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Macron : une politique culturelle à livres ouverts

Après lecture du rapport « Voyage au pays des bibliothèques, lire aujourd’hui, lire demain… » rédigé par l’académicien Érik Orsenna et l’inspecteur général des affaires culturelles Noël Corbin, le président de la République et Françoise Nyssen, la ministre de la Culture ont confirmé la place prioritaire donnée à la lecture publique. Emmanuel Macron, dans son programme, avait annoncé un effort conséquent de l’État pour aider les bibliothèques. Avec le plan national en 19 propositions, il s’agit bien en effet de s’appuyer sur un trésor existant – le réseau des 16.500 bibliothèques et des 8.800 points de lectures du territoire, pour en faire une véritable arme d’émancipation, d’éducation et de culture pour tous les Français, des plus jeunes aux plus âgés. On peut ajouter des espaces de partage et de plaisir tant les personnels des bibliothèques et des médiathèques ont déjà su élargir les offres culturelles pour en faire de véritables lieux de vie.

Si, depuis plusieurs années, ils se sont effectivement ouverts à de nombreuses activités culturelles, il reste beaucoup à faire sur un point essentiel : les horaires d’ouverture.

En France, ils sont de loin bien inférieurs à ceux des grandes villes du monde (plus de 100.000 habitants). Chez nous, les bibliothèques ne sont ouvertes en moyenne que 41 heures par semaine… contre 78 heures à Londres par exemple. Paris est à 38 h, Rotterdam 58 h, Paris (BPI Beaubourg) 60 h, Stuttgart 72 h, Amsterdam 84 h, New York 82 h et Copenhague 98 h.

Une bibliothèque vivante est une bibliothèque ouverte et surtout ouverte aux heures où les publics sont en capacité d’y venir. C’est-à-dire notamment le soir et les week-ends.

Je me souviens qu’étant adjoint à la culture à Montreuil sous la mandature de Dominique Voynet, l’élargissement des horaires de la bibliothèque centrale Robert Desnos – nous avons la chance de compter en complément 3 bibliothèques de quartier dont la rénovation fut engagée dans la même période, fut une des premières actions engagées. C’est un coût, et c’est aussi un long dialogue nécessaire avec les personnels qui doivent naturellement être renforcés.

Aujourd’hui, à Montreuil, la bibliothèque près de la mairie est ouverte 34 h par semaine et les trois présentes dans les quartiers 18 h. La volonté du gouvernement, pour les villes de plus de 100.000 habitants est d’arriver à 50 heures d’ouverture hebdomadaires et de 45 h pour celles de 50.000 à 100.000.

Pour l’instant, le gouvernement a débloqué 8 millions d’euros annuels pour les cinq prochaines années. Après une cartographie précise, recommandée par le rapport et qui doit être finalisée à l’été 2018, les modalités et les coûts seront alors précisés selon les situations variables. Les auteurs du rapport souhaitent que les emplois aidés soient maintenus au sein des bibliothèques.

Parmi les autres axes de travail proposés, émergent deux lignes de forces générales. La première est la volonté de multiplier les points de proximité avec les lecteurs. Les bibliothèques de quartier en sont un bon exemple, mais on peut penser aux « boites à livres » et aux points de lectures comme celui présent au cinéma Le Méliès. Le second et de favoriser la coordination entre les acteurs de la lecture au niveau des bassins territoriaux. Personnellement je préfère dire bassins de vie où les flux d’échanges commerciaux et culturels font fi des frontières entre communes et département. Par exemple le Bas-Montreuil tourné aussi bien vers la Croix-de-Chavaux que vers Vincennes, ou La Boissière tourné aussi vers Rosny-sous-Bois et Le Morillon vers Fontenay. S’ouvrir aux autres est donc souhaité car le partage d’expérience – et qui sait d’initiatives ! – est toujours un plus. À ce titre le rôle des bibliothèques universitaires est fortement interrogé tant elles ne correspondent pas aux réels besoins des étudiants, sans parler des lycéens et du public.

Enfin, notons que le ministère de la culture souhaite aussi que les migrants soient accueillis pour l’apprentissage du français dans au moins une bibliothèque référente par département.

Pour tous ceux qui douteraient de l’importance capitale de cette priorité en termes de politique culturelle, je conseillerai d’acheter le DVD du film documentaire de Frederick Wiseman « Ex Libris  : The New York Public Library » (2017). S’il avait été réalisé lorsque j’étais élu, j’aurai demandé à tous mes collègues de le voir avant que, en bureau municipal, nous prenions nos décisions sur l’avenir de nos bibliothèques. Ce magnifique film démontre avec puissance l’apport d’un véritable service public culturel pour toutes les générations et toutes les conditions.

 

Pour télécharger le rapport « Voyage au pays des bibliothèques, lire aujourd’hui, lire demain…  »

http://www.culturecommunication.gouv.fr/Actualites/Voyage-au-pays-des-bibliotheques-le-rapport-de-la-mission-Orsenna

DURAS, L’INVERSION DES AMOURS ET LES CONJUGAISONS BRISÉES

(…) Ainsi est la ville, déjà close sur le sommeil. Quelques-uns parlent encore de Rodrigo Paestra dont la femme a été trouvée nue près de Perez tous deux endormis après l’amour. Et puis, morte. Le corps de dix-neuf ans est à la mairie. Si Maria se levait, si Maria allait à la salle à manger, elle pourrait demander qu’on lui apporte un verre d’alcool. Elle imagine la première gorgée de manzanilla dans sa bouche et la paix de son corps qui s’ensuivrait. Elle ne bouge pas. Par-delà le couloir, à travers l’écran jaune et vacillant des lampes à pétrole, il doit y avoir les toits de la ville, recouverts par le ciel qui court, s’épaississant toujours. Le ciel est là, contre le cadre du balcon ouvert. Maria se relève, hésite à repartir vers la salle à manger où ils sont encore dans l’émerveillement de leur foudroyant désir, seuls encore…

Duras (Marguerite), Dix heures et demie du soir en été, les éditions de minuit, novembre 1996.

L’extrait complet dans la rubrique ci-dessus « Chemins de lecture »