La musique perd un maître

Pierre Boulez et son orchestre était venu à la salle des fêtes de Montreuil pour une inédite et passionnante "Répétition publique" à la fin des années 1970?
Pierre Boulez était venu, avec son orchestre, à la salle des fêtes de Montreuil pour une inédite et passionnante « Répétition publique » à la fin des années 1970. Une initiative singulière et rare de l’immense chef d’orchestre, compositeur, intellectuel et pédagogue qu’il était.

Un géant de la musique s’en va. Chef d’orchestre ayant dirigé les plus grandes formations musicales du monde, il se singularisait pas sa capacité à donner une force et une clarté à toutes les notes,  à tous les instruments grâce à une lecture des partitions auxquelles il donnait sa marque d’un extraordinaire théoricien et praticien de la musique. Pierre Boulez était un chercheur des Arts, de leur complémentarité. Bien sûr, en témoigne son travail à l’Ircam, la musique était son domaine premier, mais sa haute puissance et rigueur intellectuelle le menait à converser et à rechercher des croisements productifs avec d’autres artistes de domaines a priori éloignés. Il était aussi un compositeur sans relâche. Il fut même, de l’avis de tous ses collègues, un compositeur important du XXe siècle comme il fut un interprète majeur des œuvres de musique contemporaine. Celle où il excellait. Son exigence, souvent évoquée, ne l’empêchait pas – au contraire – d’être un formidable pédagogue. Lui, né à Montbrison dans la Loire, lieu où il aimait préciser « qu’il n’y avait pas de musique », appréciait de pouvoir jouer dans des lieux hors de l’habituel ainsi, avec un plaisir non retenu, qu’à rencontrer les publics les plus larges. C’est ainsi qu’à Montreuil, à la fin des années 1970, dans la salle des fêtes de la mairie qui est très loin d’être d’une qualité acoustique de premier plan, il était présent pour une expérience aussi inédite que passionnante. Avec son orchestre, juste avant la première qu’il allait jouer dans une véritable salle de concert, il avait accepté de venir produire une « répétition publique ». Les conditions d’un vrai concert, y compris les habits de rigueur pour les musiciens et lui-même, ont été tenues. Mais en plus, le chef d’orchestre, qui va être salué par ses pairs et les mélomanes du monde entier, a ensuite donné plusieurs explications sur son travail et répondu aux questions d’un public qui avait empli la salle. Dernière précision, cette venue à Montreuil, inimaginable s’il avait été nécessaire de payer l’ensemble des musiciens de l’orchestre, s’est réalisée sans cachet. Seules l’audace du service culturel d’alors et l’écoute attentive de Pierre Boulez avaient permis cette initiative dont, probablement, plusieurs Montreuillois ont gardé un souvenir qui ressurgira aujourd’hui. La France vient de perdre un de ses plus grands intellectuel et artiste, et aussi un humaniste exigeant et ouvert à tous.

Hauschka… le musicien de l’autre piano

Une représentation "d'humanisation de la musique électronique". Mac de Créteil.
Une représentation « d’humanisation de la musique électronique ». Mac de Créteil.

Le festival international  EXIT qui se tient à la Mac de Créteil est aussi l’occasion de découvrir des spectacle où « la technique » sonore, audiovisuelle, multimédia prend une part importante. Hier soir, avec « An envouter of improviser music & dance » d’Hauschka & Edivaldo Ernesto et « The measures Taken » d’Alexander Whitley, ce fut une nouvelle fois le cas.

Qui n’a pas vu le pianiste allemand Volker Bertelmann (pseudonyme Hauschka en référence au compositeur bohémien Vinrenz Hauschka ainsi qu’au Dr. Hauschka, le chimiste autrichien, fondateur de l’entreprise de soins cosmétique du même nom), peut s’interroger sur les sons qu’il produit avec son Bösendorfer. Quand on le voit de près on découvre alors qu’il pose sur les cordes de son piano divers objets : capsules de bouteilles, petites cuillères, blocs et billes de divers métaux ou coince entre les cordes des emballages de papier aluminium, des morceaux de cuir et de feutres. Entendre le résultat sur une video publiée sur ma page Facebook. Hier, son travail d’improvisation servait une chorégraphie dansé par Edivaldo Ernesto, danseur du Mozambique qui, depuis 2012, a commencé à travailler avec Judith Sánchez Ruíz pour des improvisations spontanées.

Leur travail commun est stupéfiant.

 

Un soleil Carrément B avec Fred

Qu’est-ce que j’apprends… il faut beau sur la côte Atlantique. Merci la météo !

Franchement, c’est pas difficile comme prévision. Il suffit de vérifier où passent les carrément blues chenapans de Carrément B. Là, c’est à Biarritz, au Colisée… bel endroit

Fred... carrément B. Carrément bon.
Fred… carrément B. Carrément bon.

où les vagues de leur musique amènent le soleil.

Bon c’est loin de Montreuil, mais je ne vais quand même pas rater l’occasion de faire un clin d’oeil à l’ami Fred. Dix doigts par main… si, si…

On écoute sur http://www.youtube.com/watch?v=PjLVzPQ2390

Youn Sun Nah à « Jazz For Ville »

 

Youn Sun Hah et Ulf Wakenius

Quelle belle découverte ! Vendredi soir, dans le cadre de son festival de jazz, Alfortville présentait en son théâtre de ville accolé à la belle médiathèque You Sun Nah… chanteuse de jazz coréenne. Du moins aujourd’hui puisqu’elle a commencé sa carrière à 23 ans avec le Korean Symphony Orchestra… Mais depuis les années 2000, et ses enregistrements sous le label allemand ACT, sa carrière décolle avec le jazz. A Jazz For Ville, elle était accompagnée de Vincent Peirani à l’accordéon, Simon Tailleu à la contrebasse et du guitariste suédois Ulf Wakenius. Un sacré client le dernier guitariste d’Oscar Peterson ! D’ailleurs, You Sun Nah et Ulf Wakenius font régulièrement des tournées en duo et dévoilent alors un jazz d’une rareté pureté comme en ont témoigné les morceaux qu’ils ont ainsi interprétés ce vendredi. Le lien vidéo proposé « Enter Sandman » du groupe Métallica en est une belle illustration. Car You Sun Nah et Ulf Walenius, qui composent eux-mêmes de très beaux morceaux, n’hésitent à pas à butiner chez Tom Waits, Sting et d’autres avec des arrangements aussi surprenants que fidèles. Le « Avec le temps » comme hommage à Léo Ferré est bouleversant.

Youn Sun Hah, une découverte que j’ai envie de partager… mais je mesure, puisqu’il paraît que les bacs des disquaires lui donne déjà une grande place, que je ne vais probablement pas étonné grand monde.

Pour info : le festival Jazz for Ville représente un coût propre d’environ 80.000 € pour la semaine. Par ailleurs le théâtre de ville est principalement subventionné par la mairie avec une aide du Conseil général du Val-de-Marne. Rien de plus classique me direz-vous… Oui ! Mais il ne faut jamais l’oublier.