien sur le fond, dont les cadres révèlent leur incompétence et leur dangerosité dès qu’ils sont élus. Ce parti qui ne sera jamais un « parti comme les autres » arrive parfois à s’imposer comme tel contre toutes les évidences et cela même aux yeux de médias qui n’en cherchent pas plus… Les trois mois de campagne électorale à venir ne devraient guère modifier les résultats attendus : une présence au second tour et, c’est possible, une sortie en tête au soir du premier.

2/ François Fillon, l’inattendu élu de la primaire de la droite et du centre, le secrétaire/premier ministre de l’ancien président a déjoué tous les pronostics avec un résultat exceptionnel. Après cet acquis, construit sur une ligne de probité sage et un attachement, sinon dogmatique du moins très ferme, à ne pas changer d’avis en s’adressant désormais à tous les Français, il a dû rapidement composer avec ses opposants devenus ses alliés plus ou moins consentants. Travail plus ardu et échanges de coulisses nécessaires. Rien de plus normal. N’est pas pris en compte dans ce propos, les conséquences du Pénélope Gate, enquêtes et sondages. En principe, la puissance de l’électorat de droite en France et la volonté d’une alternance forte, devraient lui garantir une présence au second tour. Donc la victoire, car incontestablement républicain, il serait soutenu suffisamment par des électeurs de gauche pour battre Marine Le Pen. Sauf que sa famille elle-même ne partage pas le même enthousiasme ! Quelques juppéistes, contre l’avis du maire de Bordeaux, font déjà défaut et se tournent vers Emmanuel Macron et l’irréductible François Bayrou, qu’on ne pourra plus nommer l’irrésolu puisqu’il publie demain son livre « Résolution française », n’a toujours pas fait part de ses intentions. Son panache blanc enfourchera-t-il son propre cheval pour mener une dernière bataille ou bien son drapeau, certes un peu usé par les vents contraires, rejoindra-t-il les rangs d’une famille d’accueil heureuse de lui présenter belle table ? D’ailleurs quelle famille ? Celle du cousin de la Sarthe ou celle du jeune picard impétueux qu’il attaque d’autant plus qu’il lui est proche sur de nombreux points.

3/ Emmanuel Macron, le surgissant parmi les rugissants, a osé, seul avec son expérience et son culot, à sortir de l’inconfort des chemins balisés et des parcours aux années de patience. Il tente une aventure personnelle avec un dialogue direct avec les Français. Construire son destin est déjà un bel exploit dans sa vie, le réussir en politique l’est probablement davantage. Mais dynamiteur des habitudes courtisanes et des adoubements souvent plus sournois que sincères, fort d’un diagnostic d’une société à la croisée de nombreux changements invisibles pour des partis encrassés de calamine, ne voilà-t-il pas qu’il soulève enthousiasme chez de très nombreux français de tout âge et de toute condition. Sa jeunesse, sa charpente intellectuelle, font au moins nouveauté… ce qui n’est pas rien quand, justement, les anciens se sont à ce point accrochés de si mauvaise manière à leur poste, jusqu’à provoquer, années après années, une défiance populaire dominante des partis, des élus et des gouvernements. Une situation qui sape la République elle-même. Du coup se rassemblent autour de lui, qui veut dépasser le clivage gauche/droite inopérant selon lui dans notre monde en tourmente, des femmes et des hommes majoritairement venus d’aucun parti, mais aussi de certains qui veulent s’en libérer à force de n’y avoir pas été entendus. Aujourd’hui Emmanuel Macron, rares sont ceux qui l’ont imaginé il y a quelques mois, est le 3ème homme du premier tour et en cas de présence au second, il dominerait le plus largement Marine Le Pen qu’il n’a de cesse de pointer comme sa principale ennemie. Il lui reste toutefois à préciser sa vision de la France de demain et son programme. Une affaire de quelques semaines, sinon… il pourrait perdre son statut croissant de « vote utile » au profit de son tout nouveau poursuivant.

