Marché d’enfants, favoritisme, rebond, dilettantisme, et sursaut salutaire

Je signe très rarement les pétitions. Ce jour, je viens de le faire pour la conception que je me fais de la liberté. Celle que je vis et veux transmettre.
Je signe très rarement les pétitions. Ce jour, je viens de le faire pour défendre l’idée que je me fais de la liberté. Celle que je vis dans mon pays et que je veux transmettre. 

 

Lundi 23 juin Enfants “d’occasion” aux Etats-Unis. La nouvelle est à tomber ! Aux USA des enfants se retrouvent « en vente » sur Internet, c’est le « rehoming ». Le marché, cela va sans dire, est dans les mains d’agences privées hors de contrôle public et répond, selon l’une d’entre elles, à un besoin : « Les parents ne sont pas toujours bien préparés à des enfants (déjà adoptés) qui peuvent être difficiles. » Alors, comme pour les voitures d’occasion, on replace ces enfants sur un marché de seconde main ! Le coût, tout compris c’est-à-dire avec frais d’agence (faut bien vivre), enregistrement et avocats avoisine en moyenne les 6.000 euros. Le culot commercial et l’indignité n’ayant pas de limites un responsable du programme Seconde Chance l’assure : « Nous faisons là une contribution humanitaire » !

Mardi 24 juin Anticor mal immunisé. Anticor… est un joli nom et c’est surtout une belle et honorable mission. L’association anti-corruption, fondée en 202 et qui a su se faire une bonne réputation, vient pourtant de pêcher sur son cœur de métier et pour elle-même ! En crise depuis 2013, son président Jean-Pierre Guis vient d’en faire les frais après sa récusation. Pas tant qu’il se soit mal comporté à titre personnel, ce ne semble pas du tout être le cas, mais parce qu’il a été incapable de maîtriser des dossiers qui eux, en revanche, étaient « border line ». Entre autres, celui concernant le ralliement de Josiane Fischer, administratrice de l’association et candidate divers droite à la mairie d’Asnières accusée d’avoir rallier le futur élu Manuel Aeschlimann (UMP) bien connu d’Anticor pour avoir été condamné en 2011 à un an d’inéligibilité et 18 mois de prison avec sursis pour favoritisme. Deux conclusions : une nouvelle fois preuve est faite que l’on peut être réélu après avoir fraudé… et cordonnier n’est pas le mieux chaussé.

Mercredi 25 juin La France peut rebondir. Jean Pisany-Ferry, commissaire à la stratégie et à la prospective le pense à la suite de son rapport « La France dans dix ans » remis au président de la République. Oui, mais à la condition que le pays se réforme, notamment au niveau politique, profondément. L’empilage de réformes nombreuses et jamais complètes, claires et stables, fait que depuis 1988 la France a perdu six points de produit intérieur brut par rapport à la moyenne des grands pays qui disposaient alors d’un revenu par habitant équivalent. Il n’est donc que logique de voir les Français ne plus croire au (et aux) politique(s) jouant des ajustements variables successifs au lieu de s’engager clairement après des débats démocratiques menés sur le font et non par des petites phrases et des jeux d’entrelignes. Sans parler des petits arrangements entre partis. La France est dans le doute, se replie sur elle-même et n’ose aborder la mondialisation. Pour en sortir le rapporteur propose des réformes avant tout de caractère politique. Il s’agit de redonner de la légitimité au pouvoir qui, depuis des années, a perdu la confiance des citoyens. Selon lui la réforme territoriale en cours est un bon chemin – il mise d’ailleurs sur les métropoles et l’accélération de la construction du Grand Paris – mais fait œuvre aussi d’un bon sens dont on ne sait comment il a pu être perdu. Ainsi, il considère qu’il est mieux de construire du logement social que de subventionner les loyers… ce qui pousse à la hausse. Il est vrai qu’il note par ailleurs que l’élite française est trop étroite et trop fermée et ceci peut expliquer cela. Certes l’histoire nous a appris que tout rapport (à supposer qu’il ne soit pas enterré d’emblée) qui vise à 10 ans se verra démenti sur quelques points, mais on sent bien que le sérieux de ce dernier mérite de ne pas être sous-estimé. La confiance et la croissance ne peuvent plus attendre.

