Intervention au Conseil municipal du 24 juin 2010 / Délibération n° 13

Je voudrais vous dire ma stupéfaction face à votre proposition concernant l’accueil de la chorale de Caracas. Elle est en effet paradoxale… et inquiétante.

Pour commencer, je le dis à nouveau après Mouna Viprey, cette subvention reste surprenante par son montant. Evidemment, 14 000 euros pour une chorale d’un soir, c’est une somme non négligeable. Elle est quasi équivalente à celle, par ailleurs réduite pour cause de budget contraint, allouée à l’association Les Musicales. Association qui, elle aussi, a reçu 150 choristes, dont plus de cinquante enfants venus d’Argentine, pour un spectacle à l’église St-Pierre/St-Paul. Mais Les Musicales, avec la même somme, recevront 7 autres spectacles dans l’année. On mesure la différence.

Cette demande est aussi paradoxale. Alors que le discours de la majorité en matière de politique culturelle est celui de la transversalité entre les services, d’une nécessaire action concertée entre le plus grand nombre d’acteurs pour toucher le public le plus large – notamment lors d’actions d’éducation artistique des plus petits –, nous sommes ici à l’exact opposé de cette volonté.

La chorale des enfants de Caracas arrivera sur Paris le vendredi 30 juillet au matin. Et après un nécessaire repos, puis une découverte de Paris que l’on peut comprendre pour des enfants et des adolescents venant en France pour la première fois… et que la ville assurera, ils se produiront le samedi soir 31 juillet à la salle des fêtes.

Aucune action transversale et de proximité ne pourra donc être menée. Quel travail avec le service municipal de la jeunesse ou avec notre Conservatoire de musique, la Maison populaire… tous deux par ailleurs fermés à cette époque ?

Aucune bien sûr, car le travail de terrain… ne pourra pas se faire en une seule matinée.

Enfin cette initiative est inquiétante. Avec de telles initiatives pilotées « du plus haut » par le cabinet, nous sommes en train d’assister à un glissement dangereux vers l’événementiel, ici culturel, mais en d’autres occasions sportif… au service principalement de la communication.

Car, sans nul doute, la photo sera belle de ces jeunes venus de si loin pour honorer Montreuil et sa maire.

A moins qu’il ne s’agisse d’inaugurer des relations internationales avec le pays dirigé par M. Chavez…

Mais ce n’est pas notre conception d’une politique culturelle vivifiante et durable pour les Montreuillois.

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