4/ Benoit Hamon semble lui-aussi surgit de nulle part… bien que les connaisseurs de la vie interne du Parti socialiste mesuraient depuis quelques années le puissant travail de réseaux mené par le ministre éphémère de l’Éducation nationale. En effet, biberonné dès son plus jeune âge dans les bureaux de l’appareil politique du PS – il n’est pas le seul et ce n’est pas qu’un défaut ! – il a été un écolier studieux et a appris l’essentiel du genre en vogue à l’époque : composer. Tendre, il ne l’est pas plus que les frondeurs auprès desquels il a œuvré pour obtenir sa majorité. Solide sur ses propositions de bric-à-brac qu’il a su picorer de-ci de-là ? Pas jusqu’au point d’empêcher un soutien élargi demain. D’abord celui d’une grande partie du PS, avec sans nul doute le soutien de la majorité des membres du gouvernement, Premier ministre en-tête. L’enjeu n’est pas de devenir le 3ème homme, encore moins le futur Président, mais de passer devant l’impétueux Jean-Luc Mélenchon qui ne vit que pour sa gloire de quelques mois ne pouvant, lui non plus prétendre « à la gagne ». Il est important pour Benoît Hamon, s’il le peut, de pouvoir incarner la traditionnelle « Union de la gauche », surtout pour les futures élections législatives et plus tardivement celles des municipales. Le PS, parti d’élus, fera front autant qu’il le pourra pour conserver ce qui lui semble pouvoir l’être. Vision ancienne, dépassée… C’est possible, mais qui sait si le sacro-saint – bien qu’élimé à la corde par la réalité économique et sociale – combat Gauche-Droite (durci artificiellement lors des élections par les deux camps) n’est pas encore capable de produire ses effets ? Le danger pour cette classique et traditionnelle opposition, là encore, est bien Emmanuel Macron.

5 / Jean-Luc Mélenchon, le colérique insoumis, incontestable talentueux orateur et fin connaisseur de l’Histoire des Gauches et plus généralement connaisseur de l’histoire, est en fait sous double pression. Celle de son allié principal, le PCF, qui ne l’a choisi comme leader que de justesse et contre l’avis initial de sa direction. Les rodomontades du fanfaron des plateaux, jusqu’à être heureux comme un gosse de sa plaisanterie de son hologramme pour un meeting en double, font parfois désordre. Et son Parti de Gauche, ne comptent guère d’élus. Pour résumer il n’a guère de puissance d’implantations durables. Le verbe du leader ne suffit pas. Et cela… contrairement à Benoit Hamon, d’où la seconde pression sur l’homme à l’écharpe rouge. Le PCF peut se demander à nouveau s’il a choisi le bon cheval…

6 / Yannick Jadot… a été quitté par sa Duflot dépitée par sa défaite et depuis toute tournée vers Jean-Luc Mélenchon. Le candidat Vert, ne craignant pas la contradiction dit aujourd’hui l’inverse de ce qu’il disait il y a quelques jours… et se trouve désormais compatible avec Benoit Hamon. Une façon peut-être de préparer une sortie digne nécessaire suite à une impossibilité de recueillir le nombre de signatures indispensable à son dépôt de candidature. Et puis, cela évitera au parti des Verts d’accrocher de nouveau un résultat lamentable, bien loin de leurs ambitions. Yannick Jadot vise 10 %, mais la cible est loin et son bras bien faible pour tendre l’arc de la réussite.

Ici se termine l’examen de la grille de départ… et elle est pourtant trompeuse et insuffisante. Il y a un « battu » de première importance en la personne de l’ancien Premier ministre Manuel Valls qui a quand même totalisé 40 % des voix de la primaire à gauche. C’est une défaite nette, mais ce n’est pas un homme sans troupes, sans soutien d’électeurs nombreux. C’est davantage encore l’expression d’un courant important du Parti socialiste que l’on nommera – par simplification ici nécessaire – la social-démocratie libérale.

C’est pourquoi si les 6 candidats (ou 7 si François Bayrou se déclarait) sont les héritiers des combats « classiques » (sauf Emmanuel Macron), ce qui importe plus encore c’est l’éclatement des grands courants qui sont désormais quatre à jouer dans la même cour. Une destruction avant une reconstruction.

1/ La droite républicaine, avec sa composante conservatrice et « dure ». Elle est ancienne, et si elle n’échappera pas à un nécessaire renouvellement de pratiques et d’homme, surtout dans ses rapports avec le centre-droit (Modem et UDI), elle reste – surtout après les dernières élections où elle a fait le grand chelem – le « parti » dominant actuel.

