Jean-Noël Jeanneney « En définitive, gauche et droite resurgiront »

AVERTISSEMENT. Hier je publiais l’interview  de Jean-Noël Jeanneney réalisée par Bastien Bonnefous et Solenn de Royer dans Le Monde du 6 octobre 2017. Un ami rigoureux, et à cheval sur les bons principes, m’a fait remarqué que je l’avais publié intégralement. Or intégralement, c’est illégal. Nous n’avons droit qu’à publier des extraits, ce que j’ai longtemps réalisé sur ce même blog à la rubrique « Sunday Press ». Et le plus souvent, pour des articles choisis dont je retenais une grande partie, j’attendais deux ou trois jours après la parution et invitait mes lecteurs à acheter les journaux. Ce que je fais à nouveau car nous avons tous besoin de la presse, même si nous la critiquons.

Donc, même si je laisse l’interview dans son intégralité, en espérant être pardonné par les journalistes, je prend bien note de la remarque de mon ami. Cette faute sera la dernière.

PS1 : il est vrai que la question du copyright sur Internet est de première importance. Quand on voit la précarisation croissante du métier de journaliste et de photoreporter, « voler » des textes et des images n’est pas admissible. Concernant ces dernières, j’essaie toujours de les prendre « sans droits » et citer l’auteur et l’agence. Est-ce toujours le cas, je ne puis l’affirmer à 100 %.

PS2 : S’il n’y a pas de photo illustrant cet article, c’est uniquement pour une raison technique. En effet, ce site a failli disparaître suite à un bug ou, plus probablement, suite à une fausse manipulation de ma part. Là encore un ami attentionné me la remis sur pied, mais quelques fonctionnalités demeurent encore dans les limbes du nuage. Nous verrons plus tard.

BONNE LECTURE

L’historien détaille ce que les précédents historiques ont à nous apprendre sur l’élection surprise du candidat Macron et sur sa présidence.

Ancien secrétaire d’État, ancien président de la BNF et de Radio France, Jean-Noël Jeanneney vient de publier  «  Le Moment Macron ». Pour fouiller le rapport au pouvoir du nouveau chef de l’État, ses idées, sa pensée et son positionnement tactique, de même que le contexte de sa victoire, l’historien analyse ce qui, dans l’histoire de France, rappelle la situation présente et peut éclairer l’avenir.

Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir sans guère de passé politique. Est-ce pour cette raison que vous avez décidé d’aller puiser dans l’Histoire des analogies, des clés, pour comprendre qui il est ?

Macron n’a surgi que tout récemment sous notre regard. De surcroît, il n’est visiblement pas une personnalité simple. Dans l’instantanéité des interrogations, il est précieux de réinsérer de la lenteur. C’est la vocation de l’historien. Je me suis interrogé sur ce que les précédents pouvaient nous dire de ce nouveau pouvoir. Mais aussi sur  l’usage que ce jeune président fait de l’Histoire. Je me suis appuyé sur ses écrits. Il  n’est pas sorti tout nu d’une caverne : il existe déjà tout un corpus macronien.

Vous évoquez le terme  » révolution « , du latin  » volvere « , qui peut signifier retour au point de départ, et qui est aussi le titre du livre de campagne de M. Macron. Ce nouveau monde, dont il prétend être le visage, ne serait-il pas plutôt une forme de restauration ?

Il ne faut jamais exagérer l’inédit, même si cette élection constitue évidemment une  rupture, du point de vue de l’équilibre des forces politiques, de l’émergence d’une -personnalité nouvelle ou encore de la conjoncture internationale. Mais ce « moment Macron » évoque d’autres périodes historiques, par exemple, entre autres, 1958 ou le gouvernement Waldeck-Rousseau, de  1899 à 1902, qui sont propres à éclairer la  nôtre.

