MARS ET ÇA REPART ! NOUVELLE FORMULE

Dernier article sur ce site.

En effet, depuis des mois mon site daniel-chaize.com hoquetait. Disparitions et résurrections se succédaient avec des amputations aléatoires. Compte tenu de ma « haute maîtrise » technique, ce qui devait arriver arriva, c’était écrit. En fait plus rien n’était écrit ou presque. Je passe vite sur la nature des dégâts – nombreux – pour simplement dire que je ne pouvais plus attaché des images. J’ai donc créé un nouveau site avec une nouvelle mise en page où les photos apparaissent quand on clique sur l’article que l’on veut lire.

Avec danielchaizedotcom.wordpress.com * en cette fin de mars, ça repart.

Quoi de neuf ?

L’intitulé devient « Vu(es) de Montreuil », tout simplement. En effet mon regard sur les ailleurs est nécessairement marqué par ma vie montreuilloise. Quant à Montreuil, j’aime toujours en révéler les qualités nombreuses et ses manques qui ne le sont pas moins. Et cela sans négliger un ton où je laisse cours à mes emportements.

Le bandeau changera régulièrement. Avant il était fixe et pour tout dire figé. Vu(es) se veut d’abord un regard vivant, différent chaque jour qui vient. Les photos et les dessins du bandeau traduiront aussi mon humeur du moment. Pour commencer, en ces fêtes de Pâques, j’ai choisi une photo de juillet 2013 prise lors de la magnifique exposition de Christian Lacroix à l’abbaye de Montmajour. Du sacrifice humble d’un Jésus nu sur la croix aux figures inquiétantes de pouvoir de ceux qui depuis des siècles portent sa parole d’humanité et de fraternité en habits et bijoux d’or de guerriers de la foi, il m’a semblé que Lacroix nous invitait à réflexion.

Les rubriques (Menu Catégories). Elles ont changé et évolueront, de même que les « étiquettes ». Mon ancienne revue de presse « Sunday press » (arrêtée depuis longtemps) revient d’une certaine manière avec Débloc-notes. Sur la base de mes lectures de la presse – nombreuses je crois – elle traduira mes coups de cœur et coups de sang sur l’actualité en ne suivant que le rythme de mes envies et colères qui ne sont pas enfermées dans un calendrier. À noter : toutes les anciennes publications des « Sunday Press » s’y retrouvent même si j’ai conscience que ce n’était pas tout à fait le même objectif (à ce propos ce nouveau site reprendra au fil des semaines tous les articles publiés sur le précédent. Quelques belles surprises selon moi… notamment sur les articles politiques où je ne crois pas avoir mal analysé les tendances de fond). La politique justement dont j’avais annoncé qu’elle ne sera plus un de mes sujets de prédilection amorce un petit retour. D’abord avec la rubrique Mac(h)ronique où je ferais part de mon regard sur l’action de notre président et de son gouvernement. Et puis, même si « je préférerais ne pas »… trop m’y plonger, j’utiliserai la rubrique Politique de temps en temps. Mais surtout pas au jour le jour et en évitant toute réaction à chaud. Côté défouloir pavlovien mon compte twitter @danielchaize suffit amplement. Avec Communication j’ai envie de parler principalement publicité, de son esthétique et de ses messages. On y découvre des réussites, de franches rigolades et des entourloupes. Nouvel entrant avec la rubrique Cocorico ! qui veut mettre en avant des réussites humaines et techniques portées par des Français. Nous verrons, vous verrez…

Il ne vous reste plus qu’à vous rendre sur danielchaizedotcom.wordpress.com et, s’il vous plait, de cliquer sur « s’abonner pour suivre » ce qui vous permettra d’être informé de toute nouvelle information.

Évidemment vos commentaires sont particulièrement les bienvenus et comme toujours j’y répondrais.

* Drôle de nom de site consécutif à un clic hâtif et irréversible ! Je dois encore améliorer mes connaissances techniques.

Pour « Les chaises », il reste encore deux nocturnes

Il est des soirées au théâtre où l’on entre dans le monde rare de la grâce. Un auteur, un texte, un metteur en scène, un décor, une scénographie et des acteurs qui, par un assemblage unique en un accord parfait, produisent un grand cru dont on se souvient toute sa vie. C’était le cas hier soir, pour une salle pleine qui a applaudit à tout rompre durant cinq rappels. Si vous le pouvez, il reste encore quelques rares places, ne ratez pas les deuxième et troisième représentations à la Scène Watteau de Nogent-sur-Marne si proche de ce Montreuil où j’écris ces lignes.

Eugène Ionesco, dans les années 1950, apparaît avec éclat dans le monde théâtral. Il surprend avec un langage renouvelé car il voulait « renouveler la conception, la vision du monde » On ne cessera plus d’évoquer son amour et son jeu avec les mots qu’il entraîne dans des phrases où les lieux communs répétés de nos vies communes, l’humour explosif ou caché donnent alors un nouveau sang à la tragédie dans une représentation inédite. Ionesco avait une règle d’or : « Sur un texte burlesque, un jeu dramatique. Sur un texte dramatique, un jeu burlesque » (Notes et contrenotes, 1962).