2/ La gauche traditionnelle avec son assemblage des contraires (héritage socialiste et communiste), tente une nième fois sa survie. Aujourd’hui cela passe par une gauchisation de sa composante socialiste, pour grande partie opportuniste et électoraliste afin de « s’échapper » du bilan du quinquennat auquel sa frange dominante a participé, qui ne peut que l’enfermer. Elle ne lui laisse aucune chance à l’élection présidentielle, sauf à imaginer l’impensable compte tenu de la personnalité des hommes, à savoir un désistement de Mélenchon pour Hamon ou l’inverse. En effet Hollande dépassait de loin cette vision renfermée, c’est d’ailleurs ce que les frondeurs ont bien compris et lui ont reproché. Cette gauche «  de gauche », en vérité chute d’élection en élection et les Français ne peuvent lui accorder la responsabilité première dont on peut d’ailleurs se demander si elle la souhaite vraiment. Des bastions plus ou moins confettis peut parfaitement subvenir à ses besoins comme à ses patriarches.

3 / La gauche « sociale-démocrate libérale ». Demain elle se nommera peut-être « démocrate », « de progrès », elle revendique sans conteste vouloir être « de gouvernement ». On mesure bien que les convergences sont grandes entre Emmanuel Macron et Manuel Valls… mais pour la présidentielle il n’y a qu’une place et l’ancien Premier ministre a beaucoup perdu en échouant à la primaire de gauche. Mais demain, comment imaginer que cette gauche ne trouve pas les moyens de réunir tous ses soutiens alors qu’elle est en capacité, sans tabous, de considérer la prédominance de la force publique pour la lutte contre les inégalités tout en donnant les moyens d’une fluidité plus grande dans un monde du travail en plein bouleversement afin qu’émergent, en France aussi, des entreprises en phase avec leur siècle ? Et cela par une croyance ancienne à une refondation de notre démocratie et action – plus récente mais nette – pour le renouvellement des élus. Il reste que ce courant devra se montrer convaincant, donc capable, pour répondre aux millions de « laissés pour compte », couches populaires et couches moyennes, par un capitalisme financier qui a provoqué un appauvrissement croissant et continu, notamment dans les pays développés. Il devra aussi poursuivre son « élargissement » au-delà des clivages aujourd’hui dépassés.

4 / L’extrême-droite, avec ses toujours fortes composantes racistes et fascistes – au sens surtout du fascisme italien – campe sur son vocabulaire isolationniste et d’exclusion. Ce langage à la Trump – cousinage assumé et revendiqué ! – ment aux Français. Mais ceux qui y sont sensibles, pour la plupart entraînés dans la tourmente économique et en perte totale de repères solides puisque délaissés par presque tous, en sont venus à attribuer tous leurs maux à la mondialisation, à l’Europe et à l’immigration. Une nouvelle fois, ils vont être déçus, car Marine Le Pen ne peut pas gagner l’élection présidentielle. Mais il est certain que le prochain Président devra veiller, en leur répondant réellement, à ce que ce ne soit pas leur dernière défaite.

La mécanique politique de la prochaine élection présidentielle s’apparente donc à une sorte de Meccano dont il est bien difficile aujourd’hui de dessiner le véhicule censé nous conduire vers un futur meilleur.

Le moteur de l’élection, incontestablement inédit et explosif, est aujourd’hui à 6 temps (celui des candidats), plus fondamentalement à 4 (celui des courants de pensée dominants actuels) pour quelques mois ou années, et probablement à 2 demain (deux forces dominantes réellement en capacité d’assumer le gouvernement et non seulement la gouvernance ou pire, le protestataire), mécanique stable indispensable pour la vie de notre démocratie.

Pourquoi Macron…

L’année 2017 commence donc avec Emmanuel Macron désigné par les sondages « homme politique préféré des Français ». Les commentateurs et les analystes politiques de s’interroger une nouvelle fois : pourquoi Macron ?

Pour certains, comme Olivier Duhamel, juriste et politologue, Emmanuel Macron « réussit tout ce dont beaucoup doutaient. Il ne devait pas quitter le gouvernement… il l’a fait. Il ne devait pas réussir à développer son mouvement En Marche ! si nouvellement créé… il l’a fait, notamment avec un meeting démonstratif de plus de 10.000 personnes à Paris. Il ne devait pas se présenter à l’élection présidentielle… il l’a fait. » Aujourd’hui, certains n’hésitent pas à le placer au titre, envié à quelques courts mois de l’échéance, de 3ème homme.

