Je vais aller à une conférence du Front de gauche

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Que mes lecteurs habituels ne s’inquiètent pas.

En effet, il s’agit du Front de gauche de l’art dont la revue LEF, créée par Vladimir Maïakovski en mars 1923 a été un moment révélateur des utopies (réelles) et des impasses (totales et sanglantes) de la révolution soviétique. Ce fut aussi une évolution des rapports entre l’art et le pouvoir… dont il faut noter (voir ci-dessous un extrait de « Le chantier russe », Littérature, société et politique. Tome 1 Edition de l’Harmattan par Claude Frioux) que les plus engagés auprès du pouvoir allaient, pour le plus grand nombre dont Maïakovski en premier, être les victimes. On voit combien les échauffements de l’esprit peuvent monter au front et faire perdre la raison aux plus censés et aux plus sincères.

« (…) Ils poussent à l’extrême le radicalisme utilitaire. L’art pour eux doit renoncer à toute recherche désintéressée, contemplative, décorative ou gratuitement inventive tels que les tableaux de chevalet, roman, longs poèmes, architecture d’apparat, etc.

En ce sens ils n’hésitent pas à réclamer bel et bien la mort de l’art tout entier, la disparition de la condition d’artiste.

C’était l’opinion défendue particulièrement par Tretiakov avec une âpreté d’inquisiteur digne de Pisarev. L’artiste doit devenir un technicien « producteur » comme les autres. Il prêche « la désindividualisation et la déprofessionnalisation de l’art. »

LA REVUE LEF – VLADIMIR MAÏAKOVSKI

Conférence proposée par Gérard Conio, professeur émérite de l’histoire de l’art à Université Nancy 2.

Centre Pompidou – Petite salle

Dimanche 24 novembre de 11h30 à 13h00.

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