Commençons par 1958 et la naissance de la Ve  République, référence qu’Emmanuel Macron revendique…

Avec 1958, il y a beaucoup de traits communs : la volonté de retrouver une efficacité, de redonner à la France un rôle d’impulsion en Europe et dans le monde, en -affirmant son indépendance. Il y a aussi la fameuse exclamation de De Gaulle : « C’est pas la gauche, la France, c’est pas la droite, la France ! » En  1958, le Général avait appelé dans son gouvernement trois socialistes, trois démocrates-chrétiens et trois personnalités de droite, mais aussi de nombreux « techniciens ». Comme Macron, il était dans une urgence, obsédé par la nécessité d’agir vite, quand la glaise était encore molle. Il a utilisé l’équivalent des ordonnances, lui aussi, une délégation de pouvoir qui lui a conféré une liberté d’action pendant six mois, grâce à laquelle il a introduit des réformes majeures. Un détail : de Gaulle donna son aval à toutes les désignations pour les législatives, une par une, comme on dit qu’Emmanuel Macron le fit aussi. Et vos confrères de l’époque ne croyaient pas que la toute jeune UNR pût acquérir un poids solide au Palais-Bourbon, ce qui fut pourtant le cas !

Et en quoi M. Macron vous fait-il penser à Waldeck-Rousseau ?

Pierre Waldeck-Rousseau était une personnalité assez jeune, dotée d’une forte autorité, et qui a assumé un « gouvernement des centres » au service de l’intérêt général. Il a été appelé à un moment où le pays s’enlisait dans des affrontements délétères : on sortait du boulangisme et de l’affaire Dreyfus. Il a fait venir à lui des personnalités des deux bords : Alexandre Millerand, le premier ministre socialiste qui soit entré dans un gouvernement, et le général de Galliffet, « fusilleur de la Commune ». Cela marcha au début. Il y eut des réformes importantes, comme la grande loi sur les associations de 1901. Puis, au bout de trois ans, le pouvoir revint au Bloc des gauches, donc à l’affrontement entre gauche et droite.

La victoire d’Emmanuel Macron -constitue-t-elle un vrai tournant par rapport au clivage droite-gauche ou est-elle une simple parenthèse ?

L’avènement du centre est un vieux rêve, chez beaucoup, en France. Mais il a rarement été durable. Giscard, qui prétendait rassembler « deux Français sur trois », a été promptement rejeté vers la droite. Bien des permanences, liées à l’Histoire, à la géographie électorale, aux généalogies personnelles et collectives, ne disparaissent pas. Je crois que l’effacement du clivage ne durera qu’un temps et qu’en définitive gauche et droite resurgiront. Je  continue à penser, avec Alain, que quand quelqu’un dit que la droite et la gauche n’existent pas, c’est qu’il est de droite. La question majeure est celle-ci : que restera-t-il de fécond de la parenthèse qui s’ouvre ?

Vous comparez également le -macronisme au saint-simonisme.

Le saint-simonisme est un mouvement représentatif du XIXe  siècle, forgé à partir de la conviction qu’il ne fallait pas que le gouvernement se contentât de jouer un rôle régalien, mais qu’il avait aussi vocation à intervenir directement dans la vie économique et sociale. Saint-Simon écrivait qu’il fallait « substituer au gouvernement des hommes l’administration des choses ». Car, ajoutait-il, « une nation n’est autre chose qu’une grande société d’industrie ». Il y avait donc déjà l’idée qu’il fallait que l’État intervînt afin de libérer les énergies mais sans laisser personne au bord de la route : souci capital, dont on espère qu’il prospérera dans le proche avenir. Emmanuel Macron est fils du saint-simonisme.

Quel usage fait, selon vous, M. Macron des symboles historiques ?

Il a beaucoup réfléchi à l’indispensable symbolique du pouvoir. La soirée de sa victoire, au Louvre, est emblématique : la pyramide de Mitterrand et de Pei, l’Ancien Régime avec les Tuileries, mais aussi l’Empire avec la cour Napoléon, et le Carrousel qui évoque Austerlitz…

Emmanuel Macron a étudié Machiavel. En est-il un disciple ?

