Nouvelle lecture aux USA; Gattaz le provocateur; Papy Flosse, flop et retour; l’aide à la presse, ça presse; les autoroutes se gavent.

L'Autorité de la concurrence : "La rentabilité exceptionnelle des sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) – Vinci (ASF, Escota, Cofiroute, Arcour), Eiffage (APPR, Area), Abertis (Sanef, SAPN) – est assimilable à une rente". Surprenant, non ?
L’Autorité de la concurrence : “La rentabilité exceptionnelle des sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) – Vinci (ASF, Escota, Cofiroute, Arcour), Eiffage (APPR, Area), Abertis (Sanef, SAPN) – est assimilable à une rente“. Quelle surprise, c’est surprenant, non ?

Lundi 15 septembre – Les jeunes Américains (moins de 30 ans) lisent davantage que leurs aînés (plus de 30 ans) : 88 % contre 79 %. Certes, il s’agit de lire UN livre dans l’année, ce qui est peu. Mais, à l’heure des tablettes, smartphones et autres invasions de l’électronique, le résultat fait plaisir. D’autant que 62 % des jeunes estiment que beaucoup d’informations importantes ne sont pas disponibles sur le Web, contre 53 % de leurs aînés…

Mardi 16 septembre – Sacré Medef ! Toujours bien ancrer dans la lutte des classes et prompt à donner un coup de boule au lieu de la poignée de main. Pierre Gattaz vit le partenariat à l’ancienne : tout pour moi. En proposant, le jour du discours de confiance du premier ministre à l’Assemblée nationale, ni plus ni moins, d’enterrer les 35 heures, de supprimer des jours fériés, et de déroger au Smic…, il piétine la responsabilité dont tous les acteurs politiques et économiques devraient faire preuve. Il ne faudrait pas que le Medef oublie que les 50 milliards donnés aux entreprises, le sont au but d’améliorer leur compétitivité. Il ne s’agit même pas, comme on l’entend parfois, d’attendre immédiatement un million d’emplois comme le proclame le badge réducteur, et quelque peu provocateur, accroché au revers de la veste du patron du Medef. Il s’agit d’aider à l’investissement (humain, machines, recherche & développement)… afin de mieux répondre aux attentes des consommateurs (qualité et prix), vendre davantage à terme avec des marges suffisantes et au final de développer une croissance interne, donc des emplois. Un long processus qui doit s’appuyer sur la confiance. D’ailleurs, il faudra bien qu’un suivi soit réalisé afin de mesurer qui fait quoi, comment, tirer enseignement de ce qui marche et de ce qui échoue. Ce suivi, qui n’est pas une contrainte « policière » d’une idéologie de l’économie planifiée ou encadrée, le Medef doit arrêter de le refuser et le gouvernement ne doit pas céder à l’exercer. Sinon les Français, majoritairement – et de loin – en accord avec la relance de l’économie pourraient se sentir bernés. Il ne s’agit pas que les « armes » de compétitivité que leurs impôts fournissent… se retournent contre eux. La transparence des actions, par des points d’étapes qui ne cèdent pas à la seule logique de la communication d’annonce, est nécessaire. Elle ne pourra pas s’exercer avec des sorties provocatrices d’où qu’elles viennent.

Mercredi 17 septembre – «Papa» Flosse », 83 ans, l’homme politique le plus poursuivi par la Justice française – trente ans de domination sur « son » archipel, vient de tomber. Il doit quitter son dernier mandat, sénateur de Polynésie, après la décision du Conseil constitutionnel le condamnant et lui infligeant une peine d’inéligibilité de trois ans. Affaire d’emplois fictifs… Fin de parcours ? Pas sûr car Gaston Flosse va être embauché comme collaborateur… par son groupe politique à l’Assemblée polynésienne (parti autonomiste affilié à l’UMP) et il n’exclut pas, il aura alors 86 ans et sa peine d’inéligibilité sera close, de se présenter aux élections territoriales de 2018. Dans les archipels politiques, il y a toujours des requins insubmersibles.

Jeudi 18 septembre À Libération, ce sera 93 journalistes en moins. Au Monde, ce sera 35 au lieu des 57 prévus. Pour Elle, c’est la rédactrice en chef, soutenu par toute sa rédaction, qui est remercié. TF1 joue au poker menteur avec LCI, vendra, vendra pas… Sous sa forme actuelle, la chaîne disparaîtra en janvier 2015. Le trio BNP, Bergé-Niel-Pigasse a fait une offre et est prêt à perdre le nom pour nommer la nouvelle chaîne sous la marque Le Monde… mais Le Figaro « étudie sérieusement et discrètement le dossier ». Nice-Matin ne croit plus en Bernard Tapie comme repreneur miracle. Enfin, l’hebdomadaire Marianne n’est pas au mieux et même Le Canard Enchaîné – qui reste largement bénéficiaire et est assis sur des réserves d’or précautionneusement préservées – a vu ses ventes en baisse. Bref, la presse va mal. Toutefois, lors du dîner annuel du quotidien L’Humanité, La ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin a annoncé jeudi qu’elle souhaitait “légiférer à brève échéance” pour permettre aux journaux de renforcer leurs fonds propres et pour réformer le statut de l’AFP. Elle a expliqué vouloir “apporter les retouches nécessaires à la loi Bichet” (sur la distribution des journaux) et se pencher sur “le sujet important du renforcement des fonds propres des titres”. À suivre… D’ici là, n’oubliez pas d’acheter votre journal préféré. Il en a besoin.

Vendredi 19 septembre – « La rentabilité exceptionnelle des sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) – Vinci (ASF, Escota, Cofiroute, Arcour), Eiffage (APPR, Area), Abertis (Sanef, SAPN) – est assimilable à une rente » note l’Autorité de la concurrence, sept ans après les privatisations engagées par Dominique de Villepin. En effet « sur 100 euros de péage, 20 à 24 euros sont du bénéfice net pour les concessionnaires ». Résultat : 14,9 milliards d’euros de dividendes ont été versés entre 2006 et 2013… soit quasiment tout le profit et même davantage certaines années ! Ajoutons que la dette elle-même (23,8 milliards d’euros) a rapporté 3,4 milliards d’euros sous forme d’avantage fiscal grâce aux intérêts d’emprunts déductibles et que le marché des travaux, dont il n’échappe à personne qu’il échoit à des entreprises liées aux sociétés d’autoroutes, s’est monté à 4,5 milliards d’euros. Ces juteuses concessions durent jusqu’en 2027 et 2033… sauf si il y a renationalisation comme le demandent des élus de plus en plus nombreux et présents sur tout l’échiquier politique. Cher, très cher… mais la manne reviendrait alors à l’État.

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