Faciles à vivre…

Gracq © photo Roland Allard
Gracq © photo Roland Allard

 

(…) Et que pourrais-je avoir à dire qu’entre nous et dès la première minute il n’y a jamais eu de place pour le pourquoi. Et que pourrais-je avoir à dire de vous, maintenant que la nuit se fait sur nous pour cette lumière neuve que nous avons tant attendue et qui m’allonge au long de ma route les ombres seules qui m’ont jamais versé toute la fraîcheur, sinon que vous restez ceux-là même par qui la vie était bonne et meilleure – oui, je ne connais pas de mot de plus vrai compagnonnage : faciles à vivre – une épaule pour la tête endormie – dans les épreuves le visage même, que j’ai vu parfois mouillé, de l’embellie – vos dos devant moi toujours contre le soleil épais et larges comme un bouclier, soudés comme dans une gloire par la poussière fabuleuse de la route.

Gracq (Julien), les terres du couchant, Éditions Corti, septembre 2014.

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