Machiavel s’est moins soucié de la conquête du pouvoir que de son exercice et de sa perpétuation. La caricature ne retient que le mensonge, le cynisme… Mais il y a bien davantage chez lui. Il y a une quête des moyens de travailler ensemble, durablement, dans l’intérêt collectif. La brigata de Machiavel évoque déjà la petite cohorte macronienne. Machiavel a été au pouvoir, puis en a été rejeté. Sa pensée est donc utile à n’importe quel dirigeant.

Vous évoquez, dans votre livre, la tentation de l’hubris et la vanité du pouvoir. Existent-elles chez M. Macron ?

Je ne peux répondre sérieusement, pour l’heure, car je ne connais personnellement ni le président ni ses proches. Mais la façon dont il a été élu et la nature même de nos institutions créent le risque d’un cercle de courtisans voué à couper le chef de la réalité. Je me pose une question : Emmanuel Macron possède-t-il le sens du cocasse ? Qualité indispensable au recul sur soi-même et sur les choses. Les grands hommes d’État l’ont souvent. Voyez Clemenceau. De Gaulle aussi, ou Churchill…

© Le Monde Propos recueillis par Bastien Bonnefous et Solenn de Royer, Le Monde, 6 octobre 2017

Appel pour couples reproducteurs de révolutionnaires labélisés

Coeur de pigeon Petite annonce pour rencontres révolutionnaires. C’est nouveau, c’est pour l’homme nouveau (et sa femme). La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et le mouvement du 1er juillet (le M1717) de Benoît Hamon ont ouvert des sites de rencontre pour leurs militants et soutien. Le groupe Facebook Insoumeetic – rebaptisé InsoumisLove – annonce clairement la couleur de l’amour rouge « Rencontres pour célibataires intransigeants »… Les amis de Benoit Hamon vont plus loin. Déjà un groupe Facebook HamonAmour, mais demain le site HamonAmour.fr qui sera accessible à partir du 17 septembre… On ne fait jamais monter le désir trop haut ! Une question qui a valu pour les rois et qui vaut tout autant pour les « révolutionnaires » : et le risque de consanguinité ?

En Marche !, stop ou encore ?

© Thomas Samson / AFP

L’épisode a été commenté dans plusieurs médias. Rien de plus normal puisqu’il s’agissait d’un nouvel épisode de tension entre les journalistes, ici les photographes de presse, et le gouvernement dont ils venaient professionnellement et si traditionnellement prendre cliché(s) immortalisant la naissance. Je place le « s » entre parenthèses car c’est de lui dont je souhaite dire quelques mots. Bien davantage que sur ce rapport de force chiens/chats établi depuis quelques semaines entre le pouvoir et les médias. Je ne veux pas aborder ici les écrits, nombreux eux-aussi, sur la liberté de la presse qui pourrait être entamée, ce qui ne me semble pas être le cas – mais veillons-y !, ni sur la fermeture à double tour d’une communication gouvernementale, vécue ainsi par certains et signe pour eux d’un pouvoir aux ordres d’un homme, le président de la République, dont seuls les rayons de sa personnalité solaire seraient autorisés à réchauffer une presse plongée par lui dans une ère glaciaire. Je crois que la période est caractérisée pour un renforcement souhaité par les Français de la fonction présidentielle et de la capacité du Président à ne pas se laisser dicter son agenda par une presse habituée aux confidences des « grands » lors des deux quinquennats précédent. C’est un nouvel équilibre qui se joue, et s’il y a comme une sorte de nouveau régime, c’est bien celui d’un amaigrissement des sources. Celui d’un climat frustration et d’une méfiance dont les uns et les autres devront de toute façon sortir. À suivre de près pour qu’il ne devienne pas un tarissement.

Non, je m’intéresse simplement à cette double image qui interroge sur le ou les clichés possibles de La République en Marche et de son deuxième gouvernement. qui m’est venue à l’esprit lors de la grève des photoreporters qui tournent le dos aux présidents et ministres du gouvernement II d’Édouard Philippe. La bataille qui a opposé la communication et les journalistes s’est jouée en fait sur un choix : celui de la mobilité ou celui de la rigidité.

