Quand Nicolas se voyait déjà revenu… dans le futur.

Sarkozy Huffington PostIl est des petits pas, surtout lorsqu’il s’agit de faux pas qui ne font pas bondir ni grandir une réputation. L’ancien président et nouveau chef de parti les a cumulés avec son énergie saccadée habituelle dans un laps de temps concentré et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne lui ont pas donné plus de force et davantage d’élan.

11 janvier – Tout d’abord ce tango indécent lors de la marche où le monde entier saluait les victimes des terroristes de l’islamisme radical et défendait la liberté d’expression. Le protocole républicain est établi, l’ancien président est au troisième rang. Les familles et l’équipe de Charlie Hebdo en tête, le président de la République, les membres du gouvernement et ses homologues étrangers qui ont souhaité manifester leur soutien et celui de leurs peuples juste derrière. Nicolas 1er trépigne sur ses talons et réussit, un instant, à jouer des coudes et à se placer au premier rang. Juste pour la photo… On imagine aisément le frisson nostalgique qu’il a du alors ressentir au souvenir de l’époque où… Il sera rapidement et poliment remis à sa place par le service d’ordre, place qui n’est pas mineure puisqu’elle est celle d’un ex-président qui, malheureusement, ne comprend pas que c’est déjà beaucoup et, qu’on ait voté ou pas pour lui à ce titre, a été et sera toujours un des Présidents de la République. Avoir été et être, ce n’est pas d’évidence pas aussi simple à accepter pour lui. La presse ne manquera, ainsi que les réseaux sociaux, d’être pour le moins surprise et choquée de cette nouvelle agitation à se montrer.

19 janvier – Au lieu de participer au 70ème anniversaire de l’AFP (Agence France Presse), alors que NKM, Bruno Lemaire et d’autres dignitaires de l’UMP invités seront présents pour saluer le rôle de la presse libre, Nicolas Sarkozy préfère aller aux vœux du syndicat de police Alliance dont il apprécie probablement davantage la proximité de pensée. Il ne sait pas encore (peut-être ?), comme la majorité des Français, ce qui sera révélé par le Canard Enchaîné deux jours plus tard : le syndicat Alliance, par des tracts, avait demandé au ministère de l’Intérieur de mettre fin à la protection policière de Charlie Hebdo parce que trop coûteuse en hommes… Il est des moments où même les amis ne vous aident pas.

Le même soir, un sujet de l’Oeil du 20 heures de francetvinfo (France 2), évoque les effectifs des forces de l’ordre et, chiffres à l’appui, montre qu’ils ont baissé sous la présidence de Nicolas Sarkozy. L’information sera corroborée par les médias.

21 janvier – De la police, au 20 heures de France 2 présenté par David Pujadas où l’ex-président est invité, il en sera question. Tout d’abord, pour répondre à la mobilisation générale contre le terrorisme proposée par le Premier ministre, et dans son esprit pour les dépasser, l’ancien ministre de l’Intérieur propose d’augmenter immédiatement les heures supplémentaires pour les policiers. Mauvaise pioche ! Les syndicats de policiers, unanimes, rejettent d’emblée la proposition qu’ils jugent hors contexte et irréalisable. Enfin, tout naturellement, il est lui rappelé que c’est lui-même qui avait réduit le nombre de policiers sous son mandat. La réaction de l’ex-président est immédiate : « C’est faux, c’est faux, c’est totalement faux ! ». Réaction rapide… mais limitée à cette unique double répétition après laquelle s’ensuit un spectacle étonnant et inédit. En ayant peut-être conscience de cette grave limite, le président de l’UMP perd brusquement toute son énergie, a du mal à retrouver son braquet habituel, se trouve en manque de mots et est bien en peine de terminer l’interview correctement. Il sera sauvé de l’enlisement par une aide étonnamment appuyée du journaliste et une fin, avec remerciements, accélérée.

Si, comme on peut l’espérer bien que rien ne soit acquis, les Français se sont retrouvés sur leurs valeurs dans le drame et l’horreur de ce début janvier, Nicolas Sarkozy est apparu depuis en permanent contretemps, dans une sorte d’ailleurs et d’autre époque. Ce n’est pas si étonnant pour qui pense construire son futur dans un passé qu’il croit par ailleurs être encore son présent.

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