Hier soir, en assistant à la mise en scène des « chaises » par Bernard Levy, le théâtre de « l’absurde » ne m’est jamais apparu aussi puissant et simple. J’étais dans un langage contemporain, dans notre monde. Nul effet conceptuel pour nous faire pénétrer dans un autre monde que le nôtre où la clé serait une réflexion approfondie permettant seule de franchir des détours difficiles. Pas d’entrainement particulier pour une conquête d’un Himalaya où l’oxygène viendrait à manquer.

Non ! La simplicité, le vrai, la délicatesse, l’amour et l’humanité se dévoilent naturellement. Pour tout dire, je n’y ai – au premier sens du terme – rien trouver d’absurde, même si notre monde l’est.

Il est écrit, dans le petit texte de présentation que Bernard Lévy « considère moins la pièce comme une « fable poético-burlesque », telle qu’elle habituellement perçue, que comme un texte à prendre littéralement au pied de la lettre ». Avec ces chaises offertes à d’hypothétiques invités, les deux vieillards entament la banale discussion qui est pourtant le message essentiel de leurs vies. Le génie d’Eugène Ionesco transforme les paroles du rien et de rien, ce vide trompeur dominant en une expression lumineuse de nos rêves, désirs et déceptions. Éclairs de notre condition humaine.

Nous comptons nombre d’excellents acteurs de générations différentes qui montent actuellement sur les plateaux français. Mais quelle dose de talent, d’années de travail et d’expérience faut-il pour atteindre cette justesse offerte par Thierry Bosc et Emmanuelle Grangé ? Ils sont de très grands acteurs. Il y a des moments, grâce à leur jeu, d’une intensité qui change la densité de l’air. Nous ne vivons plus que par l’attrait de leur voix, de leur regard. Ils sont là, dans ce décor si bien pensé – une pièce de verre translucide qui – nous ou les (?) place dans un au-delà – passé, présent ou futur ? – dont la ligne de frontière se construit lentement chaque jour. Mais chez Ionesco, elle n’enfermera pas l’individu qui, ici dans « les chaises », restera maître de son destin. Car le poète roumain, bien que tragédien, donne à voir davantage la vie que la mort.

CE SOIR ET DEMAIN.

La Scène Watteau, Place du Théâtre, Nogent-sur-Marne, station RER E Nogent-Le Perreux

Autoroute A4

Au niveau de la Porte de Bercy en venant de Paris, prendre la sortie n° 5 « Nogent-sur- Marne » et rester sur la voie de gauche. La Scène Watteau est à 500 m de la sortie d’autoroute.

RATP

La Scène Watteau est desservie par les lignes de bus suivantes : 114-116-120-210-317. Arrêt : Gare de Nogent-Le Perreux.

Direction Paris (par Vincennes) vers RN34

RER E

Direction Villiers-sur-Marne, station : Nogent- Le Perreux. Le temps moyen du trajet Paris (station Magenta) – Nogent : 20 minutes. La Scène Watteau est juste en face de la station.

RÉSERVATIONS

Par téléphone

Du lundi au samedi de 14h à 19h en composant le numéro suivant : 01 48 72 94 94. Pour les réservations téléphoniques, le paiement par carte bancaire est obligatoire.

En ligne sur notre site

La billetterie en ligne sur notre site internet (www.scenewatteau.fr) sera disponible à partir du 15 septembre 2017.

Jean Fautrier, matière et lumière

Dans une interview publiée dans le numéro de Télérama en cours, le peintre Gérard Garouste évoque sa bonne éducation : « Alors, à l’entrée du collège, mon père m’a inscrit à l’école du Montcel, à Jouy-en-Josas, qui pourtant était au-dessus de nos moyens. Les fils de Chagall et Fautrier y étaient aussi, tout comme Patrick Modiano et Jean-Michel Ribes. Nous les enfants étions tous conscients de la hiérarchie sociale. Les parents qui venaient en Rolls ou en Bentley se garaient au milieu de la cour pour afficher leur rang. Artiste d’avant-garde, et donc bien au-dessus de tout ça, Fautrier mettait un point d’honneur à débarquer là dans une vieille voiture pourrie. J’ai appris ce qu’était le snobisme de l’art grâce à lui. » Est-ce là un trait supplémentaire qui permettrait de mieux dessiner l’esprit de celui qui avec Jean Dubuffet est le plus grand représentant de l’art informel ? Probablement. La magnifique exposition « Matière et lumière » en cours jusqu’au 20 mai 2018 au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, nous éclaire particulièrement – 200 œuvres présentes (140 peintures et plus de 25 sculptures) – sur ce solitaire, sinon oublié, du moins qui peine encore à être à sa place parmi les plus grands, ce qu’il est comme un des artistes majeurs du XXème siècle. Avec son art informel, dont l’influence sera considérable, il refusera, avec une rigueur jamais émoussée, que la peinture ou la sculpture ne soit plus en prise avec la réalité. En 1946, Ponge compare la forte personnalité de Pablo Picasso (1881-1973), à celle de Jean Fautrier (1898-1964), dans lequel il reconnaît le double : « Après Picasso : masculin, léonin, […], Fautrier représente le côté de la peinture féminin et félin. »

