Les questions explicites qu’il faut poser à Marine Le Pen

Ce qui compte, lorsque l’on s’adresse à un parti politique désormais enraciné sur tout le territoire français à un haut niveau de représentativité électorale, c’est de savoir – non pas ce que Marine Le Pen pense des dérapages de son père et des conséquences effectives sur l’image du Front national, mais ce qu’elle pense elle-même comme première dirigeante de cette lignée odieuse de propos maintes fois répétés qui insultent la République, l’Histoire et notre Constitution. Et pour cela il faut lui poser les questions de manière explicite, c’est-à-dire de façon claire, nette, simple et précise.
Ce qui compte, lorsque l’on s’adresse à un parti politique désormais enraciné sur tout le territoire français à un haut niveau de représentativité électorale, c’est de savoir – non pas ce que Marine Le Pen pense des dérapages de son père et des conséquences effectives sur l’image du Front national, mais ce qu’elle pense elle-même comme première dirigeante de cette lignée odieuse de propos maintes fois répétés qui insultent la République, l’Histoire et notre Constitution.
Et pour cela il faut lui poser les questions de manière explicite, c’est-à-dire de façon claire, nette, simple et précise.

Sur TF1, le 9 avril au journal de 20h00, Marine Le Pen était invitée à donner le point de vue de son parti, le Front national, sur les déclarations – une nouvelle fois racistes, antisémites, pétainistes, niant à nouveau les chambres à gaz des camps d’extermination nazis en les ramenant à un détail de l’histoire – de son père Jean-Marie dans Rivarol « l’hebdomadaire de l’opposition nationale et européenne » qui, depuis 1951, se vante d’être le brûlot des idées d’extrême-droite.

Non seulement, nous n’y avons appris rien de neuf sur l’essentiel qui, en creux, a même mis en exergue par une grande habilité. La fille ne s’est en rien exprimée clairement sur le fond des déclaration de son père géniteur et fondateur du parti dont elle a hérité en ligne directe. Et, force est de constater qu’elle ne dynamite en rien la dynastie qu’elle prolonge corps et âme.

Avec une rouerie particulière à la famille, elle a en effet esquivé l’essentiel pour privilégier médiatiquement le coup politique qu’elle affirme vouloir porter à son père. À son père… peut-être bien que cela reste à confirmer. Et quelle importance d’ailleurs ? À son parti et à ses fondements, nullement !

Ses tournures de phrases provoquent davantage qu’un doute ou un malaise : elles confirment une filiation politique totale et provoquent la nausée. En effet, il faut écouter précisément. Sa condamnation ne porte que sur les répétitions récentes des propos de son père. Certes, elle fustige les provocations, « la récidive ». Difficile de le nier, et encore plus difficile de jouer la fille effarouchée alors qu’un montage d’images d’archives la montre, année après année, accepter avec fierté le « tout » dans l’héritage politique du père. Mais sans sourciller elle ne manque pas de préciser que les adhérents ont « une très grande affection, une très grande admiration pour ce qu’il a pu faire pour le Front National qu’il a fondé »… avant de conclure qu’ils ne comprennent pas que le Président d’honneur « s’acharne à affaiblir le Front national ». Quand, poussée à évoquer ses désaccords avec Jean-Marie Le Pen, elle les précise avec un propos sidérant et manipulatoire « Encore une fois, j’ai le sentiment qu’il n’agit plus comme un dirigeant responsable d’un mouvement qui est l’espoir de millions de Français. »

Ainsi, c’est une défausse permanente et habile des fondements essentiels du Front National en pointant un bavard vieillissant et à côté de la plaque politicienne du moment.

D’où cette question : quand les journalistes (il ne s’agit pas ici de blâmer Gilles Bouleau, plutôt bon présentateur et interviewer, mais d’inviter les rédactions à davantage mesurer le poids de mots) auront-ils la rigueur de questions explicites face aux joueurs de mots élastiques et phrases aussi ambigües ?

Est-ce si difficile de dire : « Mme Le Pen, considérez-vous comme votre père, que toutes les « races » ne sont pas égales ? Considérez-vous qu’il y a objectivement des différences entre les hommes de couleur de peau différentes ?». Ou encore : « Considérez-vous que les chambres à gaz des camps d’extermination, solution industrielle des nazis pour tuer des millions de juifs – la solution finale –, mais aussi d’homosexuels, d’handicapés et d’opposants politiques, n’ont pas existé ? Les chambres à gaz sont-elles pour vous « un détail de l’Histoire. » Et, pour s’arrêter à une liste qui pourrait (qui le doit) se poursuivre, « Considérez-vous que le maréchal Pétain est injustement accusé dans son rôle historique fondant la collaboration avec les armées hitlériennes occupantes ? ».

Ce qui compte, lorsque l’on s’adresse à un parti politique désormais enraciné sur tout le territoire français à un haut niveau de représentativité électorale, c’est de savoir – non pas ce que Marine Le Pen pense des dérapages de son père et des conséquences effectives sur l’image du Front national, mais ce qu’elle pense elle-même comme première dirigeante de cette lignée odieuse de propos maintes fois répétés qui insultent la République, l’Histoire et notre Constitution.

Et pour cela il faut lui poser les questions de manière explicite, c’est-à-dire de façon claire, nette, simple et précise.

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