Mamelles de France, pétaflops, Big millions écopés… et bon chiffre d’affaires, gauche sauvée par son suicide (en Italie)

© Photo Jean-François Mondino
© Photo Jean-François Mondino pour La Milk Factory

 

Lundi 26 mai – Bygmalion… qui a écopé des millions ? Pour une (première) partie, ce sont les Français pour plus de 7 millions d’euros. Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé, directeur adjoint de la dernière présidentielle et député européen en sursis, en pleurs sur le plateau de BFM-TV a affirmé : « Je n’ai informé ni Copé, ni Sarkozy pour ventiler les dépenses de la campagne. » Campagne dont les comptes n’ont pas été validés par le Conseil constitutionnel. Avant d’ajouter, prudent et menaçant : « Je ne suis pas seul dans le wagon ». D’où cette question… qui était aux commandes de la locomotive ? Passagers et conducteur tous sourds ? La ventilation de ces big millions a du pourtant faire un certain vent puisqu’il s’agit selon ce que l’on lit dans la presse de 10, ou de 11 ou même de 26 millions d’euros. Bien davantage peut-être que la souscription nationale lancée par l’UMP pour boucler le budget (merci de ne pas rire !) d’une campagne retoquée par le Conseil constitutionnel. Dès ce moment, l’État, de fait, devait payer. En effet chaque don ouvre le droit à une réduction d’impôt égale à 66 % du montant. Donc, la récolte ayant été bonne avec 11 millions d’euros, le coût pour l’État a été de 7,26 millions d’euros. Et pour le coup et sur ce coût, l’État c’est nous.

Mardi 27 mai – Les Chinois plus forts que les Français en petaflops. Bull, l’ex-star du plan calcul, dernier fabricant d’ordinateurs made in France, s’associe amicalement avec le français Atos, pour créer le leader européen du cloud loin devant Microsoft ou IBM. Bull amène son expertise dans l’extreme computing, à l’image de la dernière génération, Bullx, vendue à Météo France, qui doit atteindre 5 petaflops* à l’horizon 2016, soit 5 millions de milliards d’opérations à la seconde. Le supercalculateur Sequoia d’IBM atteint déjà 16,32 petaflops, ce qui n’est guère que la moitié du Tianhe-2 (voie lactée) chinois, d’une puissance de 33,86 petaflops. C’est cette puissance de calcul notamment mise au service du traitement de données de masse (Big Data) qui intéressait Atos qui va pouvoir enrichir son offre d’informatique dématérialisée dans le «nuage» à destination des entreprises et développer l’ensemble de ses logiciels. * Un petaflop est la mesure d’un processeur d’ordinateur qui traite un million de milliards de points par seconde.

Mercredi 28 mai – Tournant pour les conservateurs et les socialistes européens. Massimo Cacciari est philosophe. Il est aussi ancien maire de Venise qu’il a dirigé au centre gauche après avoir quitté le Parti communiste italien à la mort d’Enrico Berlinguer qui visait le compromis historique avec la Démocratie chrétienne pour sortir l’Italie de ses crises, morales et politiques. Alors que son courant de pensée, avec Matteo Renzi comme premier ministre, est un des gagnants de gauche (rares) des élections européennes, il livre son sentiment dans Libération : « Ces deux familles, socialiste et conservatrice, sont en crise depuis vingt ans – c’est-à-dire de- puis la chute du mur de Berlin. Elles n’ont pas réinventé une culture politique. Elles tiennent de vieux discours. Le grand problème, aujourd’hui, c’est que la crise de ces deux familles politiques provoque celle de l’unité européenne. «Nous sommes désormais à un tournant : soit ces deux familles comprennent les raisons de leur crise, soit c’est l’écroulement. Et l’élément fondamental, pour la droite comme pour la gauche, c’est d’avoir une idée d’Europe et d’en finir cette machine de fonctionnaires. Ils doivent tout repenser, modifier la structure institutionnelle de l’Europe, avoir une vision du monde pour elle qui ne soit pas celle d’il y a cinquante ans avec cette union des microbureaucrates. (…) Si Matteo Renzi réussit là où François Hollande échoue, c’est parce qu’il n’est pas perçu comme un socialiste. S’il avait été considéré comme tel, il n’aurait jamais obtenu plus de 40% des suffrages. Matteo Renzi a pu émerger en Italie parce que la gauche s’est suicidée. François Hollande, lui, paie la crise de la gauche et le sentiment qu’il a été impuissant à faire entendre sa voix en Europe. »

Jeudi 29 mai – Les « Mille vaches » du plateau à l’étable. Dans les deux cas, plateau du Limousin ou Somme, il n’y a pas de train à voir passer. Mais dans le second cas les belles laitières seront enfermée, fini l’air frais pour plus de lait frais. Aussi, près d’Abbeville, les militants de la Confédération paysanne ont pris leurs clés à mollettes et leurs pinces afin de “démonter une pièce du système de traite de lait, qui permet le fonctionnement de la traite automatique des mille vaches prévues pour la plus grosse ferme laitière de France (le gouvernement ne veut pas qu’elle dépasse le nombre de 500 bovins). Pour eux, c’est « Non à l’usine à lait », mais aussi à l’usine à déjections massives… sans parler du méthane évacué par les ruminants qui contribue au réchauffement climatique. Personnellement je ne vois pas la différence entre 2 étables de 500, ou 10 de 50 avec une de 1.000… sauf en ce qui concerne le traitement « concentrationnaire » réservé aux belles aux grands cils. Somme-nous certains que les unités de plus petite importance leur sont plus confortables ? Comment pouvons-nous rester, alors que le premier juin est la journée mondiale du lait, une grande puissance laitière avec nos belles mamelles de France.

Vendredi 30 mai – Le chiffre d’affaires n’est plus ce qu’il était. Dix ans de travail entre le Financial Accounting Board (FASB) et l’International Accounting Standard Board (IASB) pour se mettre d’accord… sur la méthode de calcul du chiffre d’affaires ! Ainsi les entreprises cotées, dont on sait quel est leur poids dans la spéculation et les affaires du monde pouvaient jouer des latitudes offertes par le flou des méthodes de calcul. Nul doute qu’elles ont eu le temps de s’adapter au nouvel accord dont l’accouchement lent doit plus aux conflits politiques qu’à la difficulté comptable.

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