Passons vite sur le premier épisode, si dérisoire et stupide que l’on a peine à penser qu’il ait pu être décidé car il était évidemment impossible que les nombreux photographes présents ne puissent pas exercer leur travail pour le voir réservé à quelques élus choisis, l’un d’un quotidien, l’autre d’un agence, avec un autre encore d’un magazine… Interdire à une profession d’immortaliser la ligne de départ d’où les ministres allaient enfin – après des semaines épuisantes de scrutins – entrer dans l’action ne collait guère avec l’esprit de la « Révolution » promise par le candidat devenu président.

Éclairons plutôt le second accrochage après le premier vite dissipé. On a voulu interdire aux photographes de prendre les « instants » d’installation et de dispersion de l’avant et de l’après cliché où les corps côte à côte, rang derrière rang, restent droits respiration contenue pour une postérité éternelle au-delà des époques argentiques et pixelisées.

Comment proposer un tel contresens aux valeurs énoncées de La République en Marche ? Outre qu’elle n’est pas encore un parti et reste un mouvement, sa caractéristique principale est justement son adaptabilité, sa souplesse – certains y voient d’ailleurs un grand écart qui leur apparaît irréelle -, sa détermination à saisir les flux économiques et de la société qui traversent notre époque. Une époque de mouvements accélérés dans tous les domaines. Franchement, proposer une image de La République en Marche debout les deux pieds dans les mêmes sabots, c’est symboliquement rater son époque et l’idée apparaît comme une bien étrange manière de peindre cette nouvelle liberté d’action gouvernementale qui se veut en pleine capacité de réponse aux vents qu’elle va devoir affronter.

Décision d’autant plus surprenante que des photos de mouvements – c’est le moins que l’on puisse dire – ont été prises en rafales lorsqu’Emmanuel Macron, afin de démontrer son plein soutien à la candidature de Paris pour les J.O. de 2024, n’a pas hésiter à enfiler les gants de boxe, à poser la veste pour échanger des balles de tennis avec un champion et donner s’asseoir dans un fauteuil roulant pour continuer le sport où il a quelques dispositions avec un handicapé indiquant ainsi toute la place qui doit être celle des J.O. handisports.

D’un côté, un gouvernement que l’on souhaitait voir figé, des ministres contraints à la raideur protocolaire (ce qui ne sera pas le cas au final, car après la photo officielle prise… les journalistes ont patienté quelques petites minutes pour réaliser des clichés plus personnels et dans le mouvement) et un président que l’on pourrait presque qualifier de bondissant.

En Marche !, stop ou encore ? Les images aussi nous parlent et elles diront leurs mots et leurs couleurs.

Le mouvement de la démocratie

Demain soir, bien que l’on n’en sache pas aujourd’hui encore l’amplitude, il y a une certitude : un mouvement, largement, l’aura emporté après une première victoire à l’élection présidentielle. Un mouvement, oui. Pas un parti, même si La République en marche a annoncé un congrès fondateur pour les prochaines semaines ou très prochains mois. Il est peu souligné que ce fait même est très significatif et pourtant il n’est pas isolé et a une grande signification sur le principe même de la démocratie.

En 2011, avant de s’éteindre, le mouvement espagnol des Indignados mobilisait des centaines de milliers de personnes et était copié en de nombreux autres pays. Aux États-Unis, Occupy Wall Street marquait les esprits. D’une autre manière, mais avec la même capacité de rassembler des personnes de tous bords unis pour protester contre une situation général, on pourrait évoquer les printemps arabes et les manifestations antichinoises de Hong Kong en 2014. En France, Les bonnets rouges en 2013 et les manifestations de Nuit Debout en 2016 ont participé de cette ébullition rejetant les partis, les pouvoirs et les institutions. À leur manière, beaucoup d’entre eux ont clairement exprimé un sentiment de « dégagisme ».

