Robert Badinter à la Santé ; Charles de Gaulle annonce l’épreuve ; les espoirs morts d’Yitzhak Rabin ; la liberté d’entreprise dans la Constitution pour Jean Peyrelevade ; Elvis, Sinatra et les Beatles par Jagger.

"Quant aux Beatles, ils restent totalement à part. Personne ne peut réaliser aujourd’hui l’ampleur du phénomène. Malgré ce que l’on peut dire, on n’a jamais connu ça depuis. Une telle révolution des mœurs, esthétique et sociologique, il ne peut y en avoir deux." Mick Jagger.
Quant aux Beatles, ils restent totalement à part. Personne ne peut réaliser aujourd’hui l’ampleur du phénomène. Malgré ce que l’on peut dire, on n’a jamais connu ça depuis. Une telle révolution des mœurs, esthétique et sociologique, il ne peut y en avoir deux.” Mick Jagger.

Sunday Press / 23

(…) L’avocat est entré pour la première fois à la Santé en 1951. « Il y a des éléphants dans ma famille politique, sourit l’ancien sénateur, moi, je suis un mammouth. » Il a découvert pendant cette visite mille choses qu’il ne soupçonnait pas. « Un avocat ne connaît pas plus les prisons que le spectateur les théâtres. Il n’en voit que ce qu’on lui offre, le devant de la scène, l’entrée, le greffe, les parloirs. L’essentiel, les cellules, les ateliers, les réfectoires, l’avocat les ignore. » Notamment les cours de promenades, découpées en camembert : un surveillant, depuis le centre, pouvait surveiller plusieurs détenus qui arpentaient chacun leur tranche d’un mètre à une extrémité, de dix à l’autre, sous un plafond bas et cimenté. « On découpe la vie en prison, analyse sentencieusement Robert Badinter, en tranche horaire, en tranche d’espace. »

Franck Johannès, M le magazine du Monde, 20 septembre 2014, N° 157

(…) « Quand on mesure les espoirs que nous apportent la nombreuse jeunesse venue au monde depuis la guerre, le pétrole, le gaz et l’uranium découverts, notre outillage en progrès, nos élites nouvelles surgissant du fond du peuple, notre association avec la Communauté, l’élargissement imminent du marché européen, on est saisi à la fois par l’impatience et la résolution. Avec mon gouvernement, j’ai donc pris la décision de mettre nos affaires en ordre réellement et profondément. Le budget en est l’occasion, peut-être ultime, très bonne en tout cas. Nous avons adopté et, demain, nous appliquerons tout un ensemble de mesures financières, économiques, sociales, qui établit la nation sur une base de vérité et de sévérité, la seule qui puisse lui permettre de bâtir sa prospérité. Je ne cache pas que notre pays va se trouver quelques temps à l’épreuve. »

Charles de Gaulle, discours du 28 décembre 1958, le un, 17 septembre 2014, N° 24

(…) Depuis le début, il ne s’agit que de cela. Tous les diplomates étrangers, et surtout tous les ministres américains qui ont une mission en Israël, le savent : on a beau multiplier les conférences les plus astucieuses et même les plus sécuritaires, les Israéliens ne veulent pas quitter ces territoires. Chaque fois qu’une conférence de paix ou même un simple cessez-le-feu commence, les Israéliens s’empressent de multiplier les constructions dans la portion de territoire que l’on croyait sur le point d’être cédée. On peut prendre tous les épisodes de cette  longue histoire, seule la question des territoires annexés est un véritable obstacle à la paix. Parce que pour certains, la raison d’être d’Israël n’appartient pas aux hommes, mais à Dieu. Certains milieux de la droite radicale vont jusqu’à célébrer la gloire de l’assassin qui a tué Yitzhak Rabin, le pacificateur d’Oslo, l’un des plus grands hommes politiques de tous les temps.

Jean Daniel, Le Nouvel Observateur, 18 au 24 septembre 2014, N° 2602

(…) La politique l’emporte, doit l’emporter, sur l’économique et l’État sur toute composante de la société civile. La souveraineté du peuple s’exprime sous la forme d’une volonté générale dominante et non pas, à la différence de la tradition anglo-saxonne, sous celle d’une recherche de l’intérêt général comme conciliation des intérêts particuliers. Le diagnostic ainsi posé, la gravité du mal conduit à proposer une thérapeutique radicale. L’économie étant niée, il faut demander qu’elle soit reconnue, dans ses finalités (le mieux-être de la collectivité) comme dans son mode d’organisation (l’économie de marché). Et modifier en ce sens le texte constitutionnel. Les sociaux-démocrates et les libéraux d’aujourd’hui auraient un intérêt commun à voir inscrites dans la Constitution l’économie de marché, la liberté d’entreprise et la liberté contractuelle. « Égalité » est un joli mot. Mais « Liberté » ne l’est pas moins, surtout si l’on se soucie de prospérité. Seul un débat de fond permettrait de préciser, mieux qu’aujourd’hui, la nature des contre-pouvoirs auxquels ils seraient soumis et les procédures d’articulation, y compris constitutionnelles, entre intérêts particuliers et intérêt général, entre la loi et les contrats.

Jean Peyrelevade, Challenges, 18 au 24 septembre 2014, N° 401

(…) « Sûr ! Elvis était la première idole, la première star qui a vraiment ouvert la voie à des types comme moi. Certains spécialistes de la musique populaire diront que Sinatra le précédait. C’est vrai, dès les années 1940, c’était de la folie. Ses admiratrices, les bobby-soxers, pleuraient à chaudes larmes, hurlaient, s’évanouissaient à ses concerts. Mais Presley, c’était encore autre chose : une voix, des mouvements, une façon si personnelle de se réapproprier la musique noire. Avec les Stones, au début, on cherchait juste à imiter maladroitement les bluesmen ou les rockers comme Chuck Berry. Mais Elvis, lui, les réinventait. Et sa manière de bouger ! Comme il a dû travailler, du moins, je l’imagine. Peut-être cela lui venait-il spontanément, mais j’en doute. Quant aux Beatles, ils restent totalement à part. Personne ne peut réaliser aujourd’hui l’ampleur du phénomène. Malgré ce que l’on peut dire, on n’a jamais connu ça depuis. Une telle révolution des mœurs, esthétique et sociologique, il ne peut y en avoir deux. »

Mick Jagger, Télérama, 20 au 26 septembre 2014, N° 3375

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