La sarabande joyeuse des morts à Montreuil (nuit… et jour)

Etonnant de voir tous ces squelettes et ces vanités nous faire face et nous inviter à la fête dans tout Montreuil. Attachante cette proximité de vie paradoxale. D’autant que, dans notre 93, d’autres corps réduits eux-aussi à leur plus simple expression osseuse caracolent et s’envolent dans le nouveau spectacle, Caracas Zingaro, de Bartabas en son fort d’Aubervilliers. A Montreuil, depuis le début du mois et jusqu’à sa fin, Las Noches de Los Muertos nous surprennent agréablement. Le principe de cette édition – déjà la troisième (bravo !) – est simple : convoquer de nombreuses disciplines artistiques (illustration, vidéo, peinture, photographie, collage, tatoo live, installations, sculpture, performance, écriture, graffiti…) afin qu’elles célèbrent la mort à travers des visions individuelles. Et avec quelle vie ! Au total, une cinquantaine d’artistes que l’on découvre au détour d’un café ou d’un pot dans un bar ou d’un restaurant, mais aussi dans différents commerces et entreprises. Le nombre « d’accueillants » ne cessant de grandir au fil des éditions. Freddycats, artiste et créateur d’événements qui avait lancé la première est aujourd’hui entouré d’un collectif, le « Eye Scream Club ».

Une idée de quelques réjouissances ? Le samedi 19 novembre à 19h00, au bar à vins « l’Amitié Rit » (120, av. du Président Wilson), ce sera concert ! Puis de même le jeudi 24, même heure mais aux « Mères veilleuses » (67, rue de Mouzaïa dans le 19ème à Paris)… car les morts n’ont que faire de la barrière périphérique. Le lendemain, vendredi 25, retour à Montreuil, toujours même heure, au « Kléber » (12, rue Kléber). Pour récupérer, le samedi 26, vous pourrez participez – en dînant – aux Mortels bavardages au « Cooling » (148, rue Etienne Marcel).

Avez-vous peur d’oublier ces rendez-vous ? Et surtout, voulez-vous en savoir plus encore ? Vous en mourrez d’envie ? www.nochesdelosmuertos.com Tout simplement !

Les murailles de Maupassant

Photo de Patrick Fabre

Les bourgeois ventripotents de Rouen et leurs virées chez les catins après avoir engrossé – pour la nième fois – leurs femmes attachées parce qu’achetées et privées de liberté, les effets pervers des solitudes et des pauvretés du pays de Caux traversent les nouvelles de Guy de Maupassant (1850-1893). Avec M. de Maupassant d’Anton Kouznetsov et présentée par le Nouveau Théâtre de Montreuil (CDN), on découvre que les horreurs de la guerre (celle contre les prussiens) hantent aussi le contemporain et ami de Gustave Flaubert,  d’Emile Zola… et de Tourgueniev qui sera un de ceux, avec Tolstoï, qui assureront son immense renommée en Russie. Avant que ses œuvres soient lues sous le manteau dans une URSS dont le réalisme socialiste s’accommodait mal de sa littérature, pourtant naturaliste et réaliste, car sa chair était trop criante de vérité et de pessimisme. M. de Maupassant, mise en scène de 20 nouvelles de l’écrivain du Pays de Caux par le directeur de l’école supérieure professionnelle de théâtre en Limousin est jouée, dans une remarquable homogénéité, par un groupe de jeunes comédiens français.

La pièce s’ouvre sur la fameuse aversion de Guy de Maupassant pour la Tour Eiffel centre et mirador, thème d’une nouvelle qui annonce le siècle des produits manufacturés et de leur marketing. « Je ne protesterais nullement d’ailleurs contre l’avènement et le règne des savants scientifiques, si la nature de leur oeuvre et de leurs découvertes ne me contraignait de constater que ce sont, avant tout, des savants de commerce. Ce n’est pas leur faute, peut-être. Mais on dirait que le cours de l’esprit humain s’endigue entre deux murailles qu’on ne franchira plus : l’industrie et la vente. »

M. de Maupassant. Mise en scène d’Anton Kouznetsov jusqu’au 10 novembre.

Horaires : lundi et mercredi à 20h30, mardi et jeudi à 19h30. Salle Maria Casarès.

www.nouveau-theatre-montreuil.com

L’ouverture musicale et d’esprit du conservatoire de Montreuil

Entrée gratuite… mais succès oblige réservation conseillée au 01 48 57 17 59

Neuf spectacles au conservatoire de Montreuil* pour le festival Les rencontres inouïes. Une manifestation entièrement dédiée à la création pour laquelle deux grands week-ends successifs (du 18 au 28 novembre) ouvriront des journées exceptionnelles. Plein soleil donc pour cette création… au départ de tout et sans laquelle il n’y aurait rien. Une création où l’on découvrira, grâce au coquillage devenu instrument, aux chants ancestraux vietnamiens dialoguant avec la musique contemporaine, à ces sons aussi bien nés que créateurs d’images vidéo, à ces invitations à la jonglerie et à la danse, que l’invention est sans limites ni contraintes. Autour des horaires classiques des midi-concerts (12.30 le vendredi), ou des traditionnels concerts du dimanche matin (11.00), la danse et le jazz feront leur java et le hip-hop ses battles les samedis (20.30). Enfin les lundis seront de la partie (19.00). La programmation est particulièrement innovante et variée, ce qui ne fait que traduire la volonté de l’équipe du conservatoire qui fait de l’esprit d’ouverture son axe d’enseignement et de propositions de découverte.

Ainsi, ce matin, la présence du Quatuor Bela avec la présentation deux œuvres du compositeur hongrois György Ligeti, musique s’il en est de notre temps. Autre signe d’ouverture musical et d’ouverture sur la société, la participation du conservatoire de Montreuil aux fêtes de la semaine de la solidarité internationale le samedi 12 novembre, auditorium Maurice Clavel (17.00) et salle des fêtes (20.30) pour un grand bal Salsa.

* Conservatoire à rayonnement départemental (CRD). 13, avenue de la Résistance. 93100 Montreuil. www.conservatoire@montreuil.fr