D’autres continuent de douter. Ainsi Jacques Julliard qui – au-delà de l’homme – évoque l’incapacité, l’impossibilité historique du centre à jouer un rôle décisif dans l’Histoire de France, du moins dans l’histoire de la Vème République. L’historien, notamment essentiel pour l’analyse de l’histoire des gauches *, n’imagine pas Emmanuel Macron dans les semaines qui viennent, avec une montée nécessairement en puissance de l’affrontement traditionnel droite-gauche, flirter avec facilité et durablement avec une telle popularité. C’est aussi le sentiment d’Yves Bordenave, chef adjoint au service France du quotidien Le Monde et fin connaisseur du monde politique, qui lors d’un chat-video sur le site internet du journal répond à une lectrice : « ne pas croire à l’embellie durable d’Emmanuel Macron » invitant même son interlocutrice, au risque de la décevoir « à ne pas se faire trop d’illusion sur la pente historique probable qu’il pressent afin qu’elle ne subisse pas trop de déception. »

Ces voix sont sérieuses, donc à entendre sans nul doute. La formule « Tout est désormais possible », sorte de rengaine polluant les antennes lorsqu’elle n’est que le réflexe de survie de journalistes superficiels mis KO après leurs courtes vues sur l’élection de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, à la victoire du Brexit en Grande-Bretagne, à celle de Donald Trump à l’élection américaine, ne peut résumer la particularité de la future élection présidentielle française. D’ailleurs les trois spécialistes cités ne s’y trompent pas.

C’est pourquoi, dans cette situation, et pour n’en rester qu’au sujet « Pourquoi Macron… », j’émets mon propre sentiment.

Il est des moments où sinon tout, beaucoup bascule. Emmanuel Macron « surgit » dans une de ces circonstances dont on sait qu’elles font parfois l’Histoire. Il se trouve que plusieurs niveaux d’alerte ont été dépassés et mettent en danger notre société. Les sirènes, malgré leur puissance, n’ont pas été entendues : crise économique et chômage de masse depuis des décennies ; incapacité d’intégration, notamment par l’éducation, des jeunes – la France de demain ! – au niveau de formation requis par les évolutions et du savoir et de la technologie ; défiance croissante des Français à l’égard des gouvernements, des élus, des partis… et des journalistes qui leur semble tous si loin, sortes de décors imposés mais improbables et détonnant dans le réel qu’ils vivent et subissent durement.

En découle une envie radicale, quasiment une urgence, massive de changer. Elle s’exprime fortement et est pleinement assumée. En bénéficient aussi bien Marine Le Pen que Jean-Luc Mélenchon. Il ne s’agit pas de moquer cette attente de « neuf » et encore moins de la sous-estimer. Emmanuel Macron en recueille aussi certains fruits car il a su agir – par sa démission du gouvernement et sa candidature volontariste à l’élection présidentielle – pour répondre à cette attente. À ce besoin.

C’est pourquoi, malgré leur pertinence, les analyses anciennes les plus sérieuses méritent d’être revisitées car, selon moi, elles peuvent aussi basculer.

Emmanuel Macron, dès aujourd’hui, a presque réussi son pari. Il devrait faire un score honorable à la présidentielle et s’inscrire durablement et fortement dans le paysage politique national. Ce n’est pas fait, mais c’est vraiment possible.

Gagner ? À l’évidence, il n’en est pas encore là et c’est l’étape nouvelle qu’il va devoir franchir.

Deux arguments commencent à lui être opposés. Le premier est « Avec qui va-t-il former son gouvernement ? » Outre que la question vaut aussi pour François Fillon, qu’elle vaudra bientôt pour le vainqueur à gauche de la primaire de « la Belle alliance populaire » et qu’il faudrait la poser aussi à Jean-Luc Mélenchon (Marine Le Pen, on le sait, gouvernerait uniquement avec les siens…), qui peut imaginer Emmanuel Macron en difficulté sur ce point ? En effet, dans l’hypothèse où il serait élu, il n’aura pas de difficultés majeures à réunir aussi bien des personnalités politique d’expérience que d’acteurs de la société civile, notamment du monde économique et social, puisqu’il l’a déjà commencé dans le mouvement En Marche ! Sans même évoquer à ce stade les « ralliements au vainqueur » qui ne manquent jamais et qui, quoique l’on puisse parfois en sourire, reste aussi une force de notre démocratie quand ils sont réellement décidés pour la défendre.