Informations pratiques

11, avenue du Président Wilson 75116 Paris
Standard : Tél. +33 1 53 67 40 00. Ouvert du mardi au dimanche de 10h00 à 18h00 (dernière entrée 17h15)
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h00 pour les expositions temporaires (dernière entrée 21h15)
Entrée gratuite pour les collections permanentes

 

ADEL HAKIM, SES ROSES ET SON JASMIN À JAMAIS

Adel Hakim, acteur, metteur en scène et dramaturge nous a quitté prématurément à la fin de l’été dernier. Ses combats pour la paix et l’amour entre les hommes ont été incessants dans ses dramaturgies et dans sa vie. Fils d’un père égypto-libanais et d’une mère italienne, il ressentait au plus profond de lui-même l’égalité qui nous unit tous. Il ne se résignait pas à accepter les guerres d’où qu’elles viennent. Une humanité exceptionnellement rare portée par une voix douce et une écoute attentive et respectueuse de tous les points de vue dès l’instant où ils étaient portés par la raison.

Le Théâtre des Quartiers d’Ivry, dont il fut le directeur avec Élisabeth Chailloux reprend à partir de soir et jusqu’au 16 mars sa dernière pièce (texte et mise en scène) « Des roses et du jasmin » qui fut unanimement salué par la critique et le public (voir les nombreuses critiques sur le site theatre-quartiers-ivry.com). À voir absolument.

Trois générations

Dans les années quarante, l’Angleterre occupe la Palestine. Une jeune juive venue de Berlin, Miriam, tombe amoureuse de John, un officier anglais. Ils auront une fille, Léa. Dans les années soixante, Léa tombe amoureuse de Mohsen, un jeune palestinien. Ils auront deux filles, Yasmine et Rose. Vingt ans plus tard, au moment de l’Intifada de 1988, Yasmine et Rose se trouveront dans deux camps opposés.

Allant de 1944 à 1988, Des Roses et du Jasmin relate le parcours, à travers trois générations, d’une famille dans laquelle convergent les destins de personnages palestiniens et juifs.
La Tragédie Grecque a servi de modèle pour ce spectacle. L’intime y est mis en rapport avec la société et le monde. Le spectateur se trouve alors seul juge des actes des protagonistes. Le poids du passé, pour tout individu, quel qu’il soit, détermine son identité, son inconscient, ses actions, son destin. Il y a certes une part de libre arbitre dans nos choix et dans nos projets de vie. Mais nous sommes constitués, génétiquement et culturellement, de ce que les générations précédentes ont construit et nous ont légué. Il est fort difficile de se libérer, ne serait-ce que partiellement, de ce poids du passé. A moins d’avoir conscience qu’il existe. Et d’en parler.
Dans Des Roses et du Jasmin ce n’est pas seulement du Moyen-Orient qu’il s’agit ou de communautés particulières. C’est ce que nous vivons tous, d’une manière ou d’une autre.

Adel Hakim

 

Tragique d’aujourd’hui en Palestine

“Avec deux productions en quatre ans, le metteur en scène Adel Hakim redonne un véritable élan au Théâtre National Palestinien (TNP). Son premier spectacle présenté ici, on s’en souvient encore, Antigone de Sophocle, a été un authentique succès. Si la logique existe en matière théâtrale, il ne fait aucun doute que Des Roses et du Jasmin devrait suivre le même chemin. Créé le 2 juin à Jérusalem-est, le nouveau spectacle qui retrouve le même excellent noyau de comédiens que pour Antigone, marque le retour d’Adel Hakim à l’écriture théâtrale que l’on espérait depuis longtemps. Un retour pour le moins ambitieux, puisque cette “ épopée musicale ”, entend rien moins que de développer sur trois générations successives l’histoire d’Israël et de la Palestine, de 1948 à 1988. Ecrite et montée dans l’exacte suite d’Antigone, elle met en présence sur le plateau, dans un égal partage et dans une égale implication, les deux protagonistes du conflit, les protagonistes de la tragédie. De l’écriture à sa réalisation scénique, il est évident qu’Adel Hakim pense à la tragédie grecque, met ses pas dans ceux d’Eschyle et de Sophocle, invente une histoire de famille à l’aune de celle des Labdacides ou des Atrides.”

Jean-Pierre Han

Les Lettres françaises

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Théâtre des Quartiers d’Ivry – Centre Dramatique National du Val-de-Marne

Manufacture des Œillets
1, place Pierre Gosnat – 94200 Ivry-sur-Seine

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