Jeudi  26 juin Petits papiers et jeu de chiffres dans le service public. Nous apprenons que 20 candidats, sur 1.400, au concours aux écoles normales supérieurs, déclarés admissibles le 11 juin dernier ont été « déclassés » dix jours plus tard. À l’inverse, 37 déclarés échoués sont finalement reçus ! Nous apprendrons en fin de semaine que, pour la seconde fois dans le même semestre, le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a libéré par erreur un détenu, considéré par la Justice comme dangereux. La cause en serait un « problème de communication » entre services. À l’évidence on se parle peu, pas assez ou pas du tout entre services du Service public.

Vendredi 27 juin « Laïcité, il est temps de se ressaisir ! » J’ai signé la pétition lancée par l’hebdomadaire sur son site marianne.net car depuis longtemps je suis inquiet et n’accepte pas la montée de la fracturation identitaire et religieuse. J’ai toujours pensé et dit qu’elles favorisaient les montées conjointes de l’extrême-droite et des communautarisme, heureux de s’alimenter mutuellement ainsi. Je crois en une République exemplaire comme l’avait proposé le candidat François Hollande et je constate, en ce domaine comme dans tant d’autres, que nous sommes loin du compte. Mais nous n’avancerons pas si on baisse les bras d’où l’intérêt de ce manifeste signé et proposé par de grands noms venant d’horizons très différents. C’est aux politiques d’agir et non de se défausser un coup sur les magistrats, un coup sur des observatoires ou autres comités changeants au rythme des majorités et des humeurs. La laïcité est un mot fort qui en tant que tel, sans autre artifice de pensée, est en capacité réelle de garantir notre vie en société unie, tolérante et non divisée. Je refuse l’idée d’un « prêtre supérieur à l’instituteur » comme l’estimait le président Nicolas Sarkozy dans son discours de Latran en décembre 2007 et, de la même manière, je ne vois pas en quoi, malgré son importance en France, l’Islam serait à juger différemment que le fût l’Église catholique en 1905. Les débats à l’époque furent longs, passionnés, parfois biaisés et injustes, mais ils furent menés sur le fond et un nouveau vivre ensemble fut accepté dans le respect de chacun. Ainsi se présenter à l’autre à visage découvert ne me semble pas devoir être légiféré d’autant que la burqa, comme le spécifie bien le Conseil constitutionnel inflige aux femmes « une situation d’exclusion et d’infériorité manifestement incompatible avec les principes de liberté et d’égalité ». Or je crois qu’il faut rester intangible sur ce point. Je ne veux pas suivre les chemins, parfois tordus, des positions multiculturalistes et ne veut en rien laisser Marine Le Pen s’attribuer la défense de la laïcité. D’autant qu’il faut être aveugle ou hypocrite pour ne pas constater la montée des surenchères intégristes, ce « foulardisme politique qui est un intégrisme » selon Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris. Si je signe cet appel, c’est justement parce que je refuse tout aspect politique des religions en leur respectant comme le dit le texte « toute liberté dans la vie sociale sous régime du droit commun ». Il y a selon moi un grand danger, sous couvert d’accommodements dits raisonnables et soucieux du respect de l’autre, à considérer comme justes des revendications tels que les jours fériés spécifiques à chaque religion, pause pour les prières sur les lieux de travail, impositions de quotas pour certains recrutements ou concours, etc. Ils ont existé dans certains pays, le Canada par exemple… qui est revenu. La loi française ne peut dépendre de tribunaux religieux qu’ils soient rabbiniques, islamiques ou catholiques. Ce temps, notre modernité laïque l’a chassé, le temps est venu de veiller à ce qu’il ne soit pas mise en cause.

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