Le second doute touche un problème plus délicat… dont le quinquennat de François Hollande qui se termine a donné une terrible illustration. Le Président a du affronter sa propre majorité d’emblée hostile. D’ailleurs, on peut penser que, dès l’été 2017, le futur président quel qu’il soit, sera peu ou prou, soumis à une majorité très relative. Le mouvement En marche ! qui se transformera alors en parti d’élus, n’y échappera pas. Mais avoir des élus, oui, cela lui est bien sûr possible. Des candidats nouveaux issus du mouvement, mais aussi des élus de droite, du centre et de gauche qui décideront de soutenir l’action politique nouvelle choisie par la majorité des Français à la présidentielle, seront élus ou « réélus ». Ils ne devraient pas manquer en nombre, même si c’est incontestablement la principale gageure à relever pour Emmanuel Macron.

Pour finir, je voudrais aborder deux points. Le premier peut sembler anecdotique : Emmanuel Macron est jeune. Certains s’en moquent, d’autres y voient un manque d’expérience – comme si l’expérience à reconduire les mêmes politiques n’avait pas révélé tant de faillites ! – bref, il serait risqué de faire confiance à la jeunesse. L’amusant c’est que l’argument vient bien souvent des mêmes qui n’ont de cesse de demander un renouvellement puissant du personnel politique. Pour y placer d’autres vieillards ?

Le second, que je considère comme très important, réside dans la volonté permanente d’Emmanuel Macron de choisir le positif. Il privilégie le « pour » et non le « contre ». Cette disposition d’esprit et d’action est un levier puissant pour faire partager un nécessaire sentiment de confiance aux Français et au pays. C’est un gage de mobilisation. D’autant que ses premières propositions témoignent d’un attachement au très concret proche du quotidien vécu – il parle à tous les Français – et non au chiffrage « général » qu’il n’est pourtant pas le dernier des candidats à pouvoir assurer sérieusement.

Suis-je touché par une Macronite aiguë ? Des amis bienveillants s’interrogent… Je tiens à les rassurer, avec l’âge et un peu d’expérience, cela fait bien longtemps que la dévotion (qui ne fait d’ailleurs pas partie de ma constitution) m’est étrangère. Quant aux illusions… j’en ai connues… je suis vacciné, et malheureusement avec nombreux rappels.

Toutefois 2017, avec notre élection présidentielle inédite en bien des points, permet l’espoir de voir s’ouvrir un véritable échange sur notre destin national dans un monde en pleine mouvance. Notamment au sein d’une Europe, indispensable mais à refonder. Si nous le ratons, ce pourrait être pour la dernière fois qu’il nous soit permis démocratiquement.

Je participe donc, modestement, au mouvement En Marche ! à Montreuil avec un espoir premier : que ses propositions ne sont pas caricaturées mais lues réellement… ce que je souhaite qu’il soit fait aussi pour tous les autres candidats.

En conséquence, ne pouvant m’empêcher le partage, je vais intervenir sur ce blog parfois, plus régulièrement sur les réseaux sociaux où j’ai une petite activité, en faisant passer des messages d’En Marche ! avec le simple désir d’inviter à la réflexion.

Quant à mes amis auprès desquels j’interviendrai directement par mail, je sais que si je les importune, ils me le diront franchement.

Auprès de tous, voici une adresse courriel, celle du Comité montreuillois d’En Marche ! : montreuilenmarche@gmail.com Je n’en suis pas l’administrateur, mais il vous sera répondu et vous pourrez recevoir des informations ou participer à des événements annoncés si vous le désirez.

De toute façon, l’année 2017 est en marche et je ne peux que vous la souhaiter la meilleure possible.

 

* On ne saurait jamais trop recommander la lecture de son ouvrage « Les gauches françaises. 1762-2012 : Histoire, politique et imaginaire » Flammarion, août 2012.