Aucun de ces mouvements, hormis le Mouvement 5 Étoiles (ces jours-ci en effondrement électoral après d’importants succès) en Italie, n’est arrivé au pouvoir. On pourrait voir en Podemos une suite des Indignados, mais ce parti n’en est qu’une expression rétrécie. On peut aussi citer comme succès, plus solide malgré des débats internes qui l’ont divisé, le parti grec Syriza qui est né en 2013 d’un fort rejet anti-partis, ces vieux partis de gauche et de droite qui s’étaient partagés le pouvoir et ont plongé la Grèce dans le chaos.

En France, l’élection présidentielle, si l’on veut bien y regarder a vu le combat démocratique de trois mouvements. Disons que pour le premier, je pense à Sens Commun, il s’agit presque d’une prise d’otage de la direction du parti Les Républicains par le soutien minutieux, organisé et musclé parfois d’un candidat, François Fillon, en perdition personnelle. En revanche la France insoumise est bel et bien un mouvement, une sorte d’agrégat composite où l’on retrouve d’autant plus aisément le « dégagisme » qu’il est le mot – pour ne pas dire le cri ou le hurlement – de son leader autoproclamé Jean-Luc Mélenchon. Il devrait, en toute logique, devenir un parti politique. Ces deux mouvements ont été défaits à l’élection présidentielle et aux élections législatives, et il est indécent d’entendre certains de leurs dirigeants – pas tous – clamer que l’abstention est forte de leurs soutiens… Le déni consistant à tordre une réalité qui révèle que leurs mots d’ordre, contradictoires par ailleurs, n’ont pas mobilisé leur électorat reste stupéfiant ! Ils ont du mal à entendre que, tout simplement, ils ont démobilisé leur électorat.

Certes, la représentation en nombre de députés ne représentera demain soir en rien l’image réelle de la nation, c’est entendu. Tellement entendu d’ailleurs que le mouvement vainqueur, La République en marche, l’avait anticipé dans son programme et l’a réaffirmé par la voix de son premier ministre : « Une nécessaire dose de proportionnelle est nécessaire ».

Même prise, la mesure ne sera qu’une des mesures nécessaire pour bâtir une nouvelle confiance, solide et durable, entre les citoyens et les pouvoirs, partis, élus, institutions et administrations. Justice, école… Et n’évoquons qu’avec prudence la confiance donnée aux « humains » en responsabilité et qui peuvent, l’Histoire regorge d’exemples, s’avérer si faibles.

Il reste donc que notre Démocratie, par la voix de son peuple et des urnes qui lui sont offertes, a choisi un mouvement et non un parti pour diriger la France dans un moment historique tendu s’il en est.

La République en marche au gouvernement va avoir les pleins moyens pour agir « à sa guise ». Ses premiers pas, le projet de loi « Pour la confiance dans notre vie démocratique », la stature internationale nouvelle de la France par des premiers échanges internationaux du président de la République qui a parlé sans détours et fixé quelques règles nouvelles pour les prochaines feuilles de route, notamment en matière de politique européenne, montrent que le mouvement En Marche reste sur sa voie initiale.

Naturellement, en ces circonstances, il faut toujours savoir garder une prudence adéquate et le prochain trimestre nous éclairera davantage. Il est cependant un perdant qui devrait néanmoins être satisfait de cette réussite, Jean-Luc Mélenchon lui-même. Il voulait, s’il était élu président, fonder sa sixième République par une nouvelle Constituante… dont il était difficile de mesurer les contours de sa tenue. Il l’a ! À sa manière, par la voie démocratique, Emmanuel Macron a réussi à constituer une toute nouvelle Assemblée nationale. Vox populi !

L’idée de cet article doit beaucoup à l’excellent ouvrage dont je parlerai à nouveau : « Si la démocratie fait faillite » par Raffaele Simone, linguiste et professeur à l’université Tre de Rome.