Faire sauter le verrou des années de plomb

Attentat à la gare de Bologne. 2 août 1980 - 10h25. 85 morts, 200 blessés.
Attentat à la gare de Bologne. 2 août 1980 – 10h25. 85 morts, plus de 200 blessés.

Matteo Renzi, nouveau président du Conseil italien, a décidé de déclassifier une bonne partie des documents officiels sur plusieurs attentats terroristes qui ont ensanglanté l’Italie, de la fin des années 60 jusqu’aux années 80 : «Il s’agit d’un devoir envers les citoyens et les proches des victimes». Aucun chef des gouvernements précédents n’avait osé ce geste. De l’attentat de Piazza Fontana à Milan (17 victimes), qui marqua, en 1969, le début d’une longue spirale de violences, jusqu’à celui du train rapide 904 qui, en 1984, provoqua la mort de 17 personnes, en passant par la destruction en plein vol d’un avion civil dans le ciel d’Ustica (81 morts) en juin 1980. Au total, ce sont huit dossiers enveloppés de mystères qui vont être déclassifiés. Dans certains cas, les auteurs matériels ont été identifiés. Pour l’attentat à la gare de Bologne, en août 1980 (85 morts et plus de 200 blessés), un groupe d’activistes néofascistes a ainsi été condamné. Mais il reste de nombreuses interrogations sur les commanditaires, les mobiles et, surtout, les complicités dont auraient bénéficié les auteurs de ces différents attentats, notamment sur le rôle des services secrets. Bien que sceptiques sur les futurs résultats, « certaines choses ne s’écrivent jamais même par erreur », les familles des victimes saluent l’initiative de Matteo Renzi.

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