Cézanne devant Delon

© Photo de la Ferrari - Eric Feferberg AFP
© Photo de la Ferrari – Eric Feferberg AFP

Le soleil de Provence est resté plus lumineux que les éclats de lumière du cheval cabré de Maranello. Vue sur l’Estaque et le château d’If a été adjugé à 17,9 millions d’euros, soit 3,7 de plus que la Ferrari 250 GT California Spider *. Certes, les enchères de Londres ont dépassé celles de Paris, mais l’honneur est sauf, la France est restée gagnante grâce à Paul Cézanne…

Il faut dire que le bolide d’Émilie-Romagne n’est même pas rouge… il est bleu. Un joli bleu nuit dont les étoiles n’ont pas suffisamment brillé pour surpasser le ciel marseillais. Pourtant il y a une star qui a tenu des propos électriques vis-à-vis du bolide. Certes, cette étoile a tendance à n’être jamais contente. Alain Delon a fait savoir son mécontentement de voir « son nom a utilisé pour faire monter les prix ».

L’acteur de Plein soleil, qui a piloté le spider (brièvement) dans les années soixante, va-t-il réclamer des royalties pour lustre et plus-value ajoutée ? L’homme qui parle de lui à la 3ème personne n’aurait-il pas saisi, une nouvelle fois, une occasion de peaufiner son personnage à la ville ? Peut-être…

Mais en vérité, dans ces jeux de maillets spéculatifs, somme-nous certains que ce sont bien le tableau et l’automobile qui ont été achetés ? Ne serait-ce pas pour le premier, davantage le peintre Paul Cézanne que la toile elle-même, et pour la seconde davantage la marque du Commandatore que son modèle étonnamment « américain ».

Et quand on dit Commandatore, le bel Alain n’est pas loin de penser que c’est toujours de lui qu’on parle.

* Modèle dessiné par Pinin Farina et carrossée par Sciglietti, il s’agit d’une des plus belles Ferrari et l’un des plus beaux cabriolets de l’histoire de l’automobile.

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