Vieux cheval de retour n’est pas pur sang

Image MaritonHervé Mariton baigne dans la politique depuis 1983 lorsqu’il devint, à 24 ans, conseiller municipal de Chevreuse. Il enchaînera comme conseiller régional en Rhône-Alpes et conseiller municipal de Valence à 27 ans. Le polytechnicien et ingénieur des mines, parlant couramment le russe ne quittera plus la Drôme où il est en plein quatrième mandat parlementaire. Tout cela pour dire que depuis 33 ans, même s’il n’a été ministre (de l’Outre-mer) que moins de deux mois et s’il a perdu sa lutte pour devenir le N°1 de l’UDF contre François Bayrou en 1998 et une nouvelle fois, en 2014, pour devenir président de l’UMP, Hervé Mariton a su du moins médiatiquement faire en sorte « d’exister » au-delà de ses terres. Aujourd’hui il continue en étant candidat à la primaire de la droite et du centre pour la présidentielle de 2017… et il perdra une nouvelle fois.

Peu lui importe, on parle de lui… mais surtout de ses convictions qui ne sont guère « du centre ». Il s’est opposé au mariage pour tous et, entre autres joyeusetés, défend l’avantage fiscal pour les jeunes mariés… mais pas les pacsés et les couples divorcés ! Et puis, il s’affirme régulièrement partisan du droit du sang en opposition au droit du sol.

Il récidive pour en faire son propos marquant de ces derniers jours en cet été où les sondages pour la primaire donnent Alain Juppé nettement en tête. Pour lui (interview dans Le Monde du 3 août 2016) : « La présomption doit être que la naissance sur le sol français n’induit pas l’acquisition de la nationalité ». Et d’invoquer : « les moments tragiques d’une mondialisation croissante qui invite à « reconnaître sur notre territoire la prééminence de la culture d’accueil sur les cultures d’origines ». D’emblée on mesure aussi bien la « phrase forte » « fini le droit du sol » aussi bien que le propos de marmiton nageant dans les sauces troubles des théories fumeuses et dangereuses. En effet, quelle définition pour la culture d’accueil et (notons le pluriel) les cultures d’origines ? L’Ingénieur du Corps des instruments de mesure sait parfaitement qu’il travaille sur ce point à la louche. Il s’agit de nourrir les extrêmes du fumet malodorant qui les attire… D’ailleurs ne s’empresse-t-il pas dans le même article de lancer : « Bien entendu, ce principe directeur doit être enrichi par un processus fluide et maîtrisé de naturalisation pour les personnes bien intégrées à la communauté nationale ». Une phrase de rattrapage à l’ambiguïté confondante et perverse.

Hervé Mariton n’en a cure. Cheval politique de second rang, son objectif – comme aux Jeux Olympiques – vise l’essentiel : participer. Avec un but unique… tout faire pour être sous les flashs de la notoriété d’un jour. Mais à l’inverse des athlètes qui nous font rêver (du moins quand ils ne sont pas dopés… ou pas pris) et participer à une joie humaniste qui transcende les frontières et les cultures d’un monde ouvert sur le partage, ses ruades verbales utilisées comme une communication des plus éculées et des plus basses, nous proposent un monde fermé sur lui-même aux murs dégoulinant la démagogie et suintant l’ignominie.

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