La ligne de vie qui transforme la Seine-Saint-Denis.

Euphorie (Le Monde), gros lot (Le Parisien), unanimité politique ! C’est un fait rarissime en politique de voir une telle responsabilité traduite en actes… Et cela fait plaisir à voir, à lire et à entendre. Quand la politique agit ainsi, sait voir loin, travaille sérieusement sur des projets, le résultat est là. Certes il faut la volonté de débattre, de penser à l’autre et de faire un choix. La politique… tout simplement. Bien sûr il y avait plusieurs scénarios pour des projets différents, bien sûr il y en avait un où Montreuil et Pantin étaient « mieux servis », mais l’intérêt général a primé. En premier lieu départemental, où l’Est de cet Est parisien qu’est la partie la plus mal desservie de la Seine-Saint-Denis devient enfin vivante par cette irrigation de transports publics. En second lieu régional avec une cohérence d’ensemble qui se retrouve dans le calendrier… et les financements. Bravo à tous les acteurs, notamment les élus du Conseil général de Seine-Saint-Denis qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour débloquer un chantier bloqué depuis des années. Ci-dessous l’article de Luc Bronner dans Le Monde en date du jour.

L’euphorie unanime des élus de Seine-Saint-Denis

Le Grand Paris peut-il aider la Seine-Saint-Denis à rebondir ? Les élus du département étaient euphoriques, mercredi 26 janvier, après l’annonce d’un accord sur le Grand Paris débouchant sur la promesse de réaliser une double ligne de métro dans le 9-3. La première reliant Champigny et Le Bourget par Clichy-Montfermeil. La seconde reliant Noisy-le-Grand et Saint-Denis par Bobigny.
Une victoire pour la Seine-Saint-Denis “, s’est félicité le président (PS) du conseil général, Claude Bartolone, en se disant convaincu que cet accord contribuait à faire de la Seine-Saint-Denis le nouveau ” centre de gravité ” de l’Ile-de-France. ” C’est une grande date pour le département “, s’est réjoui Claude Dilain, le maire socialiste de Clichy-sous-Bois. ” Je suis fou de joie “, a réagi Eric Raoult, député UMP et maire du Raincy, en se félicitant du ” consensus historique ” entre l’Etat et la région et entre la droite et la gauche.
Alors que, dans un premier temps, les élus du département s’étaient divisés en fonction de leurs intérêts locaux, l’idée de créer deux lignes de métro traversant le territoire a provoqué une union sacrée. En novembre 2010, les maires de Clichy-sous-Bois, Livry-Gargan, Montfermeil, Sevran et Aulnay-sous-Bois avaient ainsi constitué une association commune pour défendre les intérêts du ” quart nord-est de la Seine-Saint-Denis ” et demander la réalisation de deux boucles de métro. Fin 2010, ce sont les élus du conseil général qui ont adopté à l’unanimité une résolution demandant la création de deux lignes. Il y a quelques jours, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne se sont entendus pour défendre un projet commun devant l’Etat et la région.
Les élus insistent sur les effets positifs de long terme de ces avancées sur les transports. Celles-ci renforcent les projets de développement, notamment les sites d’excellence identifiés par l’Etat : quatre des huit pôles du Grand Paris sont situés en Seine-Saint-Denis, avec Roissy, Noisy-le-Grand, Saint-Denis et Le Bourget.
L’amélioration des transports doit aussi permettre de défendre les actuels points forts du département, par exemple autour du Stade de France, où des centaines de milliers de mètres carrés de bureaux ont été créés ces dernières années. ” La Seine-Saint-Denis n’est plus désormais considérée comme un simple dortoir pour des centaines de milliers de salariés, mais est reconnue comme un véritable moteur du développement métropolitain “, explique M. Bartolone. ” On sort de la logique des faits-divers pour la Seine-Saint-Denis, on n’est plus sur une logique conflictuelle, mais on parle de développement économique “, souligne M. Raoult.
Les maires des villes les plus pauvres, qui doivent gérer l’urgence sociale au quotidien, se félicitent aussi de disposer de projets ambitieux pour désenclaver leurs territoires. ” Le développement de la métropole se fait à l’est. Avec les transports, ce sont des éléments structurels pour la Seine-Saint-Denis. C’est une évolution qui aurait dû avoir lieu il y a vingt-cinq ans mais c’est essentiel pour un département qui a longtemps été délaissé “, explique Stéphane Gatignon, maire Europe Ecologie de Sevran.
Le désenclavement, c’est une nécessité pour les habitants. Mais le projet de métro nous permet d’aller plus loin et de penser aux équipements structurants pour nos villes “, souligne de son côté Claude Dilain, le maire de Clichy-sous-Bois, en donnant les exemples du projet de Villa Médicis des banlieues à Montfermeil, le projet d’une université à Aulnay-sous-Bois ou l’idée d’installer un équipement sportif et culturel international à Livry-Gargan.

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