Le Vert à moitié plein, ou à moitié vide ?

Les Universités d’été sont désormais un passage obligé pour les partis politiques. Une sorte de parcours obligatoire de bonne communication où les « devoirs de vacances » démontreraient que tout retard programmatique (éventuel…) peut être effacé si l’on sait être studieux sous le soleil. EE-LV (Europe Ecologie-Les Verts) inaugurait le genre de cet été dans l’amphithéâtre de la fac de lettres de Clermont-Ferrand qui vit le succès d’un des plus prestigieux ciné-club universitaires de France. Que retenir de ce qu’on lit dans la presse… Le « vieux jeune parti écologiste » a de nouveau fait étalage de déclarations aigres-douces qui ne visent que lui-même. « C’est un texte de droite », selon un proche d’Eva Joly… Lequel ? Ni plus, ni moins que celui de Laurence Vichnievsky, porte-parole d’EE-LV et ancienne collègue de bureau Eva Joly au pôle financier pendant l’affaire Elf et conseillère régionale en Paca. Elle avait osé écrire dans Libération : « Aujourd’hui, la réduction de la dette s’impose à nous comme un rappel au principe de réalité. Elle nous oblige à revoir notre projet. […] Le retour à l’âge légal de la retraite à 60 ans est une lubie. » Voilà au moins un propos que n’aura pas eu à commenter Nicolas Hulot qui avait décidé de ne pas être présent aux côtés d’Eva Joly… la vainqueur de la primaire interne qu’il avait pourtant déclaré soutenir en cas de défaite. Avant qu’il ne crie aux coups fourrés d’appareil qui, selon lui, ont empêché sa victoire. Dany le rouge a eu un avis (définitif ?) sur son ancien ami : «  J’ai arrêté d’essayer de comprendre Nicolas Hulot. C’est un grand garçon majeur et vacciné. […] Maintenant, il fera ce qu’il voudra. Les écologistes existaient avant Nicolas comme avant Daniel Cohn-Bendit. Ils existeront après. » Une phrase pleine de hauteur après celle, plus compliquée à suivre : « J’ai voté pour Eva Joly [à la primaire] parce que je croyais qu’elle allait perdre. C’était [un geste] solidaire de voter pour elle.» Voilà un curieux raisonnement politique que de choisir son vote, pas pour des idées, mais pour le perdant annoncé ! D’autant que le même Daniel Cohn-Bendit continue de penser : « qu’il faudrait peut-être se poser la question de retirer la candidature d’Eva Joly si le PS, l’UMP et le FN se trouvaient au coude à coude dans les sondages, afin d’éviter un nouveau 21 avril. » De toutes ces joyeuses embardées, on pourrait retenir qu’il s’agit d’une nouvelle expression de la vitalité de dirigeants fidèles à leurs racines originelles : toujours surprendre en se surprenant soi-même. On pourrait dire aussi qu’on peut voir le parti Vert à moitié plein ou à moitié vide. Plein d’une Cécile Duflot affichant enfin son total soutien à Eva Joly. Vide du départ tonitruant de Nicolas Hulot et de Laurence Vichnievsky, éjectée de fait. La question essentielle, au-delà de « disputes » au demeurant assez politiciennes et, disons-le tout net, que l’on retrouve en d’autres lieux et partis, est de savoir si EE-LV qui vise à de hautes destinées politiques, jusqu’à demander à son allié PS un groupe important de députés, est capable de débattre sereinement d’idées sans invectives et rejet de l’autre. De ses propres membres d’abord, de ses partenaires ensuite. Cela semble être une triste manie. Le paysage de volcans éteints depuis longtemps n’a pas calmé les mauvaises ardeurs vertes, ce sera pour une autre fois. Peut-être. Espérons que la proche université du Parti socialiste montre un autre visage. Celui d’un parti responsable. Les campagnes, présidentielle au premier chef, et celle des primaires d’abord, en ont besoin. Le pays aussi.

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