Démocratie, lutte des Dieux, bombes glacées et dopage.

Le film est interdit en Egypte, au Maroc et aux Émirats Arabes Unis... parce que Ridley Scott ne serait pas fidèle aux Dieux. À Dieu ne plaise, puisque nous pouvons le voir, qu'il ne nous déplaise.
Le film est interdit en Egypte, au Maroc et aux Émirats Arabes Unis… parce que Ridley Scott ne serait pas fidèle aux Dieux. À Dieu ne plaise, puisqu’en France nous pouvons le voir, qu’il ne nous déplaise.

Lundi 29 décembre 2014Exodus à quai. Les critiques m’apparaissent dubitatives sur les qualités cinématographiques du dernier film de Ridley Scott. Son Exodus : Gods and Kings fait en revanche (à cause simplement de son titre ?) beaucoup écrire, parler et agir. Agir justement, parlons-en car la censure s’abat sur lui. Au Maroc, il a été déprogrammé des salles car une scène serait une représentation de Dieu (chacun sait que c’est interdit dans la religion musulmane). Ce serait celle où « l’enfant donne la révélation au prophète Moïse »… L’étonnant dans cette décision est qu’elle intervient alors que le film avait obtenu précédemment son visa d’exploitation locale dans un Royaume où les interdits de programmation sont rares. En Egypte la mesure avait été prise « à temps », en bonne et due forme émanant du – mal-nommé en la circonstance – ministère de la culture. La raison invoquée est différente et personne ne peut dire si les deux s’ajoutent. Au Caire on reproche une « falsification de l’histoire par sa vision sioniste ». En effet les images montrent des « juifs pacifiques », c’en est trop ! D’autant « qu’ils sont persécutés par des Egyptiens qui leur font construire des pyramides ». Et construire des pyramides si hautes aux pierres si lourdes sous le soleil des Sphinx (dieu solaire et pharaon)… l’ouvrier / esclave – juif ou pas – en réchappe rarement. Cela n’a pu se passer ainsi disent les historiens égyptiens. C’est donc Dieu qui est évoqué, on doit même dire les Dieux puisqu’il apparaît qu’une petite pincée de sable politique vienne aussi s’ajouter aux dires des historiens, théoriciens et théologiens. Dieu ou les Dieux y retrouveront probablement, dans leur sagesse infinie, les leurs, mais les spectateurs, non. Soyons sinon complet, du moins à jour : Exodus reste aussi à quai aux Émirats Arabes Unis. À Abou Dhabi, on a trouvé « beaucoup d’erreurs dans le script et une information erronée à propos de l’islam et d’autres religions ». Alors que fait-on au Vatican ?

Mardi 30 décembre 2014La démocratie athénienne foulée au pied. La Grèce a une constitution. Démocratique et reconnue comme telle. Par exemple celle-ci indique qu’en cas d’échec pour que le Président soit élu par l’Assemblée, trois tours de scrutin sont possibles, mais pas un de plus. Sinon, on s’en remet au peuple souverain en organisant des élections législatives qui élisent une nouvelle assemblée qui aura charge, à son tour, d’élire le président. C’est particulier, mais c’est logique et, répétons-nous, démocratique. Les députés grecs actuels n’ont pu donné une majorité à un candidat président, l’assemblée nationale est donc dissoute et des élections législatives annoncées pour le 25 janvier. Le pouvoir politique va donc retrouver sa légitimité. En toute tranquillité ? Non. Parce que la campagne va être mouvementée dans ce pays, comme dans tous les pays à la parole libre ? Oui, mais pas seulement. En effet deux institutions ont immédiatement réagi. D’abord le « Marché », c’est-à-dire la Bourse. En l’occurrence celle d’Athènes qui, comme toutes les bourses du monde, est réactive, anticipe, se prévient. Autrement dit… souffle sur les braises en se mêlant ce qui ne devrait guère – au moins à ce stade – l’inquiéter. Dès l’annonce de la campagne électorale, elle montre son humeur noire : – 11 %. Mais en fait qu’attendre d’autre d’elle ? Rien. En revanche on apprend dans la foulée que le FMI comme l’Europe « suspendent » leurs versements promis et dus dans le respect d’une signature d’un programme d’austérité (dont on peut par ailleurs juger sur pièce de son inefficacité sur nombre des ses points et de ses nombreux excès). Cette aide financière, décisive, a été voté pour soutenir un programme : il est appliqué. Il doit, en principe, aider les citoyens grecs à surmonter ce moment douloureux d’une crise dont bien peu sont responsables… et parce que le pays applique sa démocratie, le voici sanctionné ! Cette « suspension » est tout simplement un déni de démocratie. Piètre décision, tristes jongleurs du pire, une éclairante volonté de domination pour un probable piètre résultat.

Mercredi 31 décembre 2014Pas de bûches glacées au Venezuela. À Merida, au Venezuela, on ne fait pas la bombe à la fin de l’année. Même pas la bombe glacée. Le glacier Coromonto, célèbre pour ses 860 saveurs différentes et à ce titre inscrit au Guinness Book, a tiré le rideau de sa boutique. «Chers touristes et clients, nous regrettons de ne pas pouvoir vous servir à cause du manque de lait», indique la pancarte accrochée sur sa devanture. Moderne, il ajoute sur son compte Facebook «Nous serons fermés pendant la haute saison, en raison de la pénurie de lait». Le gouvernement n’apprécie guère la douche glacée et crie à la manipulation. Le manque de glace ne gênera guère les touristes car la baisse constatée en 2014 est de 80 %.

Jeudi 1 janvier 2015Bonne année !

Vendredi 2 janvier 2015Le code antidopage dopé ! 4 ans et non plus 2 à passer sur le banc des absents, le nouveau code mondial antidopage a doublé, en durée, les sanctions contre les athlète pris en flagrant délit de dopage .
Mais il y a – une nouvelle fois ! – une échappatoire : il suffira que l’athlète prétende qu’ils n’a pas eu l’intention de se doper… pour faire baisser la sanction à deux ans. Promis, juré ! Un vrai plus toutefois, les médecins, les entraîneurs, les agents et les proches, qui incitent ou aident les sportifs à se doper, seront désormais visés par les enquêtes des agences antidopage, ce qu’elles ne pouvaient faire jusqu’ici. Enfin, pendant six ans après leur condamnation les sportifs ne pourront plus s’entourer de personnels d’encadrement ayant violé les règles antidopage. Il devrait, si la logique est respecté, y avoir des changements dans l’encadrement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *