L’affichage ratée de NKM.

Une affiche de l'UMP qu'on a failli voir... Ou l'histoire du lundi qui n'est pas un vendredi. Une inquiétante décision et une précipitation révélatrice.
NKM et Fatima Allaoui : une affiche de l’UMP qu’on a failli voir… Ou l’histoire du lundi qui n’est pas un vendredi. Une inquiétante décision et une précipitation révélatrice.

NKM flashée en plein excès de vitesse de racolage politique. Le vendredi, la numéro 2 de l’UMP, position obtenue de haute lutte contre l’autre prétendant Laurent Wauquiez, veut montrer qu’elle a non seulement sa liberté de parole, mais sa liberté d’agir. L’heure est à la constitution du secrétariat national, c’est-à-dire ni plus ni moins que de la somme des personnalités qui, en cas d’alternance politique, pourraient se retrouver aux commandes de la France. Chaque leader propose dont ses meilleurs candidats et, en pleine démocratie, c’est Nicolas Sarkozy qui décide et valide. La députée de l’Essonne veut donc briller de tous ses feux, c’est pour elle le moment d’affirmer sa position et son talent de découvreuse de pépites. Tout d’abord, on ne peut guère le lui reprocher dans une UMP où la parité est encore à conquérir… elle choisit une femme. Jeune puisqu’il s’agit, ne l’oublions pas, d’incarner le renouvèlement des générations. L’UMP ne peut plus être ce qu’elle a été, il faut changer la galerie de portraits. Ce sera donc Fatima Allaoui. On lui donne même le poste attaché à la formation professionnelle. Une jeune pour l’avenir des jeunes ! Que demander de plus ? Rien, et bien si ! «  J’ai proposé cette jeune femme parce que j’ai trouvé qu’elle avait un parcours de qualité issu de la diversité et je souhaite promouvoir dans l’organigramme du parti des personnes avec des profils différents » ajoute NKM qui veut prouver que rien ne lui échappé dans ce choix raisonné. La diversité est respectée, c’est-à-dire que la couleur de peau ne gêne en rien à l’UMP : blanche, noire, basanée, aucune n’est bannie. On ne peut que s’en réjouir. Sarkozy avait eu sa Rama Yade, NKM aura sa Fatima Allaoui, tous deux sont de bons parrains républicains. Là-dessus un week-end réparateur passe jusqu’au lundi où le journal Libération révèle que la nouvelle secrétaire nationale adoubée par Nicolas Sarkozy lui-même appartient au Siel (Souveraineté, indépendance et libertés), un groupuscule d’extrême droite fondé par Paul-Marie Couteaux et affilié au Rassemblement Bleu Marine de Marine Le Pen. L’homme s’est fait connaître en 2013 en considérant que l’introduction du mariage homosexuel en France était « une violence faite à la nature ». Ciel ! Sale début de semaine pour NKM qui en dévisse sur ses talons puisqu’elle se voit obliger de déclarer : “Je ne savais absolument pas qu’elle avait eu cette aventure politique“. On ne peut mieux détruire son argumentaire précédent et révéler un oubli très inquiétant pour une femme qui dit faire du combat contre le Front national une de ses priorités ! Il est vrai que, lors de la campagne des municipales à Paris l’ancienne porte-parole de Sarkozy avait multiplié les gaffes et révélé sa méconnaissance de très nombreux dossiers. Ce qui lui fut fatal. Fatima Allaoui nommée vendredi, démise de ses fonctions lundi… la mécanique UMP est en route. Un de ses membres, sous le couvert de l’anonymat a eu ce mot à propos de Sarkozy, qui avait en personne validé cette nomination, « il a agit avec précipitation et sous la pression de la guéguerre interne NKM-Wauquiez ». Nicolas sous pression, non ! Qui peut y croire ? Ou alors… On tirera de cet épisode fondateur du nouveau parti du futur, entre autres éléments, que l’UMP recrute à l’inverse du CV anonyme censé mettre fin à la discrimination liée aux origines. Le parti de Nicolas Sarkozy – comme tant d’autres ! – préfère mettre en avant la diversité… même si celle-ci ne sert que pour l’affiche. À se demander si les fiches des candidats aux responsabilités – jusqu’aux plus hautes – ne sont pas principalement regardées avec deux critères dominants : l’âge et la diversité. Passe pour la compétence. NKM n’a pas pris soin d’en lire plus, d’en savoir davantage et même visiblement de parler ou de recevoir l’élue de son cœur. On peut aussi s’interroger : et si NKM devenait un jour Premier ministre… composerait-elle ainsi son gouvernement ?

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